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Nkumu Frey: «J’ai bénéficié d’une subvention et d’un crédit au FPI»

Nkumu Frey Lungula est professeur à la faculté des Science sociales au département d’Anthropologie à l’Université de Kinshasa -UNIKIN. Sa spécialité est l’Anthropologie dans la religion et la culture. Il est donc Docteur en Anthropologie appliquée de l’Université Sun Moon en Corée du Sud. Il a une Maitrise en Ethique sociale de l’Université de Sun Moon en Corée du Sud et une licence en Théologie à l’Université Sun Moon en Corée du Sud. Actuellement, ce digne fils du pays est mandataire à la SCTP, ex-ONATRA- depuis juin 2020. Il est aussi inventeur, promoteur des petites et moyennes entreprises, promoteur des écoles. Bref, un promoteur dans le domaine social et aussi père de famille. Cet entrepreneur et inventeur répond ici sur le crédit et subvention lui octroyés par le FPI. Entretien.

Vous êtes promoteur dans le domaine social. Quels sont les projets de développement que vous avez déjà réalisés?

Le développement part de la religion et de la culture. Nous trouvons le fondement de ce système de développement dans les enseignements et l’école, le système de transmission des connaissances. Je ne suis pas dans mon premier projet parce que dans les années 2004 jusque 2007, j’étais encore avec le gouvernement sud-coréen, j’ai développé des villages modernes. Quand on va à l’université, on devient scientifique et on veut réfléchir comment être celui qui va aider les autres pas en donnant mais celui qui va aider la société à établir le bien-être. J’ai eu à inventer.  

Vous êtes inventeur, qu’avez-vous déjà réalisé?

J’ai innové dans le domaine de l’eau. Ici, chez nous en RD-Congo, nous avons des cours d’eau partout. Mais il se pose un problème de l’eau potable. Dans les villages n’en parlons même pas. Dans les villes, nous avons un problème d’eau. Mais pour prendre cette denrée et l’amener à la maison, ça devient un problème. Voilà pourquoi, en 2018, le FPI avait compris le souci de mon dessin que j’avais mis dans un document où l’eau, quelque part dans une rivière, est en train de couler, mais qu’il y a un camion équipé avec électricité qui puisse capter cette eau avec un système de tuyauterie mais que derrière il devait y avoir un mécanisme de traitement d’eau. C’est un dessin, c’est là où l’aventure a commencé. J’avais d’abord une petite usine à sol chez moi à Mont-Ngafula. J’ai pensé aussi pour la population et pour les villages. C’est là où est né le système de captage, de traitement et de distribution d’eau. C’est trois niveaux. Ce système est mobile. C’est-à-dire que vous allez à Kabeya Kamwanga, Dilolo, Kikwit, Bulungu, Kenge, Masi Manimba etc. Vous avez un cours d’eau qui passe, qui n’est pas propre. Avec ce système, vous captez l’eau et la chaine de traitement et la population peut prendre parce que c’est un système hautement scientifique. Il détruit, pas seulement les bactéries, mais tout ce qui est microbe, la saleté, même l’eau salée peut se transformer en eau douce. Cela nous a valu un certificat d’invention de notre ministère de l’Industrie. Et tout ça, c’est sous l’accompagnement du FPI. Sans le FPI, ça serait un raisonnement mort. J’allais me décourager.

Avez-vous reçu du FPI une subvention ou un crédit?

Nous avons commencé avec une subvention parce que le FPI m’avait découvert quand j’ai présenté le projet. Il a dit que c’est quelque chose qui n’existe pas chez nous. C’est une subvention qu’on va vous accorder parce que dans les rubriques il y a la subvention qui accompagne la recherche scientifique. En tant que professeur vous avez une fondation, il faut qu’on vous accompagne pour voir où ça va nous amener. Il m’a accordé une subvention avec laquelle nous avons réalisé ici à Ngomba Kikusa à l’UPN le forage, l’équipement mobile qui traite l’eau avec industrie mobile. Et après, puisque ç’a donné des résultats. Avec une forte demande, le FPI nous a encore accompagnés en nous accordant un crédit.

A combien est évalué l’appui financier en subvention et en crédit?

