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La contrainte financière pour les élections: franche alerte de l’argentier Kangudia

Considérant le coût des scrutins prévus et le déficit de 512 milliards CDF hérité du gouvernement Matata, et au regard des ressources tant disponibles que mobilisables, le ministre d’Etat en charge du Budget a été clair: «Il est difficile que nous puissions mobiliser 1,8 milliard de dollars américains pour organiser les élections en 2017. Je suis réaliste. C’est impossible au regard des prévisions et des recettes disponibles, quelle que soit la personne qui viendra. Mais je n’ai pas dit qu’il n’y aura pas d’élections en cette année».
Mercredi 15 février 2017, à la faveur de son tout premier grand oral, face à la presse, l’un des argentiers du gouvernement, le ministre d’Etat en charge du Budget Pierre Kangudia Mbayi, a forcé l’admiration par sa franchise. Tout en déclarant que tout est possible, il n’a pas omis d’affirmer qu’il est difficile de mobiliser 1,8 milliard USD pour organiser les élections cette année.

«Il est difficile que nous puissions mobiliser 1,8 milliard de dollars américains pour organiser les élections en 2017. Je suis réaliste. C’est impossible au regard des prévisions et des recettes disponibles, quelle que soit la personne qui viendra. Mais je n’ai pas dit qu’il n’y aura pas d’élections en cette année», a martelé le ministre d’Etat en charge du Budget.
Considérant le coût de tout le processus électoral et le déficit de 512 milliards CDF -environ 500 millions USD- hérité du gouvernement Matata, et au regard des ressources tant disponibles que mobilisables, Pierre Kangudia n’a pas mâché ses mots en étant clair et précis: «il n’y a pas assez d’argent».
Et puis quoi encore? La contrainte financière se conjugue à des élections et l’alternance réclamées par tous. L’argentier, celui qui sait dire exactement la quantité du pack décaissable du gouvernement, a tout dit. Face aux évidences, on se plie. On cherche des solutions idoines. En urgence, la mobilisation des fonds extérieurs.
Un débat de fond qui appelle à une profonde réflexion des partenaires et acteurs politiques
Technocrate, Kangudia a préféré parler chiffres de manière froide, lancer un débat de fond susceptible de faire sérieusement réfléchir et ramener sur terre des partenaires et des politiciens démagogues ou vendeurs d’illusions, lesquels ont déjà oublié que les élections de 2006 et 2011 n’ont pas été organisées exclusivement avec les fonds propres de la République.
«Il en sera de même avec les élections attendues qui seront financées par nos partenaires», croit savoir dans un commentaire sur Facebook l’ancien ministre du Budget et député national PALU Michel Lokola avant d’indiquer: «Ces derniers n’attendent que la fixation claire des échéances pour mettre la main dans la poche. Cela prouve que la situation de crise politique de la RDC liée à l’organisation des élections intéresse autant la Communauté internationale».
Kangudia a sonné l’alerte. Entretemps, le travail doit continuer, les membres du gouvernement Badibanga ne croisent pas les bras. Alors que les caisses publiques sont creuses et que les régies financières peinent à mobiliser et réaliser les recettes leur assignées, Kangudia, convaincu que la démotivation des agents en est aussi la cause de la modicité des recettes publiques, a cru nécessaire de restaurer la prime de rétrocession et la prime des aviseurs. L’objectif ici, c’est de minimiser les effets du coulage, renforcer les agents, leur donner plus de force pour les mobiliser ensuite et les engager dans des changements importants.
«Ce sont des mesures que j’ai proposées et qui ont déjà reçu l’adhésion de l’ECOFIN du gouvernement. Elles seront de stricte application en vue de remettre au travail les agents et cadres des services mobilisateurs des recettes», a assuré Kangudia, promettant en même temps un châtiment exemplaire à l’endroit des fonctionnaires corrompus.
Agriculture, pêche et élevage… priorités du budget 2017
Kangudia a fait part de son optimisme, avouant avoir projeté la croissance entre 4 et 4,5% à la fin de l’année. «A notre avènement, depuis l’investiture du gouvernement Badibanga le 23 décembre 2016, nous avons trouvé une casserole trouée. Le déficit rencontré était de 512 milliards de francs congolais. Au fil du temps, nous avons réussi à réduire ce déficit à 503,9 milliards de francs congolais, en pratiquement une semaine. Aujourd’hui, le solde enregistré en janvier 2017 est de 5,9 milliards de francs congolais. C’est ce qui explique à ce jour la stabilité constatée sur le marché de change», a fait remarquer le ministre d’Etat.
Ces résultats sont les fruits de l’encadrement des recettes et la rationalisation de la dépense selon la nouvelle politique gouvernementale mise en œuvre. Pour les consolider et se fondant sur l’embellie constatée sur le marché international du cuivre et du cobalt, Kangudia a laissé entendre que le gouvernement Badibanga mise sur l’agriculture, la pêche et l’élevage ainsi que la production industrielle de ciment gris au Kongo Central afin d’améliorer le Produit intérieur brut -PIB- de la République Démocratique du Congo.
500 millions USD déjà disponibles seront investis dans la culture de maïs à travers le pays, a annoncé le ministre d’Etat en charge du Budget, appelant les investisseurs qui ont des projets bancables dans le domaine champêtre à se manifester pour consommer ce crédit.
Des centaines de millions de dollars seront également consacrés au renforcement des capacités des pêcheurs, des éleveurs et des sociétés opérationnelles dans ce secteur hautement porteur de croissance, a-t-il encore assuré, prenant l’engagement de se mettre au travail dès la fin de cette semaine pour concocter le projet de la Loi de finances 2017.
AKM

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