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L’AIDUS-RDC honore le leadership féminin et dessine les voies vers une véritable autonomisation

L’AIDUS‑RDC a mis à l’honneur le leadership féminin et exploré des voies concrètes vers une autonomisation durable lors d’une rencontre tenue le 11 avril 2026, au Musée national de Kinshasa et en ligne. Organisé dans le prolongement du mois de mars consacré aux droits des femmes, cet événement a rassemblé des diplômées et professionnelles engagées dont les témoignages ont éclairé autant les défis que les leviers d’émancipation en République démocratique du Congo.

Dès l’ouverture, Madame Aimé Ngenda Shita Kaozi, doctorante à la Great Lakes University de Kisumu et issue de la 16e promotion de l’Université Senghor, a repositionné le leadership féminin loin d’une simple case politique. Pour elle, il s’agit d’une capacité d’influence et d’impact qui traverse tous les secteurs de la société. À ce titre, elle a invité les femmes à cultiver une conscience de soi profonde et à prendre des décisions audacieuses, même lorsque celles-ci dévient des attentes sociales établies.

Dans le prolongement de cet appel à l’affirmation personnelle, le volet entrepreneuriat a été illustré par le parcours de Madame Marie Madeleine Ndundu Massamba, coordinatrice de Yuula Académie. Née d’une observation faite en 2017 sur le manque d’activités culturelles dédiées aux enfants, cette académie favorise aujourd’hui le développement des compétences artistiques et sociales. Selon Madame Ndundu Massamba, le succès repose sur des facteurs complémentaires : l’assurance individuelle, le soutien familial, la solidarité du réseau Senghor et une résilience tenace face aux obstacles.

Sur le plan institutionnel, la conférence a basculé vers une lecture juridique et stratégique avec l’intervention, depuis Washington, de Madame Lauriane Mobali Matondo, diplômée de l’École nationale d’administration et chargée de la diaspora à l’ambassade de la RDC. Elle a rappelé que la lutte pour l’égalité s’appuie sur des cadres juridiques solides — de la Charte des Nations unies de 1945 jusqu’à la loi de 2015 sur la parité — mais que la simple existence de textes ne suffit pas à transformer les réalités.

En s’appuyant sur le rapport OCDD 2025 relatif aux Objectifs de Développement Durable, Madame Mobali a insisté sur la nature multidimensionnelle des freins à l’autonomie des femmes : contraintes sociales, verrous économiques et insuffisances institutionnelles se superposent et limitent l’indépendance individuelle. Pour répondre à cette complexité, elle a plaidé pour la « congruence » — autrement dit, un alignement effectif entre discours politiques et mesures opérationnelles — et a esquissé une stratégie mêlant renforcement juridique, évolution des normes sociales et mécanismes de suivi et d’évaluation.

Concrètement, les propositions développées lors de la table ronde visaient à produire des effets tangibles : promouvoir l’autonomisation économique et sociale des femmes, renforcer les partenariats stratégiques et multiplier les dispositifs de mentorat et de coaching afin de faciliter les trajectoires entrepreneuriales. Parmi les idées les plus marquantes, l’instauration d’un système de financement participatif dédié aux initiatives féminines a été avancée comme un instrument capable de contourner les barrières bancaires traditionnelles et de catalyser des projets locaux.

Au fil des interventions, un message récurrent s’est imposé : les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires du développement, elles en sont des actrices déterminantes. La rencontre a ainsi mis en lumière la manière dont les diplômées de l’Université Senghor, par leurs parcours et leur engagement, constituent un vivier d’initiatives et d’expertises au service du pays.

En clôture, l’AIDUS‑RDC a rappelé l’urgence d’articuler politiques, ressources et réseaux pour transformer les discours en résultats concrets. À l’heure où la société congolaise s’interroge sur ses modes de gouvernance et ses priorités de développement, l’événement a offert une feuille de route pragmatique et une raison d’espérer : celle d’une autonomisation féminine soutenue, coordonnée et durable, portée par des acteurs locaux déterminés à faire bouger les lignes.

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