Le Centre de dialyse de Kinshasa à l’arrêt

0
10

Voilà 5 ou 6 mois que le Centre de dialyse de Kinshasa est à l’arrêt. Les reins assurent une fonction vitale pour l’organisme, l’élimination par les urines des déchets présents dans la circulation sanguine. En cas d’insuffisance rénale terminale, les reins ne peuvent plus assurer cette fonction, et il est nécessaire de recourir à la dialyse. Actuellement, deux types de dialyse sont
possibles, l’hémodialyse et la
dialyse péritonéale. La dialyse
est nécessaire à la vie pour les
patients insuffisants rénaux,
sauf s’ils peuvent bénéficier
d’une greffe rénale. Selon les
statistiques, Kinshasa compte
près de 15% des personnes
souffrant de la maladie rénale
chronique. Conscient de ce
problème de santé publique,
le gouvernement provincial a
inauguré fin décembre 2016
un Centre de dialyse dans
l’enceinte de l’Hôpital général
de référence, ex-Mama Yemo,
pour soigner ces personnes.
Ce centre équipé de dix
générateurs d’hémodialyses
neufs à son lancement est
un service public de la ville
qui emploie trente-neuf
agents dont quatre médecins
néphrologues et un médecin
anesthésiste réanimateur. Il
a fonctionné normalement
en 2017, 2018 et pendant
le premier semestre 2019.
Les produits utilisés pour la
dialyse ont commencé à faire
défaut en juillet 2019, comme
le soulignait déjà un article
du confrère en ligne «Médias
Congo» publié pendant cette
période. La cause de cette
pénurie? «Le manque de
réaction du gouvernement
provincial actuellement aux
affaires pourtant saisi depuis
fin juin, le dysfonctionnement
occasionné par l’ancien
ministre provincial des
Finances, Guy Matondo»,
tape un député provincial
kinois indiquant que quelques
intrants acquis pour un mois
sont saisis à cause d’un litige
avec les services de douane et
évoquant la panne de quelques
machines due au manque
d’entretien. Le personnel du
Centre affirme aussi qu’un
état besoin a été transmis
à l’Hôtel de ville, sans
succès. Alors que les intrants
recherchés coûtent entre
75.000 dollars et 150.000
dollars par trimestre et étaient
régulièrement fournis, avant
l’immixtion de Guy Matondo
dans les opérations d’achat,
grâce à un partenariat avec
une firme sud-africaine,
l’Exécutif provincial se
trouverait actuellement dans
l’incapacité de payer leur
approvisionnement, pourtant
utile aux traitements des
patients insuffisants rénaux,
croit savoir une autre source.
Avant l’avènement des
autorités actuelles de la ville,
ces intrants étaient fournis
via le ministère provincial
de la Santé qui pouvait, à
son tour, assurer des soins
réguliers et de qualité à 50
dollars la séance aux malades
issus des couches sociales
démunies. Le président de
l’Assemblée provinciale qui
a dressé récemment un bilan
à mi-parcours satisfaisant
est interpellé. Le Centre de
dialyse de Kinshasa paralysé,
les malades ont été orientés
ailleurs. Certains sont morts,
confient plusieurs sources
citant les familles, alors que
les plus chanceux et leurs
parents sont en train de
vivre un véritable calvaire
à cause du coût trop élevé
des soins appliqué par la
concurrence: entre 250 et
350 dollars par séance.
Les prix des cathéters sont
également astronomiques:
450 dollars pour un cathéter
central avec pose alors qu’il
coûte 5 euros en France. Un
cathéter, ou KT dans le jargon
médical, est un dispositif
médical se présentant sous
la forme d’un tube mince
et flexible. Introduit dans
une voie veineuse, il permet
d’administrer des traitements
par voie intraveineuse et de
prélever du sang pour les
analyses, et ainsi d’éviter
les piqûres fréquentes. Les
malades en ont besoin pour
leurs traitements. Hôpitaux
et médecins savent que les
personnes souffrant de la
maladie rénale chronique
sont obligées de payer pour
se faire soigner. C’est est une
question de vie ou de mort.
«Mon frère à des œdèmes
aux pieds suite à cet arrêt de
la dialyse pendant plusieurs
semaines. Les toxines ont
augmenté dans son sang. Il
est obligé de faire une dialyse
tous les 2 jours au lieu de
2 par semaines», s’alarme
JKK, une compatriote
vivant à Paris, contrainte de
faire des transferts d’argent
supplémentaires en faveur
de son frère insuffisant rénal.
Approché, l’entourage du
gouverneur Ngobila reconnaît
les difficultés rencontrées par
le Centre. Il laisse entendre
que l’Exécutif avait libéré un
peu d’argent pour dédouaner
un stock d’intrants saisis par
la Douane, renvoyant plutôt
la balle au ministre en charge
du secteur, prié de bien faire
fonctionner son secteur.
KISUNGU KAS

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here