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Fournitures scolaires: pas d’engouement au Marché central de Kinshasa à quelques semaines de la rentrée

Après deux mois des vacances, les élèves sont à quelques semaines de la rentrée scolaire 2018-2019. Comme d’habitude, c’est à cette période que le Marché central à Kinshasa se voit inonder des gens pour l’achat des fournitures scolaires de leurs enfants. Mais, la réalité est tout autre actuellement. Il n’y a pas d’engouement dans les rues du Marché central, les parents d’élèves disent ne pas avoir l’argent pour préparer la rentrée scolaire qui, pourtant, pointe déjà à l’horizon. De leur côté, les commerçants se plaignent également du fait que leurs marchandises ne coulent pas.
C’est dans trois semaines, soit le 03 septembre 2018, que les élèves vont reprendre le chemin de l’école sur toute l’étendue du territoire national. A Kinshasa, l’heure est aux préparatifs. Mais selon une mini-enquête menée par une équipe d’«AfricaNews», les parents d’élèves ne sont pas très visibles au Marché central de Kinshasa. Ils disent ne pas avoir de l’argent pour préparer convenablement la rentrée scolaire de leurs enfants. A peine quelques-uns qui essaient de remplir ce devoir de parent. Au micro d’«AfricaNews», parents et commerçants témoignent que l’argent ne circule, certains fonctionnaires ne sont pas payés jusque-là. Ce qui donne place à l’inquiétude des parents qui se voient bousculer par la date de la rentrée scolaire, aussi par les fournitures à acheter.
Face à ce constat, plusieurs parents ont délié leur langue à votre journal. «Dans 24 jours exactement, nos enfants doivent reprendre avec l’école. Mais seulement, nous ne savons pas comment faire pour assurer cette rentrée alors que nous avons plusieurs mois d’impaiement, et avec ce taux de dollars qui est passé de 920 à 1600 nous ne savons pas faire grand-chose, car tous les articles ont augmenté de prix», a laissé entendre Papy Luyala, parent et père de 4 enfants. Et une femme commerçante de renchérir: «ça fait 10 ans que j’exerce ce travail. L’argent que je gagne me permet de scolariser mes deux fils et de subvenir à leurs besoins. Cette année seulement, les choses ne se sont pas passées comme prévu; l’argent n’a pas assez circulé et avec l’augmentation des frais, je ne peux même pas payer les frais d’un seul enfant vu mon faible revenu de ce mois. J’espère avoir un montant important avant la fin de ce mois pour payer les frais de mes enfants, car si je travaille, c’est juste pour assurer leur avenir».
Un jeune étudiant, Landry Kankonde, qui s’est invité au débat, a réagi en ces termes: «ce qui fait mal, c’est de voir que les gens qui travaillent soient mal rémunérés ou ne touchent pas régulièrement leurs salaires. Alors qu’ils sont des responsables, ils ont des enfants à nourrir, à vêtir, à scolariser, bref subvenir aux besoins de leurs familles respectives. Mais, ils sont malheureusement incapables de le faire suite au manque d’argent». Et d’ajouter: «pour les commerçants, vous les verrez sortir tôt le matin et rentrer tard dans la nuit en espérant trouver quelque chose. Malheureusement non. Je demande au gouvernement de revoir les frais scolaires des écoles pour faciliter à tous l’accès à l’école. Aussi que les travailleurs soient payés convenablement et selon leur travail à leur juste valeur».Selon un commerçant au Marché central de Kinshasa, par rapport à l’année passée, sa situation de vente laisse à désirer. A l’en croire, en cette période de rentrée de classe, moins de parents passent à son étalage pour acheter les cahiers et autres. Il a, lui aussi, exigé la baisse du prix des articles sur le marché et la réduction des frais scolaires voire académiques, afin de permettre à tous les parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Merisa MATETE

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