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Covid-19: Kinshasa frôle le pire, les mesures de transport allégées

Des arrêts de bus bondés du monde, des foules innombrables marchant à pieds et scandant des slogans hostiles au régime en place, Kinshasa a vécu une journée cauchemaresque mercredi 23 juin à cause du casse-tête de transport en commun. Et pour cause: la mesure anti-Covid-19 obligeant les transporteurs à ne pas dépasser les 50% de leur capacité. Le transport se fait rare et le prix par course a soit doublé, soit triplé. Le soulèvement populaire était prévisible et, très vite, les autorités urbaines ont agi et revu leurs mesures concernant le transport en commun. 

Les transporteurs ont été autorisés à transporter suivant leur capacité, soit 100%. Seulement, des gens ne devraient pas rester debout dans les bus. En application des mesures édictées par le Président de la République pour endiguer la propagation de la 3ème vague de Coronavirus, le premier citoyen de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, a pris d’autres dispositions. Notamment des mesures sur la réduction de 50% des personnes dans les églises et les transports en commun.

A ce fait, la mesure de Ngobila s’est montrée une souffrance pour la population dans la journée du 23 juin, car les travailleurs et étudiants sont arrivés en retard à leurs occupations habituelles et le prix de transport a haussé. Par exemple, le trajet de 500 FC revenait à 1000 FC, celui de 1000 FC à 1500 ou 2000 FC. Les motards ont imposé leur loi. C’est ainsi que le trajet Victoire-Rond-point Ngaba qui coûte d’habitude 1500 FC revenait à 5000 FC et celui de Victoire-Lemba est parti de 1500 à 3000 FC.

«Nous avons été contraints à transporter une seule personne à moto. C’est le client qui doit payer la course. Il doit payer 3000 FC pour combler le manque à gagner», a fait savoir un motard desservant la ligne Victoire-Lemba. Le constat était amer et la situation explosive. Plusieurs voitures n’étaient pas en circulation. Certains chauffeurs ont évité la perte au rendement à la fin de la journée et ont augmenté le prix du transport à leur avantage. Pour la population, cette mesure est prise pour l’appauvrir. Elle a suggéré la fermeture de toutes les activités et un reconfinement total, car la situation dans la journée était très difficile.

«Cette mesure aurait être tolérée si seulement l’Etat RD-congolais prenait soin d’ajouter les bus en circulation, avec le TRANSCO», a fait savoir un Kinois. Au soir du même mercredi, le Commissaire provincial de la Police de la ville de Kinshasa, Sylvano Kasongo, a annoncé l’allégement de cette mesure de 50% imposés aux transporteurs de taxi, taxi-bus et bus. Il a autorisé aux transporteurs d’utiliser les 100% de leur capacité, mais que personne ne soit debout dans le bus. Tous les clients doivent être assis et porter leurs masques.

Le numéro 1 de la Police assure répartir les policiers partout en ville pour s’assurer de l’observation du respect du port des masques. En dehors de l’allègement de mesure concernant les transporteurs, les autres mesures restent d’application. Notamment le port obligatoire de masque dans les milieux publics et les transports, la distanciation sociale, le lavage des mains, la fermeture des boites de nuit et discothèques pour 15 jours, etc. La 3ème vague de Covid-19 est déclarée très dangereuse que les deux premières. «Depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020, le cumul est de 38.936 cas dont 38.937 cas confirmés et 1 cas probable. Au total, il y a eu 896 décès et 28.115 personnes guéries», selon le rapport du Secrétariat technique de lutte contre le Coronavirus du mercredi 23 juin 2021.

Dorcas MWAVITA

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