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Luzolo Bambi: «l’état de siège est une arme efficace contre les rébellions-minings»

«L’état de siège décrété par le Chef de l’Etat est non seulement une réponse adaptée aux tueries à répétition dans le Nord-Kivu et en Ituri, mais également une arme efficace dans la lutte contre la corruption dans les provinces en proie aux rébellions-minings». Ces propos sont du Professeur Luzolo Bambi Lessa, ancien ministre de la Justice et expert en Droits humains. Il les a tenus jeudi 4 novembre lors de sa sortie médiatique, alors qu’il intervenait par rapport à la lutte contre la corruption et aux questions concernant spécifiquement son domaine.

Comme pour donner de la voix eu égard à l’état de siège, dont on sait qu’il est à sa onzième prorogation et, partant, continue à défrayer la chronique dans les sens les plus divers, ce Professeur de Droit a tenu à établir un parallélisme entre l’état de siège et la corruption qui gangrène la société RD-congolaise.«La relation entre l’état de siège et la corruption est simple. C’est que l’état de siège a été décrété pour freiner une sorte d’hémorragie criminelle», a souligné Luzolo Bambi.

Poursuivant,il a invité à regarder l’espace Est dans le prisme de la corruption où, tout le monde sait, combien le phénomène du pillage des ressources naturelles est fréquent et récurrent et, ce, depuis fort longtemps. Pour l’orateur, malgré le nombre de rapports faits à ce sujet, on ne regarde même pas la question de violation particulière des droits humains.Voilà pourquoi, a martelé cette voix autorisée, la décision de l’état de siège est une décision salutaire par rapport à la lutte contre la corruption.

Et si on arrêtait l’état de siège, quelle alternative?

Luzolo Bambi qui a souligné le caractère salutaire de l’état de siège, donnant ainsi l’eau au moulin de ceux qui y croient, au grand dam des pessimistes de tous bords, ne s’est pas arrêté là. Il a également tenu à faire des projections sur l’après cet état de siège, dans l’hypothèse où il s’arrêterait. «Et dans l’approche de l’Etat de droit, en tant qu’expert, je considère que si l’on arrête l’état de siège, l’alternative sera la mise en place des mesures d’une justice transitionnelle», a indiqué Luzolo Bambi, poursuivant que celle-ci ne se fera pas dans la forme sélective comme c’est le cas, c’est-t-dire avec un fonds d’indemnisation, mais plutôt avec une approche holistique.

Pour Luzozlo Bambi, c’est une approche qui entraînera les poursuites judiciaires, en ce compris le rapport Mapping. Et de poursuivre: «après les poursuites judiciaires, il faudra des mesures de réparation et la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation». Enfin, a-t-il renchéri, il faudra prendre des mesures qu’on appelle «garantie de non-répétition». Pour finir, «il n’y a pas de moyen terme, ou l’état de siège, ou l’application des mesures d’une justice transitionnelle».

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