Collision entre l’A350 d’Ethiopian Airlines et le B.727 de ServAir

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Un Airbus A350 d’Ethiopian Airlines desservant la ligne Addis-Abeba-Kinshasa s’est posé jeudi 15 mars 2018 sur la piste 24 de l’Aéroport international de N’Djili avant de dégager par la bretelle technique. Il a été pris en charge par le marshaler pour être conduit à son parking. C’est pendant toutes ces manœuvres qu’une collision s’est produite avec un Boeing 727 de la compagnie privée ServAir qui y était parqué pour des opérations de chargement. Au même moment d’autres aéronefs se trouvaient sur le tarmac, notamment un Antonov 26 d’Air Kasaï, un Boeing 737 de Gomair, un DC-8 cargo de Transair Cargo, etc.

Cette collision a soulevé un tollé de protestations ainsi que relancé les débats dans les milieux de la profession aéronautique sur la qualité des infrastructures aéroportuaires de N’Djili en rapport avec les recommandations pertinentes de l’Organisation de l’aviation civile internationale -OACI.

Pendant ce temps, le marshaler qui aurait dû intervenir en air de trafic et non pas sur une aire de manœuvre réservée en principe à un follow-me, a été pris comme un vulgaire malfrat par un OPJ pour besoin d’enquête. Les aériens craignent que cet agent au sol chargé de guider les pilotes ne perde son job alors que les projecteurs devraient plutôt se braquer sur le gestionnaire de l’aéroport.

N’Djili international resté à la traîne avec beaucoup de lacunes

Construit il y a plus de sept décennies -1956-, l’aéroport international de N’Djili comprenait en son sein la seconde piste la plus longue du monde après celle de John Fitzgerald Kennedy à New York. Il était conçu pour servir de site de diversion pouvant recevoir les engins spatiaux américains en cas de nécessité.

N’Djili a toujours accueilli tous les types d’aéronefs sans restriction, les plus gros porteurs de l’envergure des B.747, Iliouchine et autres Antonov, etc sans omettre le supersonique Concorde. Malgré les avancées significatives connues dans l’industrie aéronautique à travers la production des avions de nouvelle génération, cet aéroport est resté à la traîne et accuse beaucoup de lacunes.

Tel est l’avis partagé de beaucoup d’opérateurs aériens qui interviennent sur cette plate-forme. Selon le directeur des opérations terrestres de cette compagnie privée parlant sous le sceau de l’anonymat, l’aéroport international de N’Djili souffre d’une carence de marquage de stop au sol pour les avions en parking suivant leurs différents types tels que B.727, B.737, B.747, B.757, B.767, B.777, B.787, A319, A320, A321, A330, A340, A350, etc. Ceci pose un sérieux problème de parking quand on sait que les avions de nouvelle génération ont souvent des ailes plus longues avec des winglets en bout. Conséquence, le parking des avions en parallèle latérale et longitudinale, faute de place, etc. Les photos prises du satellite parlent d’elles-mêmes. D’où la recommandation pertinente sans cesse formulée depuis des décennies au gestionnaire des aéroports, la Régie des voies aériennes -RVA- pour l’arrêt de toutes les dispositions utiles en vue de s’adapter à toutes ces novations de manière à faciliter les déplacements des aéronefs sur les taxiways.

Exigence des réaménagements aéroportuaires urgents

Pour le directeur technique de cet autre opérateur cargo, les dirigeants de la RVA doivent s’investir dans la mise en œuvre des marquages conformes à l’annexe 14 de l’OACI pour éviter que les avions ne parquent sur des positions points d’arrêt non existants en fonction de leurs types . Il insiste sur la pertinence du marquage, de ligne de sécurité, de ligne de guidage, VCA, ZEC, point d’arrêt tels qu’enseignés dans les sessions de formation et qui doivent être représentés concrètement sur le tarmac et les pistes de dégagement. Ceci est un must car les avions de nouvelle génération exigent des réaménagements aéroportuaires importants comme la longueur et les espaces des accotements des taxiways, le marquage des center-lines, etc.

Voilà un dossier qui, au-delà des enquêtes qui seront menées par les structures compétentes du BPEA, mérite des réflexions approfondies de toute la profession ainsi que des mesures urgentes en vue de corriger toutes ces lacunes pourtant évitables.

YA KAKESA

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