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30 juin : Jean-Richard Kambayi fait un discours incitatif

«Bientôt, le 30 juin 2024, le peuple de la République démocratique du Congo se souvient d’un grand jour; celui de son indépendance, l’indépendance de son pays. Ceci entre bien dans la dynamique de son histoire. Celle-ci, comme on le sait, comme il doit le savoir, marche tout le temps, en son compagnie en compagnie de tous les hommes, en compagnie du temps de l’homme. Le temps, lui-même, par nature est un continuum et un perpétuel changement. De l’antithèse de ces attributs, viennent se greffer les grands problèmes de sa survie. Accepter ce dilemme, c’est respecter la contingence humaine, c’est faire l’œuvre d’honnête être-citoyen», telles sont les phrases intellectuelles employées par le Professeur émérite Jean-Richard Kambayi Bwatshia, Recteur de l’Université des sciences de l’information et de la communication -UNISIC-, dans sa récente tribune de réflexion.

Poursuivant sa réflexion, il a éclairci que tout changement dans la vie n’est pas l’œuvre du hasard. Il procède impérativement de l’esprit créateur de l’homme dans le processus de la quête du progrès entendu au sens du plus et du vrai. Le numéro un de la première université qui forme, en Afrique centrale, les journalistes achevés, a justifié la raison pour laquelle il a employé le concept “impérativement” dans le précédent paragraphe.

«Parce que la connaissance du vrai libère de l’esclavage qui enchaîne l’homme et les sociétés entières. Mon discours, je l’ai conçu dans ce sens; un sens incitatif afin de pousser mes concitoyens à maximiser le taux du changement dans notre façon d’être au monde», a-t-il éclairci. Et d’ajouter: «au temps colonial, et ceci est indéniable, on apprenait aux RD-Congolais que les ‘’civilisations’’ étaient constituées d’un groupe assez important de ceux qui avaient l’envie de coloniser venus de l’étranger, de la Belgique. Et ceux-ci ont continué ‘’l’œuvre grandiose’’ de leur souverain Léopold II. Notre hymne national était la Brabançonne et notre roi était le roi des Belges. Je dirai mieux, nos souverains étaient des souverains belges qui se sont succédés au trône de la Belgique de Léopold II au roi Baudouin Ier».

En sa qualité d’historien, Jean-Richard Kambayi a souligné que la civilisation est l’un des chapitres de l’histoire du peuple RD-congolais. Pour l’auteur de l’ouvrage «Essaie sur l’histoire et la conscience de l’historien: une adresse aux historiens congolais», le souverain belge Léopold II avait voulu absolument érigé une colonie au cœur de l’Afrique. Lui, le grand témoin des économies européennes du XIXème siècle, avait très tôt compris que l’Europe avait besoin de nouvelles sources de profit.

Et de compléter: «les événements vont aller très vite; Léopold II après avoir  appuyé et encouragé les aventureux voyages appelés pompeusement ‘’expéditions-explorations’’ d’un certain journaliste anglo-américain Morton Stanley, se fait reconnaître, moyennant moult machinations diplomatiques, en 1885, lors d’une conférence de Berlin, le titre de grand monarque et propriétaire d’un Etat de type spécial qu’on appellera très significativement, l’Etat indépendant du Congo. Oui, il fallait pour le roi, une colonie propriété privée du Royaume».

En dépit de la résistance farouche des populations autochtones dites «sauvages» et «primitives» du «continent mystérieux», le roi, va diriger «son Congo» de main de fer devant le grand étonnement de l’opinion internationale. Ce fut, en effet, le temps d’un régime ignoble, répugnant, injuste et aliénant. Lui, le souverain belge, qui n’avait jamais mis pied dans «son» territoire africain, a fait connaître celui-ci comme étant un territoire d’un souverain terroriste de despote qui a qualifié ses actes d’entreprise de «mise en valeur».

Que de tracas, d’impôts en nature, de corvées: coupe de bois, perçage de routes dans la forêt denses et dans les brousses immenses, partages, services impitoyables, cruautés sans limite et barbarie sans précédent. Oui la voracité royale était énorme! Les scènes épouvantables des mains coupées sont bien connues. D’après lui, plusieurs auteurs belges et étrangers sans complaisances ont décrit cette période obscure comme celle «d’entrée en enfer» -J. Vansine. Ainsi, il a donné l’exemple du livre de Van Croenweghe dénommé «Du sang sur les lianes».

Figurant dans la catégorie des historiens des mentalités de la RD-Congo, Jean-Richard Kambayi a désapprouvé l’hypothèse qui stipule que la colonisation belge au Congo était une «conquête pacifique». «Cela est un mensonge monstrueux tissé sur une longue conquête alors sanglante cousue dans la terreur, dans la violence généralisée qui, en fait, était la norme, appelée avec cynisme ‘’mission civilisatrice’’», a-t-il fait noter. Ce, avant d’expliquer: «c’est cela le Congo que le roi Léopold II a laissé à ses enfants; ceux-là même qui prendront le relai de la colonisation à partir de 1908 après sa mort. Et dire, qu’au début de la session extraordinaire du Parlement belge de 1930, il fit connaître, à cette instance, dans une lettre le contenu de son testament. Ici, le roi croit fermement qu’il a travaillé longtemps, uniquement pour son pays et qu’il souhaite de tout cœur que les Belges profitent de son labeur et de ses sacrifices pendant longtemps après lui».

A ce moment, la Belgique a vu grand et veut réellement devenir grande nation au cœur de l’Europe. La colonisation belge va commencer au cœur de l’Afrique. Les principes sont consignés dans la charte coloniale. Ainsi, de la politique de la terreur la plus sadique et barbare, la politique coloniale belge va s’appliquer à être résolument paternaliste estimant que leurs sujets étaient incapable de s’assumer et avaient, encore pour longtemps, besoin de Blancs afin d’accéder à la civilisation chrétienne blanche occidentale. Et voici un Etat colonial, un lieu de l’alliance tacite entre l’Administration coloniale, le Grand Capital et l’Eglise catholique. Tous travaillent pour un même et seul but: exploiter au maximum dans l’intérêt de la Belgique. Celle-ci deviendra-t-elle ainsi une grande et respectable nation dans le concert des puissances mondiales de l’époque.

Hénoc AKANO

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