
Bundibugyo frappe l’Ituri. Vingt jours plus tard, le gouvernement serre les rangs: 7% de létalité, Bunia rouvre, le vaccin en ligne de mire.Vingt jours. Le temps d’une riposte qui prend corps. Le virus Ebola Bundibugyo a resurgi en Ituri. Panique attendue. Effondrement annoncé. Il n’en est rien. Jeudi 3 juin 2026, au Studio Maman Angebi, Roger-Samuel Kamba et Patrick Muyaya ont planté le décor: Kinshasa tient. Le ministre de la Santé est direct. Trois provinces touchées seulement: Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu. «Pas d’Ebola à Kinshasa», tranche Kamba. Il tord le cou aux rumeurs qui circulent sur X et WhatsApp. Mais il ne joue pas à l’aveugle. Si le virus atteint la capitale, isolement immédiat du premier cas. Zéro chaîne de transmission.
381 cas, 63 morts: le taux chute à 7%
Les chiffres sont désormais précis, jour après jour. 381 personnes contaminées. 63 décès. Le chiffre qui change tout : la létalité est tombée à 7%. Avant, Ebola fauchait 6 malades sur 10. Aujourd’hui, 9 sur 10 survivent s’ils arrivent à temps. La différence se joue en Ituri. Tests plus rapides, prise en charge plus agressive, malades détectés plus tôt. Bilan: 7 guérisons déjà comptabilisées. «Nous pouvons guérir plus rapidement si la personne est mise à disposition du personnel soignant sans tarder», insiste Kamba. Au Nord-Kivu, 19 cas dont 13 décès. La pression reste forte. Mais la méthode porte. 263 personnes isolées. L’aéroport de Bunia a rouvert. La province respire. L’économie redémarre.
Tester, isoler, soigner : la doctrine du moment
Le gouvernement vise 90% de fiabilité sur les tests. Fini l’attente. «On teste tous les échantillons. Ils sont confirmés dans la journée», explique le ministre. Pas de zone grise, pas de «cas suspects» qui stagnent. Pour le vaccin, pas d’illusion. Kamba l’assume : il faudra 3 à 4 mois avant le premier vaccin fiable. D’ici là, la discipline fait office de bouclier.
Muyaya: «Le peuple a donné sa réponse»
Sur la «ville morte» du 3 juin, Patrick Muyaya balaie. «Journée normale. J’étais au Cabinet, puis au Conseil des ministres». Pour lui, l’actualité c’est Ebola et les Léopards. Le reste ? «Du poison rwandais, cher au père et à ses fils du M23». Message clair aux instigateurs: «Changez de fusil d’épaule si vous voulez l’alternance. Le peuple a répondu». Quant aux restrictions américaines visant les Léopards, il démonte l’argument sanitaire: «Le risque de contamination internationale n’existe pas. Ce n’est pas la nationalité congolaise qui donne Ebola, c’est le contact avec un malade». Vingt jours après la résurgence, Kinshasa n’a pas cédé à la peur. Elle a choisi la science, la rigueur, la transparence. La bataille continue. Mais la ligne tient.

