Coincée par le Premier ministre, Madiya craque et démissionne

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Le Premier ministre Bruno Tshibala ne badine pas avec les ministres réfractaires à ses instructions relatives au régime d’intérim. Son courrier daté du 16 avril 2019 intimant à ces derniers l’ordre de rapporter tous les actes contraires à celles-ci a fait craquer Astrid Madiya Ntumba. Dans une lettre fuitée samedi 19 avril par son propre entourage, la ministre de la Culture et Arts a annoncé au Chef du gouvernement sa démission du ministère des Sports et Loisirs, où elle a fait à peine 45 jours!

«Devant cette impasse orchestrée, vous m’intimez l’ordre de rapporter toutes affaires cessantes, les actes posés par moi pendant mon intérim aux Sports alors que j’étais en train de rétablir l’ordre et la discipline. L’humiliation dans laquelle vous voulez me plonger en me demandant de rapporter entre autres l’acte de révocation des collaborateurs irrévérencieux me laisse effarée», a-t-elle justifiée.

Le même samedi dans la soirée, Madiya a également fait circuler une vidéo, dans laquelle elle a entrepris de se victimiser, accusant les membres du cabinet des Sports et Loisirs d’avoir fermé les bureaux et l’avoir empêchée de travailler.

Les méfaits de Madiya

Les contradicteurs ont vite fait de dénoncer la supercherie de Madiya. La ministre intérimaire démissionnaire n’a pas osé dire la vérité dans sa lettre de démission et la vidéo postée dans les réseaux sociaux pas ses soins. La vérité, selon les membres du cabinet, est que cet extrait a été filmé à partir de son téléphone seulement 48 heures après la remise et reprise avec l’ancien ministre des Sports et Loisirs, Papy Niango.

«C’était exactement le 9 mars 2019. Ce jour-là, sans avertir personne, Madame la ministre est arrivée au cabinet pendant que les agents étaient en pause. Normal que ses bureaux soient fermés ainsi que ceux de ses collaborateurs que nous sommes», a rétabli un conseiller aux Sports et Loisirs, précisant que la ministre aurait été prise au sérieux si elle avait aussi fait filmer la réunion au cours de laquelle elle avait exigé aux membres du cabinet des Sports et Loisirs de procéder à une autre remise et reprise avec ceux du cabinet de Culture et Arts. 

Il est rapporté qu’à cette occasion, Madiya s’est amenée uniquement pour chercher l’arrêté qu’elle a signé la veille graciant Léon Mvila, l’ex-président radié de la Fédération congolaise de luttes associées -FECOLUTTA. Compté parmi les actes attaqués par le Premier ministre, l’arrêté pris en faveur de Mvila l’a été en violation de la Loi sur les associations sans but lucratif -ASBL. Mvila  a été radié de la FECOLUTTA pour «affaire ngulu», falsification frauduleuse des statuts et du règlement intérieur et imitation des signatures du Secrétaire général de la Fédé. Dès lors, l’empressement de Madame la ministre à le sceller et signer a éveillé des soupçons. Qu’avait-elle d’aussi urgent autour de cet acte décrié par tous? Selon les informations, Madame l’intérimaire a cédé après avoir reçu du radié la promesse ferme de lui accorder 30% des frais de mission accordés à la délégation de la FECOLUTTA invitée aux Championnats d’Afrique de Tunis.Outre le deal avec Mvila, il est aussi rapporté que Madame la ministre ai des Sports a fusionné ou fait fusionner le cabinet de la Culture et Arts et celui des Sports et Loisirs. Les invitations lancées à différentes structures du monde de football ainsi que le communiqué signé par son conseiller en communication dans le cadre des préparatifs du dernier match des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Libéria et la RD-Congo en disent long.

A en croire les sportifs, au nombre de méfaits commis par Madiya durant son court intérim figurent également les décisions édictées par excès des pouvoirs, la légèreté dans la gestion des dossiers, notamment la traque des dirigeants sportifs en quête des commissions. «Madame a oublié de dire au Premier ministre qu’elle était derrière les fédérations pour exiger 20% avant de signer chaque ordre de mission», a-t-on également ironisé à travers les commentaires dans les réseaux sociaux. 

Au Stade des Martyrs, les agents n’arrivent pas à s’expliquer comment et pourquoi Madame la ministre ai a juré de combattre le contrat Orange dont les recettes atterrissent régulièrement dans les caisses du stade et aident à assurer les salaires, au profit de l’agence Dispromalt. Une maladresse qui oblige les employés à rappeler à Madiya la saga judiciaire devant les Cours et Tribunaux de Kinshasa, surtout lui dire qu’à Matete, outre la résiliation du contrat léonin qui le liait au Stade des Martyrs, Dispromalt, à qui elle a voulu faire la part belle, a été condamnée à payer des arriérés des loyers échus ainsi que des dommages et intérêts. Tino MABADA

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