Boshab: ses 5 propositions pour un fonctionnement optimal du Sénat

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Candidat du FCC à la 1ère vice-présidence du Sénat, Evariste Boshab a dévoilé mercredi ses 5 propositions pour un fonctionnement optimal de la chambre haute du Parlement RD-congolais. Il s’agit, pour les trois premières, de l’amélioration du social des sénateurs, appelés à produire un travail de qualité, de la protection des droits des provinces via la priorité à accorder au vote des lois leur consacrées et de la protection des droits de l’Opposition déclarés sacrés par le constituant.

Nanti d’une longue expérience de l’État, Boshab propose en quatrième lieu d’apporter « les correctifs nécessaires et utiles pour la représentation des femmes dans les commissions et sous-commissions ainsi que dans les instances interparlementaires ».

La cinquième proposition porte sur le souci de la recherche du consensus face aux questions essentielles, au lieu de l’automatisme du vote, et de se remettre régulièrement en cause pour accueillir les sensibilités nouvelles qui viendraient à naître au sein du Sénat. Boshab a aussi évoqué les sanctions « occidentales iniques » infligées à certaines personnalités RD-congolaises dont lui-même, privées du droit de défense, laissant entendre qu’elles ne sauraient empêcher le fonctionnement de la République. Ci-après, l’intégral de son adresse aux sénateurs.


