La DGDP alimente la maffia foncière au Nord-Kivu

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Qui est à la base d’une vaste entreprise d’expropriation des concessions agropastorales et centres d’adaptation des semences améliorées -CAPSA Kisuma- dans la province du Nord-Kivu? Reconnue région agropastorale, la province du Nord-Kivu fait face à une maffia orchestrée par Dunia Bakarani, ancien député national de la législature 2006-2011 emprisonné pendant une année au Rwanda en plein mandat. Il y a des présomptions que cet ancien élu a pu manipuler la Direction de gestion de la dette publique -DGDP-, impliquée dans ce qui ressemble  à une campagne d’expropriation des fermes des particuliers dans le territoire de Masisi. Pour essayer de justifier cette maffia foncière, la DGDP a entrepris de se réfugier derrière le prétexte fallacieux selon lequel ces concessions agropastorales étaient des biens zaïrianisés en 1973 et 1974 dont les acquéreurs de l’époque n’avaient jamais apuré leurs créances vis-à-vis de l’État RD-congolais. L’astuce a vraisemblablement donné à l’ancien député Dunia l’opportunité d’adresser à la DGDP une demande d’attribution d’une dizaine de concessions couvertes par des titres devenus inattaquables et sérieusement mises en valeur par les propriétaires. Parmi les victimes de cette équipée sauvage: CAPSA Kisuma et la concession Buhimba, pourtant couverte par le certificat d’enregistrement Vol 04/06 Folio 052 du 31 janvier 2013 et donc devenu inattaquable aux yeux de la loi.

Fausses listes des biens zaïrianisés

Les personnes proches du dossier affirment qu’après vérification, il s’est avéré que les concessions convoitées par la DGDP et l’ancien député Dunia n’ont jamais été concernées par les mesures de zaïrianisation. Mais, par une malice bien calculée et en complicité avec certains responsables de la DGDP, des listes incluant ces concessions parmi les biens zaïrianisés ont été récemment confectionnées. CAPSA Kisuma et la concession Buhimba sont malicieusement reprises sur cette liste. Des sources rapportent que les démarches de la DGDP pour fabriquer des fausses lettres d’apurement en faveur des prédateurs se sont heurtées au refus de l’ancien ministre des Finances Henri Yav. «En homme averti et expérimenté, l’argentier a certainement pu se rendre compte que ces demandes d’acquisition des fermes et des particuliers et de l’État n’étaient qu’une vaste escroquerie pouvant occasionner des guerres de terre dans cette province déjà meurtrie par d’autres conflits armés», racontent des sources. Yav a logiquement bloqué Dunia Bakarani et ses amis de la DGDP. Au courant de la situation, l’ancien gouverneur Julien Paluku et l’ex-speaker de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Jules Hakizumwami, avaient eux aussi dénoncé cette maffia immobilière initiée par sieur Dunia. Ce dernier ne désarme pas cependant. Selon nos informations, il envisage d’approcher le nouveau ministre national des Finances et le nouveau gouverneur au Nord-Kivu pour tenter de les embarquer dans son aventure, espérant obtenir frauduleusement les titres d’apurement que Yav lui a refusés en vue de spolier la concession de Buhimba et CAPSA Kisuma, un domaine privé de l’État. C’est mal connaître la rigueur qui caractérise le nouveau locataire du ministère des Finances. Entre-temps, des sources crédibles laissent entendre que sieur Dunia a réussi à instrumentaliser l’ex-vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur intérimaire Basile Olongo. À en croire les avocats de CAPSA Kisuma, Basile Olongo a rédigé une correspondance sans qualité aucune en faveur de Dunia, présenté comme bénéficiaire de la concession de CAPSA Kisuma de la part de la DGDP. Dunia s’est servi de cette lettre de Basile Olongo pour obtenir le déploiement des éléments armés dans la concession de CAPSA Kisuma. Pourtant, le Chef d’État-major général des FARDC avait donné aux autorités de la 34ème Région militaire des instructions interdisant aux militaires et aux éléments de la PNC de s’immiscer dans les dossiers fonciers. Les avocats de CAPSA Kisuma appellent les nouveaux ministres des Finances, des Affaires foncières et de la Défense nationale d’ouvrir l’œil. KISUNGU KAS

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