La subvention est évaluée à près de USD 240.000 pour l’équipement et le forage y compris. Tandis que nous avons reçu le crédit de l’ordre de USD 148.000 pour le deuxième camion, le forage, l’industrie et l’équipement de traitement. Nous avons fait la répétition de la même procédure, c’est-à-dire, forage, équipement ainsi que l’industrie. Donc, nous avons fait une duplication du même projet. Nous avons tout un équipement mobile qui joue le rôle de traitement et de distribution d’eau soit en vrac, soit traitée en même temps.

Vous êtes sur deux sites, Mont-Ngafula et Ngaliema jusque-là. Avez-vous l’ambition de vous étendre ailleurs?

Nous envisageons aussi ailleurs. Nous avons déjà fait des études au niveau de Kikwit parce que là-bas aussi il y a un problème d’eau. Nous voulons aussi arriver à l’intérieur du pays pour amener notre technologie parce que nous ne sommes pas seulement dans le forage. Après le forage, nous avons aussi trois autres niveaux que nous utilisons. Il s’agit du captage, du traitement et de la distribution dans les véhicules mobiles.

Que répondez-vous à ceux qui disent que les souscripteurs des crédits au FPI donneraient une retro commission aux agents?

Je n’ai jamais été approché par un seul agent pour ce genre de pratique. Je suis avec le FPI depuis 2018 jusqu’à ce jour. Je pense que c’est une expertise que beaucoup de gestionnaires puissent suivre. La formation, il y en a au FPI, des séminaires, surtout la transformation mentale, la dignité, la diligence c’est-à-dire, la capacité à savoir utiliser les fonds mis à leur disposition. Les responsables du FPI ne sont pas de mendiants. Ils ne m’ont jamais demandé quelque chose. Du moins avec l’expérience que j’ai avec le FPI, il n’y a personne qui a osé m’exiger quelque chose de genre retro commission.

Comment se fait le remboursement pour votre crédit?

C’est par rapport à notre production. Notre capacité est de produire plus et d’avoir des réserves financières. Nous payons chaque mois nos échéanciers valablement selon le contrat établi. Nous nous battons pour aller plus vite, parce que plus nous allons, plus vite nous pouvons avoir aussi des soutiens. Mais si Dieu nous fait grâce, avec ce que nous aurons fait comme cumul, nous pouvons aller au troisième site avec notre propre capacité. Car notre projet y a beaucoup de volets. Par exemple, la fabrication des chaines de traitement, c’est toute une industrie. Nous avons besoin de grands ateliers pour employer beaucoup de gens et commencer à fabriquer ces mini-chaînes de traitement et à les commercialiser. Autour de nous, il y a beaucoup de pays qui ont des problèmes d’eau. Nous pouvons trouver du business là-bas en vendant des équipements de traitement d’eau. Parce qu’il y a des pays qui sont près d’un océan, ils ne peuvent pas boire l’eau salée, ils en souffrent. Mais ce que nous avons mis au point avec ce système, nous pouvons traiter l’eau salée et la transformer en eau douce. Donc, nous aurons besoin des millions d’USD, mais avec ce que nous avons comme avoirs en ce moment présent, ça ne nous permettra pas d’emprunter des millions pour lancer cette grande industrie pondeuse des unités des chaines de traitement d’eau. C’est ce qui est notre vision future.

Avez-vous un message particulier à adresser à ceux qui hésitent encore pour faire confiance au FPI?

Toute réussite part d’une aventure. Il faut tenter à une aventure, mais celle sereine. Le FPI est un système ouvert à tout le monde. N’ayez pas peur et n’hésitez pas. Le FPI a l’argent pour financer vos projets. J’ai osé et le FPI m’a accompagné. Je suis en train de partir. Je ne suis pas encore arrivé là où je veux arriver. Mais je me suis fait un partenaire de confiance et je me bats pour ne pas perdre cette confiance. Je fais appel à tous nos compatriotes de faire confiance au FPI et d’emboiter le pas. Il y a au FPI, la direction des projets où on étudie nos dossiers. Ils peuvent vous visiter dix fois avant que le projet puisse être conclu. C’est le système. Il faut vous défendre. Le FPI, c’est pour les RD-Congolais. Ces derniers peuvent faire des projets de développement parce qu’un pays se développe par rapport à sa capacité des petites et moyennes entreprises, d’entreprenariat. Surtout que nous avons une banque comme le FPI qui accompagne facilement avec un taux d’intérêt de 9%. Je pense que c’est une occasion pour tout le monde qui veut faire une aventure de développement de pouvoir oser.

