
Le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive -RJSSR- a organisé, mardi 15 juillet, un déjeuner de presse autour de la Planification. Entre engagements et réalités de l’offre, près de 50 journalistes ont échangé dans une ambiance décontractée pour mieux cerner cette thématique clé de la santé de la reproduction. L’appel est pressant, malgré les engagements, l’accès à la planification familiale en RD-Congo peine à décoller.
A ce jour, le pays est loin de ses objectifs alors qu’il s’est engagée depuis des années à faciliter l’accès aux méthodes contraceptives. Face à ce constat alarmant, les journalistes ont entrepris de créer un espace d’échanges crucial, en synergie avec les partenaires dans un plaidoyer renforcé, y compris à travers les médias.
Selon la Directrice du Programme national de santé de la reproduction -PNSR-, Dr Anne-Marie Ntumba, la prévalence contraceptive moderne stagne à un maigre 15% à l’échelle nationale. Toutefois, la répartition n’est pas équilibré à travers le pays. Certaines provinces comme Kinshasa, le Kongo Central ou le Sud-Kivu affichent de meilleurs résultats. D’autres sont à la traîne, avec des taux parfois à peine supérieurs à 1%. L’objectif de 19% pour 2020 n’a pas été atteint, le PNSR en est conscient. «Les disparités provinciales restent importantes et le besoin non satisfait en planification familiale demeure un défi majeur», a déploré Dr Ntumba.
Un enjeu vital face aux obstacles
Pourtant, la planification familiale est un levier fondamental pour réduire la mortalité maternelle, améliorer la santé des femmes et favoriser le développement durable. Cependant, de nombreux freins persistent : ruptures de stock récurrentes, financement national insuffisant, manque criant de sensibilisation et le poids persistant des normes sociales et des tabous.
Dans cette dynamique, les médias ont clairement un rôle stratégique à jouer. Dr Tony Mayawula, Directeur exécutif de l’Association pour le bien-être familial, naissances désirables -ABEF/ND- les a notamment appelés à exercer une veille citoyenne, à se faire les porte-voix des communautés et à interpeller directement les décideurs politiques sur leurs promesses. Cet appel a également réitéré par la coordonnatrice du RJSSR pour qui les journalistes sont des «intermédiaires essentiels entre les communautés, les autorités et les partenaires». Bibiche Mbete a exhorté ses confrères et consœurs à percer le verre afin de «mettre en lumière les initiatives réussies, mais aussi exiger des réponses concrètes face aux défaillances du système».
Pour renforcer cet impact, plusieurs recommandations ont été émises. Il s’agit entre autres d’augmenter la production de contenus journalistiques dédiés à la PF et encourager une collaboration accrue entre les médias et les professionnels de la santé reproductive.
WIDAL
