
Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a présenté jeudi devant les députés nationaux, au nom du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le Projet de Loi de Finances rectificative de l’exercice 2026. Le texte a été déclaré recevable avant renvoi à la Commission économique et financière pour examen approfondi. Porté par «les performances économiques et la vision du Chef de l’État», Félix Tshisekedi, le collectif budgétaire affiche un budget équilibré en recettes et en dépenses de 50.295 milliards de francs congolais, soit 21,9 milliards de dollars américains au taux de 2.290 FC pour 1 dollar. Comparé à son niveau initial de 54.336 milliards FC, il enregistre une régression de 7,4% en francs congolais et de 0,45% en dollars.
Baisse de l’aide, hausse de l’effort interne
Selon l’Exécutif, cette baisse s’explique essentiellement par la diminution de 42% des ressources extérieures. En revanche, les recettes propres affichent une progression de 6,9%, «témoignant de l’amélioration de la mobilisation des ressources internes». Les recettes courantes passent de 14,4 milliards à 15,2 milliards de dollars américains, soit près de 740 millions de dollars additionnels destinés au financement des salaires, transferts et subventions, investissements publics ainsi que dépenses exceptionnelles. «Il en résulte une augmentation des recettes courantes globales de 5% comparativement aux prévisions de la loi de finances initiale», a indiqué le VPM du Budget.
Présentant le texte, Muzito a souligné qu’il s’inscrit dans «un contexte particulier marqué par une diplomatie agissante de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, face à la persistance de la guerre d’agression à l’Est du pays ainsi que l’obtention des sanctions américaines contre le Rwanda et ses supplétifs du M23».
Défense, sécurité, infrastructures: les priorités
Le gouvernement met en avant l’amélioration des indicateurs macroéconomiques: croissance revue à la hausse à 5,6% contre 5,3% initialement, inflation maîtrisée à 3,5% en moyenne annuelle, et franc congolais qui poursuit son appréciation face au dollar, soutenu par la bonne tenue des cours du cuivre et du cobalt.
Les priorités budgétaires restent claires. «Les principales politiques financées en dépenses portent sur les charges liées à la défense et à la sécurité, ainsi que les infrastructures, particulièrement les aéroports, les routes et chemins de fer, la construction progressive des logements de nos policiers et leurs moyens de transport ainsi que les casernes de nos militaires», a détaillé Muzito. Le collectif intègre également le Programme présidentiel de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes ainsi que la participation de la République Démocratique du Congo à la Coupe du monde de football.
Cap sur 17% de pression fiscale en 2035
L’Exécutif réaffirme son ambition de renforcer les capacités financières de l’État. La pression fiscale devrait atteindre 12,5% en 2026 contre 12,3% dans la loi initiale, avec l’objectif de la porter à 17% à l’horizon 2035 afin de rapprocher la République Démocratique du Congo du groupe des pays à revenu intermédiaire. «La politique budgétaire préconisée consiste à relever progressivement la pression fiscale pour la porter à 17% à l’horizon 2035, en vue de rapprocher la RDC du groupe des pays à revenu intermédiaire et de lui donner les moyens nécessaires pour mieux financer les charges liées à la sécurisation du pays, à la construction des infrastructures et à l’amélioration des conditions sociales de la population», a expliqué le VPM.
Le Projet de Loi de Finances rectificative prévoit par ailleurs la mobilisation de nouvelles ressources destinées au financement des investissements structurants, notamment à travers une première tranche d’eurobonds de 650 millions de dollars.