Et ce facile de frapper à la porte du FPI?

La porte est ouverte parce que quand le FPI vous apprécie, il vous accompagne mais avec une diligence formidable. En passant, nous félicitons l’équipe managériale du DG Kitebi. Depuis qu’il est là, les indices sont au vert au FPI par rapport à beaucoup d’entreprises qui sont au rouge. Je pense que dans notre pays, nous devons passer à une nouvelle tradition de féliciter ceux qui font bien le travail et les imiter à tous les niveaux. Au niveau managériale de la chose publique, il faut que nous puissions sélectionner ceux qui ont réussi à faire quelque chose de bien pour notre société et les féliciter. C’est le cas du FPI avec l’équipe que dirige le DG Kitebi. On ne sacrifie pas l’équipe qui gagne. Je pense que pour mieux connaitre l’institution ou la personne, c’est mieux de l’approcher.

Propos recueillis par Octave MUKENDI et José BABIA

DEMANDEUR D’UNE SUBVENTION POUR UN PROJET DE DISTRIBUTION AUPRèS DU FPI

Kitenge: «sous le leadership du DG Kitebi, rétro-commission et rétrocession n’existent plus»

Rétro-commission et rétrocession sont devenues des méthodes de la vieille époque depuis que Patrice Kitebi a imprimé ses marques de leadership au Fonds de promotion de l’industrie -FPI. C’est l’une des principales leçons à tirer de l’entretien avec le député national Kitenge, qui a sollicité une subvention auprès du FPI en vue de réalisation un projet de desserte en eau potable dans le quartier Mitendi à Kinshasa. «Avec la gestion de ses nouvelles autorités, le FPI engrange suffisamment d’argent grâce à une gestion saine des fonds», a dit cet élu du peuple pour motiver sa demande de subvention, au nom de son ONGD, auprès du FPI plutôt qu’auprès d’une autre structure internationale comme bien d’autres ONG le font. Entretien.

Pour quelles motivations avez-vous sollicité une subvention auprès du FPI?

J’ai sollicité une subvention pour pouvoir donner de l’eau potable au quartier Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula. J’ai une ferme et j’ai la chance d’avoir deux sources d’eau qui jaillissent des roches au pied d’une montagne, située au milieu de ma ferme. J’avais aménagé ces deux sources pour faire l’élevage des poules pondeuses. En même temps, la population dépourvue a trouvé qu’il y avait une bonne eau dans ma ferme, elle vient puiser. La pente que les gens descendent pour aller prendre 25 litres d’eau, parfois avec un bébé sur le dos, et quand je m’imagine que ce n’est rien par rapport aux besoins des ménages, je me suis dit que mes compatriotes souffrent beaucoup. Avec le mot d’ordre du Chef de l’Etat, appelant chacun où il est de faire ce qui est à son pouvoir pour apporter des solutions aux problèmes de notre population, j’ai eu l’initiative de solliciter cette subvention auprès du FPI pour que je sois en mesure de pomper cette eau, de la stocker en hauteur à côté des maisons et d’en faire la distribution dans des quartiers par des bornes fontaines.

La distribution de cette eau sera-t-elle gratuite? 

Certes l’eau c’est la vie et nous en avons en abondance dans notre pays, mais lorsqu’elle est traitée, pompée, envoyée à côté de la maison, ça devient un produit commercial. On ne peut pas la donner gratuitement. Il y aura un petit rien à payer, mais ce n’est pas une activité lucrative parce que c’est du social. Si vous réalisez le coût à payer, vous allez vous rendre compte que c’est presque gratuit. Nous allons faire payer cette eau-là pour être en mesure de supporter les charges de la production. Il y aura de la main d’œuvre avec du travail permanant, de l’électricité, la maintenance et l’entretien des équipements qui peuvent tomber en panne. Pour ça, si nous donnons gratuitement, il va falloir, à chaque fois, recourir au FPI pour avoir de quoi payer les agents, faire réparer les machines.

