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2023: course contre la montre lancée, le G13 alerte

Entre le 15 septembre 2020, date de la rentrée parlementaire, et le 31 décembre 2023, la RD-Congo ne compte plus que 1201 jours pour la tenue des prochaines élections. Pour éviter tout glissement, il importe de travailler dès maintenant, en capitalisant la session de septembre. En ces termes se résume la conférence de presse tenue lundi 28 septembre 2020 à la Maison de France par le groupe de 13 personnalités signataires de l’appel du 11 juillet en faveur d’un consensus sur les réformes électorales. «Chaque jour qui passe sans réforme consensuelle, c’est du temps perdu. Il convient par une action institutionnelle anticipative et cohérente de prévenir une crise plus sévère liée au processus électoral.

Il s’avère nécessaire de mettre à profit la session parlementaire de septembre 2020 pour engager les réformes électorales», a déclaré Delly Sessanga, prévenant que le pays s’expose à un grand danger si les élections venaient à être repoussées ou organisées dans les mêmes conditions que les trois premiers cycles électoraux. Pour l’élu de Luila, l’organisation des élections est sujette à des contraintes majeures qui sont de trois ordres: temporel, financier et règles du jeu.

L’ordre temporel, à son avis, relève du délai constitutionnel imparti qui s’impose à tous. «A l’intérieure du délai constitutionnel, il faut répondre à des problèmes: mobilisation des moyens, mettre tout le monde d’accord sur le contenu des lois qui mènent aux élections et sur la Centrale électorale dont le mandat est échu et dont le rapport n’a pas été examiné à ce jour. Il faut, en plus, à l’intérieur de ce délai, enrôler les électeurs», a souligné Sessanga, signifiant que ce délai pourra être géré grâce à la feuille de route élaborée par le G13, qui projette la tenue de la présidentielle au 24 décembre 2023. La seconde contrainte relève du financement du processus électoral.

Ici, le G13 a proposé la création d’un «compte d’affectation spéciale qui permet de recueillir, à l’issue de chaque exercice budgétaire, les moyens nécessaires pour faire fonctionner la CENI et l’amener à ne pas être à court d’argent au moment de l’organisation des opérations électorales». Une autre contrainte de taille relève des règles du jeu électoral. «Vouloir les élections dans le délai, c’est s’être mis d’accord sur les règles du jeu. Les règles du jeu, il y en a à trois niveaux. D’abord, la CENI. Il faut reformer sa gouvernance, renforcer les missions de contrôle de la plénière… Il y a aussi les règles du jeu électoral. De nos consultations, il se dégage un consensus sur des points majeurs concernant la suppression du seuil électoral, le retour de l’élection présidentielle à deux tours, la non-tenue de la présidentielle au suffrage indirect», a détaillé le leader d’Envol, avant d’aborder la règle de jeu portant sur l’identification des électeurs.

«Pour une fois, nous avons le temps d’amorcer cette question dans le délai pour que l’identification des électeurs puissent concourir à l’élaboration d’un premier fichier des nationaux congolais et résoudre les deux questions en même temps», a-t-il indiqué. Et Muyaya de le compléter: «notre feuille de route est bien claire. Dans les hypothèses que nous avions établies, les élections pourront se tenir le 24 décembre 2023 et les Congolais pourront être identifiés avant cette période. Cela suppose une prise en main sérieuse de la question pour que dès maintenant la CENI et l’ONIP se mettent ensemble pour que ce processus puisse réussir».

Pour l’élu PALU de Funa, le travail abattu par le G13 «ne consacre pas la victoire d’un camp contre un autre». Ce travail, par contre, «fait gagner la République en temps et en propositions». Pour faire en sorte que ces propositions prennent corps dans le cadre institutionnel, le G13 dit compter «sur l’implication de tous les députés quel que soient les bords politiques de placer au-dessus des intérêts partisans, l’intérêt général».

De l’avis de ces personnalités, l’intérêt général, aujourd’hui, c’est construire la démocratie, la stabilité du pays par des lois électorales qui rassurent tout le monde. «Nous allons poursuivre toutes ces discussions avec toutes les couches de la société en vue de mettre en mouvement cet agenda citoyen qui est en fait une interpellation dans le sens de notre appel de départ pour que tout le monde se joigne à la défense de ces réformes afin qu’elles deviennent une réalité, afin qu’ensemble nous puissions sauver notre démocratie», a dit Sessanga en conclusion de la conférence de presse.

Laurent OMBA

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