La faute omise de l’UDPS Kasonga, le ministre de l’Agriculture qui avait communiqué ses observations à Mabunda sans attendre les avis du gouvernement

Les ministres UDPS sont-ils intouchables? Certains observateurs sont tentés de répondre par l’affirmative, étant donné que pour le même manquement deux sorts diamétralement distincts ont été réservés au VPM de la Justice TundayaKasende et au ministre de l’Agriculture Joseph-Antoine Kasonga Mukuta. Le premier a fait l’objet d’une interpellation samedi 27 juin pour avoir transmis, en sa qualité de ministre de la Justice, le 18 juin 2020, les avis du gouvernement relatifs aux propositions des lois consacrant une réforme judiciaire. Bien avant cette transmission, Tunda ya Kasende en avait envoyé près d’une quinzaine à la chambre basse du Parlement sans passer par le Conseil des ministres et sans susciter la moindre suspicion.

Quatre mois plus tôt, le second, Kasonga Mukuta, a commis la même faute sans être inquiété. Le 21 février 2020, le ministre de l’Agriculture a transmis au Premier ministre ses observations en lien avec une proposition de loi. Bémol: les mêmes observations ont été expédiées par copie à la présidente de l’Assemblée nationale sans être soumises à l’appréciation du Conseil des ministres. Pas de blâme, ni interpellation pour ce ministre UDPS. Aucune sensibilité n’a été froissée pour une faute similaire. Faut-il comprendre que les ministres UDPS sont-ils des saints dont il faut absoudre le péché? La question taraude les esprits dont les plus lucides estiment qu’un régime de deux poids, deux mesures s’est installé avec cette tendance à omettre les fautes des ministres issus du parti présidentiel.

Des observateurs se sont soudainement rappelés de l’usurpation du pouvoir du Président de la République par la ministre d’Etat aux Affaires étrangères Marie Tumba, lorsqu’elle s’est permise de rappeler trois ambassadeurs de la RD-Congo sans avoir consulté au préalable le Conseil des ministres. A l’opposé, ajoutent-ils, la ministre Yollande Ebongo de la Fonction publique, membre du FCC, a été contrainte, par le cabinet du Président de la République, de rapporter son arrêté portant affectation des secrétaires généraux de l’administration publique alors que les lois de la République lui reconnaissent ce pouvoir. «Sommes-nous dans un Etat de droit ou dans un pays avec une justice à double vitesse?», se sont interrogés les mêmes observateurs, remontés à la suite de l’arrestation, pour quelques instants du VPM de la Justice.

Laurent OMBA