Pourquoi vous êtes-vous adressé au FPI plutôt qu’à d’autres structures qui accordent des subventions pour des projets de développement?

Beaucoup d’ONG de ce pays demandent des subventions à des organismes étrangers. Par fierté nationale, je me suis dit que je peux demander à une structure nationale: le FPI. J’ai profité de son volet social pour demander une subvention. Avec la gestion de ses nouvelles autorités, le FPI engrange suffisamment d’argent grâce à une gestion saine des fonds. Je me suis dit que le FPI pourrait donc me donner de l’argent pour investir dans le pays et servir la population. Heureusement, j’ai trouvé une oreille attentive. Nous avons connu un temps de flottement avec le confinement, mais maintenant j’apprends que les choses sont en train de bouger. J’espère vraiment que le FPI va nous financer. Ça ne sera que patriotique et pour la satisfaction des besoins de notre population.

Qu’est-ce qui peut garantir au FPI que vous allez réellement affecter ces fonds à ce projet de desserte en eau potable à Mitendi?

Le FPI a prévu des mécanismes de contrôle. Il y a des services qui font le contrôle pour s’assurer que le travail se fait tel que prévu dans le projet. Quand j’ai sollicité cet argent, il y avait un planning d’activités, un devis chiffré. A partir du moment où j’entre en possession de cet argent, je m’engage à exécuter ce que j’avais prévu sur papier. Dès que c’est terminé, il va falloir inaugurer. C’est toujours le FPI qui va le faire.

Comment se présente le planning soumis au FPI?

C’est un planning d’activités qui prévoit qu’à partir du moment où je reçois le fonds, deux mois après l’ouvrage devrait être disponible.

A combien avez-vous évalué ce projet?

Le projet est chiffré à USD 704.000 pour pouvoir construire une grande citerne d’eau, amener le courant jusqu’à la ferme, acheter de la tuyauterie, acheter des pompes, agrandir la station de pompage.

De ce montant combien revient aux autorités du FPI à titre de retro-commission ou rétrocession? Quels sont les frais de demande de subvention payés?

Personne ne m’a demandé la rétrocession, ni la retro-commission. Et je n’ai payé aucun frais. J’ai été reçu avec enthousiasme et j’ai même eu à échanger une fois avec le DG Kitebi qui m’a fait comprendre qu’il ne peut rien faire sans l’avis de la direction des projets. Après le confinement, je m’attendais à ce qu’il me soit demandé de l’argent pour la réactivation du dossier. Mais, personne ne m’a exigé une contrepartie pour faire bouger les choses après le confinement. J’ai fini par comprendre que sous le leadership du DG Kitebi, ces choses-là n’existent plus. Je dis coup de chapeau au DG du FPI Patrice Kitebi qui a toujours prêté une oreille attentive à notre dossier.

Avec les conséquences économiques provoquées par la Covid-19, attendez-vous toujours à percevoir le même montant? Comment comptez-vous vous adapter au cas où le FPI ne vous servez pas le montant sollicité?

J’ai eu vent que le FPI pourrait ne pas me donner la totalité. Mais en fonction du montant qui me sera donné, je vais le moduler. Je vais privilégier l’essentiel: que le courant arrive à la ferme. Je vais aussi construire le château d’eau mais qui ne sera pas construit dans la capacité initiale. L’essentiel est de commencer. Je vais faire en sorte que ce château soit modulaire. Avec les moyens qui me seront remis, je vais refaire des calculs avec les ingénieurs. Nous ferons ce qui est à notre pouvoir et la capacité de distribution, telle que prévue à l’initial -mettre 4 à 5 bornes fontaines; ceux qui en ont le moyen peuvent avoir de l’eau à la maison-  sera réduite. Comme ce n’est pas de l’argent remboursable, au fur et à mesure des recettes seront encaissées, nous allons faire des économies en vue de l’augmentation progressive de la capacité.

Selon vos prévisions, quel est le seuil de production d’eau par jour?

La citerne a été prévue pour produire 100.000 litres par jour.

Propos recueillis par Laurent OMBA

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