Discours d’Evariste Boshab

Honorable Président du Bureau provisoire ;
Honorables Membres du Bureau ;
Honorables Sénateurs et très chers collègues,
Nous nous présentons, par devant cette auguste chambre pour solliciter votre confiance, afin qu’ensemble nous puissions maintenir la tradition et le prestige de cette chambre, consistant à chercher, en toute circonstance, l’équilibre et non l’équilibrisme, face à la défense de l’intérêt général.
Sans votre confiance, rien ne peut se faire dans cette chambre des sages. La confiance est le dépassement de nos intérêts personnels pour assigner à notre action quotidienne le coefficient du sens de notre mandat qui n’est pas impératif. Représentants nos provinces, notre mandat est cependant national, c’est cette jonction sinon ce dépassement qui fait la beauté du mandat de Sénateur.
Avons-nous un programme précis à vous proposer ? Point du tout, parce qu’il s’agit d’une œuvre collective, d’un travail de groupe qui nécessite l’apport de chacun de vous. Cependant, quelques idées peuvent être avancées : la rétrocession due aux provinces, la création de nouvelles villes, l’incidence du pouvoir coutumier sur le fonctionnement des provinces, les nouvelles unités non payées dans les administrations de l’Etat, particulièrement dans l’enseignement primaire et secondaire, les paradoxes de certaines lois qui ne débouchent pas nécessairement sur les résultats escomptés, une réflexion générale sur les salaires, sans omettre le sens et l’essence de la justice,
ce sont là des thèmes qui vont nous préoccuper, ensemble, afin que nous apportions, entant que chambre, notre pierre à la construction de notre pays.
Mais bien avant, il convient de nous présenter brièvement auprès de vous. Qui est Evariste BOSHAB qui sollicite humblement votre confiance par l’expression favorable de vos suffrages, sans prétention aucune ? Issu d’une famille très modeste, d’une mère qui ne savait ni lire ni écrire mais qui avait fait des études de ses enfants un point d’honneur: nous sommes le fait de cette femme là et d’un père simple enseignant dans un village perdu du Kasaï, nous avons fait nos études primaires et secondaires chez les pères Joséphites, avant d’entamer les études de droit que nous poursuivons jusqu’à ce jour. Oui, nous sommes enseignant du droit. Quiconque accepte d’enseigner, s’astreint à étudier, chaque jour, pour être digne de se présenter devant les apprenants.
Nous donc apprenons chaque jour. C’est pourquoi, avec vous nous apprendrons davantage.
Nous avons eu la chance non seulement d’étudier le fonctionnement des institutions de l’Etat, mais aussi d’y œuvrer. Nous ne pouvons donc pas parler de notre modeste expérience, parce que le Sénat est une nouvelle découverte pour nous.
Pour peu que nous connaissions le pouvoir législatif, nous avons été député National de 2007 à mars 2019.
S’agissant du pouvoir exécutif, un bref passage au ministère de l’Intérieur nous a familiarisé avec la commission des lois au moment où il fallait rendre effectives les 26 provinces prévues par la Constitution.
Pour ce qu’est du pouvoir judiciaire, c’est sous l’angle de la défense des intérêts des citoyens que nous le connaissons. Auxiliaire de la justice et donc Avocat près la Cour d’Appel de Kinshasa Gombe depuis bientôt 32 ans, rien ne nous permet cependant une quelconque prétention.
Telle est, chers collègues, notre petite connaissance de l’Etat que nous entendons pouvoir enrichir avec le concours de chacun de vous, dès lors que vous nous aurez fait confiance.
Ce mandat, sera celui des réformes où notre chambre devra donner sa contribution en évaluant le fonctionnement des institutions depuis la loi des lois du 18 février 2006. Il s’agit de se demander où va la République pour lui éviter toute forme de turbulence. Il s’agit également de s’interroger si un budget si modeste peut permettre à notre pays de décoller. Tout doit être entrepris à cet effet pour accroitre le budget de l’Etat pour quitter le stade de la survie pour la vie.
Cependant pour que les réformes à venir s’engagent dans les meilleures conditions, une réflexion approfondie s’impose prioritairement sur le plan social en vue de placer les honorables sénateurs à l’abri du besoin. Plusieurs pistes exploitables sont possibles à cet effet. Le Bureau définitif qui sera mis en place devra, avec l’ensemble des sénateurs s’investir pour la meilleure manière d’y parvenir, car si le sénateur n’est pas à l’aise, c’est la qualité des lois qui en prendra le coup.
Emanation des provinces, il est indiqué que les sénateurs obtiennent que toute loi qui aurait pour objet les droits des provinces soit examinée, en priorité, par notre chambre.
La protection des droits de l’opposition qui sont déclarés sacrés par le constituant,
les correctifs nécessaires et utiles pour la représentation des femmes dans les commissions et sous commissions ainsi que dans les instances interparlementaires, la recherche du consensus face aux questions essentielles, au lieu de l’automatisme du vote, et se remettre régulièrement en cause pour accueillir les sensibilités nouvelles qui viendraient à naître au sein notre chambre, sont là également quelques pistes à exploiter, ensemble, pour le fonctionnement optimal de notre chambre.
Les défauts ? Nous en avons certainement, mais nous avons aussi la certitude qu’au contact quotidien avec les femmes et les hommes de qualité comme vous mes collègues, par l’effet de la contamination, nous ne pourrions que nous améliorer pour rencontrer vos attentes.
Honorables Sénateurs,
Lorsqu’on défend la souveraineté de son pays dans ce système international westphalien où les principes et pratiques ont été érigés sans l’Afrique, sinon contre l’Afrique, la main invisible vous happe, vous brise et vous écrase pour obtenir votre silence en vue de servir d’exemple, en créant la peur afin qu’il n’y ait pas d’autres émules.
C’est la raison d’être des sanctions sur le plan international où la présomption de l’innocence et le droit de la défense sont bafoués. Ces sanctions iniques peuvent-elles empêcher le fonctionnement régulier d’une chambre haute ? La réponse est négative, parce que la diplomatie parlementaire est menée par le Président du Sénat, les autres membres du bureau et l’ensemble des sénateurs jouant, par moments, ce rôle tant que faire se peut.
Le Président Léon Kengo disait toujours que ceux qui prétendent avoir les mains propres n’ont jamais travaillé, car par le travail non seulement la sueur du front peut salir vos habits, mais aussi on peut involontairement être éclaboussé. Toutefois, la boue salissante sur vos habits ne crie pas qu’elle est d’origine volontaire ou involontaire. C’est ainsi que l’on est souvent condamné sans avoir été jugé.
Notre chambre a-t-elle besoin des hommes parfaits ? Malheureusement, ceux-là n’existent pas dans cette vallée des larmes, ils meublent plutôt les cimetières. Est-ce à dire qu’il n’aurait pas des principes fondamentaux pour prétendre accéder au plateau de notre chambre ? La réponse est négative, puisque sans principes, il n’y a point des balises et sans balises, le naufrage est certain. C’est pourquoi,la probité morale, l’esprit d’ouverture et d’équipe, la détermination à accomplir la tâche assignée, le respect et la courtoisie envers les collègues, la promptitude à répondre aux questions essentielles qui se posent à notre chambre, sont là, chers collègues, quelques critères sur lesquels vous aurez à nous juger lorsque vous vous trouverez face aux urnes. Oui chers collègues nous avons parlé du plateau puisque la taxinomie est importante, car au Senat, c’est le plateau tandis que le perchoir c’est à l’assemblée, il s’agit des chambres jumelles, mais pas des jumelles univitellines.
Comment ne pas, dès lors, vous demander à nous accorder massivement vos suffrages, car vos aspirations et vos préoccupations constitueront le leitmotiv de notre action commune.
Honorable Président du Bureau provisoire,
Honorables sénateurs et très chers collègues,
Nous nous sommes adressé à vous en utilisant nous, il ne s’agit pas d’un pluriel de majesté, mais plutôt d’une conviction, une profession de foi, selon laquelle rien ne se fera sans vous. Nous, c’est vous avec nous, c’est-à-dire qu’ensemble nous chercherons toujours les voies et moyens pour trouver les meilleures solutions dans l’intérêt de notre pays et de notre chambre. Nous, c’est le respect qui vous est dû, car sans votre accord, personne, alors personne ne peut siéger au plateau de notre chambre.
Dans l’espoir que moi c’est ensemble avec vous et donc nous, notre espoir du vote favorable à notre égard est fondé.
Je vous remercie.
Fait à Kinshasa, le 24 juillet 2019
Evariste BOSHAB

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