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Confusion à la Cour constitutionnelle: Benoît Lwamba n’a pas démissionné, il l'a dit au juge préséant

La situation est confuse à la Cour constitutionnelle. Donné pour démissionnaire avec à l’appui le PV datant du 10 juillet 2020, signé par sept de ses collègues qui ont affirmé avoir reçu chacun, en original, la lettre de démission datée du 20 juin du président de la Cour constitutionnelle Benoit Lwamba Bindu et disant en avoir pris acte, l’intéressé a démenti cette nouvelle quelques heures plus tard. La confusion s’est installée quand Lwamba Bindu, en séjour médical à l’étranger, a chargé son directeur de cabinet, Valentin Ngoie, d’informer l’opinion que contrairement aux rumeurs diffusées dans les réseaux sociaux faisant état de sa prétendue démission de ses fonctions de président de la Cour constitutionnelle, il n’en est rien.

Dimanche, via les mêmes réseaux, l’embrouillement est reparti de plus belle avec la publication des articles faisant état de falsification et imitation de la signature de Lwamba Bindu dont le mandat, en cours, a prend fin bientôt alors que la procédure tendant à son éventuel remplacement ne peut être enclenchée qu’après ses soins et son retour au pays. Le même dimanche, une note d’information publiée par Maître Théodore Ngoy Ilunga, en sa qualité d’avocat du président de la Cour constitutionnelle, en a rajouté à l’imbroglio. Ngoy a appelé le Président de la République, Félix Tshisekedi, «à assurer le respect de l’Etat de droit», dénonçant au passage «la présence des agents de l’Agence nationale de renseignements -ANR-, venus à bord de deux jeeps au siège et dans les locaux, inviolables, de la Cour constitutionnelle». Selon la note, ces agents «ont invité le président intérimaire de la Cour constitutionnelle et le Directeur de cabinet du Président de la Cour constitutionnelle, président du Conseil supérieur de la magistrature, Monsieur Benoit Lwamba, à se présenter aux bureaux de ce dernier, sans raisons claires et valables». Cette présence fait débat. Autant que l’origine et l’auteur de la lettre de démission attribuée à Lwamba. Des sources généralement bien informées ont rapporté dimanche à AfricaNews que c’est pendant le divers que la question de la démission du président de la Cour constitutionnelle a été soumise aux discussions entre ses sept collègues présents à la réunion. Les mêmes sources ont indiqué qu’à part le démenti apporté la veille par son directeur de cabinet, Lwamba Bindu a personnellement joint un juge préséant au téléphone pour tordre le cou aux rumeurs sur sa démission. «Le directeur de cabinet ne peut pas prendre le risque de publier un tel communiqué sans avoir lui aussi eu à parler avec le président de la Cour constitutionnelle», analysent les mêmes sources avant de se demander si Lwamba n’a pas roulé certaines officines politiques dans la farine pour se tirer d’affaires. Quelles officines? Quelles affaires? Pourquoi avoir attendu son voyage à l’étranger? Autant de questions suscitées restées sans réponses jusque-là alors que le rocambolesque feuilleton contribue à ternir l’image de la Haute cour.

Tino MABADA

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