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Sassou et Lourenço attendus à Kinshasa

Une tripartite a réuni, samedi 9 décembre à Brazzaville, les Présidents de la RD-Congo, du Congo et de l’Angola avec à l’ordre du jour la sécurité en Afrique centrale. Un communiqué final a sanctionné cette rencontre. Les trois Présidents, à savoir: Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, Joao Lourenço d’Angola et Joseph Kabila de RD-Congo ont abordé des questions de paix, de sécurité et d’échanges commerciaux. 48 heures avant, soit jeudi 7 décembre, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, avait fait la courte traversée de Brazzaville à Kinshasa pour rencontrer le Président Kabila. A Brazzaville, la tripartite a salué la publication du calendrier électoral par la Centrale électorale en RD-Congo. A cette rencontre Joseph Kabila a invité ses deux homologues angolais et congolais à visiter la RD-Congo, une invitation qui a été immédiatement acceptée bien que la date ne soit pas encore communiquée.
 
La situation qui prévaut en RD-Congo nécessite une attention particulière pour éviter tout dérapage ou débordement. Les rencontres au sommet se multiplient pour tenter de maintenir la paix et la stabilité. C’est dans cette perspective qu’une réunion tripartite de haut niveau a eu lieu le samedi 9 décembre à Brazzaville, capitale de la République du Congo voisin sur l’autre rive du majestueux fleuve Congo. Le Chef de l’Etat congolais Denis Sassou N’Guesso a été l’hôte de ses deux homologues RD-congolais et angolais, à savoir: Joseph Kabila et Joao Lourenço. La sécurité, la coopération et le calendrier électoral en RD-Congo ont été au centre de discussions. Selon le communiqué final, la tripartite a salué la publication du calendrier électoral en RD-Congo. De l’avis des observateurs de la scène politique, depuis la signature de l’Accord politique du 31 décembre 2016 accordant une prolongation d’une année aux institutions en RD-Congo, ses voisins dont l’Angola et Congo Brazza suivent de plus en plus tous les événements qui se produisent dans ce vaste pays de l’Afrique centrale. Le calendrier publié le 5 novembre dernier par Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, prévoit la tenue des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence le 23 décembre 2018. De son côté, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement -RASSOP- rejette ce calendrier et exige le départ de Joseph Kabila au plus tard ce 31 décembre. Et l’Opposition multiplie les appels à manifester à travers l’ensemble du pays. Cependant, toutes ses manifestations restent interdites et réprimées.
Le second et dernier mandat du Président Joseph Kabila a pris fin le 20 décembre 2016, aux termes de la Constitution qui autorise le président à rester en fonctions jusqu’à l’installation de son successeur élu. Ni la Constitution, ni l’Accord de la Saint-Sylvestre n’autorise l’actuel président de la RD-Congo de briguer un 3ème mandat.  En dehors de la question de l’organisation des élections en RD-Congo pour résoudre la crise de légitimité, la résurgence des groupes armés dans l’Est et la crise humanitaire dans le Kasaï au centre du pays éveillent également l’attention.
La rencontre tripartite de Brazzaville est intervenue au lendemain d’une attaque rebelle qui a coûté la vie à 15 Casques bleus tanzaniens et cinq soldats RD-congolais, dans l’Est de la RD-Congo où sévissent de nombreux groupes armés. Dans un rapport récent, l’ONG américaine Human Rights Watch -HRW- a affirmé que les deux provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RD-Congo comptent à elles seules 120 groupes armés.
Dans le Grand Kasaï, au centre de la RD-Congo, la crise humanitaire bat des records depuis les violences provoquées par les affrontements entre les forces loyalistes et les hommes se réclamant du feu chef coutumier Kamuina Nsapu. Plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées et environ 3,2 millions de personnes sont à cours de nourriture. Aujourd’hui, les humanitaires et les églises se mobilisent pour apporter leur assistance aux victimes des violences au Kasaï. Certaines personnes fuyant ces violences dans la région du Kasaï ont trouvé refuge en Angola.
L’opinion se souviendra qu’avant l’élection de Joao Lourenço pour succéder à Eduardo Dos Santos, l’Angola avait annoncé en mai qu’elle fermait sa frontière avec la RD-Congo alors que des milliers de Congolais fuyaient les violences dans le Kasaï. Déjà en mi-octobre, l’instabilité en RD-Congo a été au menu d’un sommet des Chefs d’Etat de la région des Grands lacs, toujours à Brazzaville. Et plusieurs présidents de la région y avaient pris part. Il s’agit de Joseph Kabila de la RD-Congo, de Joao Lourenço d’Angola, de Paul Kagame du Rwanda, de Faustin-Archange Touadéra de la Centrafrique et d’Edgar Lungu de la Zambie. Et tous ces pays partagent leurs frontières avec la RD-Congo. Les événements heureux ou malheureux qui se produisent en RD-Congo ont immédiatement des répercutions dans les neufs pays qui l’entourent.
A la tripartite de Brazzaville, Joseph Kabila a invité ses homologues Denis Sassou Nguesso et Joao Lourenço à se rendre à Kinshasa pour taler toujours sur la sécurité, la paix et les élections. Ces derniers ont accepté cette invitation.

Octave MUKENDI

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