Processus électoral: Les recommandations de Timothée Mbuyu au Conseil de sécurité

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En ce moment où les regards des RD-Congolais sont rivés vers le processus électoral, le Conseil de sécurité des Nations unies tient des discussions sur l’avenir de la MONUSCO et va rendre une résolution le 28 mars prochain. Soucieux d’apporter une contribution à ces discussions houleuses, Timothée Mbuyu, avocat au barreau de Lubumbashi et Directeur exécutif de Justicia ASBL, a formulé quelques recommandations dans le sens d’éviter au pays «de retomber dans une crise majeure qui impacterait sur tous les pays de la sous-région de l’Afrique centrale et australe».

C’était à la faveur d’une conférence de presse tenue mardi 20 mars 2018. De l’avis de cette ONG RD-congolaise de promotion et de défense des droits de l’homme basée à Lubumbashi, le processus électoral en RD-Congo étant en sa phase irréversible, quelques ajustements s’imposent pour la fiabilité et la crédibilité des élections. En ce sens, elle est convaincue que l’ONU peut jouer un grand rôle dans le développement positif de la situation en RD-Congo en vue des élections transparentes, crédibles et apaisées.

Considérant cet apport, Justicia ASBL a sollicité l’implication des Nations unies dans le processus électoral «afin de rassurer les acteurs politiques ainsi que la population en accroissant la sécurité en faveur de ceux qui prennent part à des manifestations politiques pacifiques et en s’opposant contre les atteintes aux droits de l’homme». Au sujet de la machine à voter, proposée par la Commission électorale nationale indépendante -CENI- comme un moyen efficace pour tenir les élections au 23 décembre 2018 et éviter les fraudes électorales. «Au-delà des inquiétudes sur sa non fiabilité, le Conseil de sécurité devrait s’opposer à son utilisation dans un processus électoral hautement sous tension», a argué Timothée Mbuyu, expliquant qu’il n’existe pas suffisamment d’experts pour tester ces machines et former les populations qui n’ont jamais eu accès à une machine électronique. Le directeur exécutif de Justicia a estimé que la nouvelle loi électorale résout la question du regroupement des partis politiques et va empêcher la mise en place d’un bulletin de vote pléthorique. «Dans le même sens, le Conseil de sécurité des Nations unies devrait s’activer pour augmenter le financement des élections que se contenter des simples promesses non tenues ou insuffisantes», a-t-il martelé. Et d’enchaîner: «le Conseil de sécurité devrait aussi veiller à la mise en place d’un comité international d’accompagnement du processus électoral pour apporter un appui technique et s’assurer de la bonne gestion des ressources en sa disposition». Selon Timothée Mbuyu, ce comité aura la charge d’aider à crédibiliser le processus électoral.

En vue de contribuer à l’arrêt de la recrudescence de l’insécurité à l’Est de la RD-Congo, l’ONG Justicia a suggéré au Conseil de sécurité d’accorder plus de moyens financiers à la brigade d’intervention de la MONUSCO afin de lui permettre de mieux appuyer les FARDC. L’ONG a insisté sur le fait que le mandat puisse être impérativement renforcé.

Laurent OMBA

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