Papy Niango met en garde contre la dérive institutionnelle

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Les récentes ordonnances présidentielles nommant les hauts cadres à la Société nationale de chemin de fer du Congo -SNCC- ainsi qu’à la Gécamines ne cessent de faire couler encres et salives. Le débat s’est invité à la tribune de l’Assemblée nationale au cours de sa séance plénière du vendredi 7 juin 2019.

A cette occasion, des députés ont sollicité la parole en vue de fustiger et dénoncer le caractère «inconstitutionnel» de ces deux ordonnances publiées dans la soirée du lundi 3 juin dernier. Très remonté par cette initiative, le FCC Papy Niango, député réélu de Bandundu-Ville, a qualifié de «dérive» la démarche de certains députés FCC. «Passer près de 5 minutes en train de débattre d’une ordonnance présidentielle, c’est pousser notre dérive un peu plus loin», a-t-il déclaré à la presse avant de faire remarquer: «Madame la présidente, en accordant la parole, telle que sollicitée pour la motion, l’a annoncée comme étant une motion d’information. Suivant le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, une motion d’information intervient à la queue d’une plénière pour l’intérêt d’apporter une information, une communication». Puis: «Cependant, l’intervenant lorsqu’il prend la parole, ne dit pas qu’il vient apporter une information mais dit intervenir sur fond d’une motion incidentielle et évoque même la base légale de son intervention».

A scruter les propos de l’ancien ministre des Sports et Loisirs, une motion incidentielle porte soit sur le contenu de l’ordre du jour soit sur un point de vue soumis à débat. «On ne peut pas profiter du pupitre de l’Assemblée nationale pour remettre en cause l’autorité du Président de la République», a-t-il décrié, non sans appeler les lésés à saisir les cours et tribunaux. «Celui qui considère qu’il est lésé par les ordonnances du Président de la République parce qu’elles sont illégales, inconstitutionnelles, inappropriées, saisit le juge habileté», a conseillé Niango. Et de marteler: «Quelles que soient nos opinions, nos bords politiques, nous devons dire que là nous exposons la République à un penchant de dérive. Jamais, jamais alors, quel que soit son déviationnisme, le Président de la République peut décider et l’Assemblée nationale, à défaut le Sénat, se prononcer quant à ce». Papy Niango a fait mouche. Il est devenu la vedette sur la toile. La vidéo de l’intervention de cet avocat de 45 ans a fait le buzz, surtout dans les milieux où l’on considère que la classe politique a besoin des acteurs respectueux des textes et soucieux de la qualité du débat politique et de la cohabitation pacifique et apaisée entre le FCC et le CACH. Loin de vouloir prendre la défense du Président de la République, Félix Tshisekedi, Papy Niango a précisé que sa démarche ne consiste pas à dire si ces ordonnances sont conformes ou pas mais à éviter de laisser des intelligences de la Chambre basse s’enfoncer dans la «dérive».

Laurent OMBA

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