Eteni Longondo: «Nous devons changer nos mentalités pour développer la RD-Congo»

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Secrétaire général adjoint en charge des Finances et logistique à l’UDPS/Tshisekedi, Dr. Eteni Longondo s’est confié aux médias dans l’émission «Magazine d’actualités pour tous» animée par Benjamin Kabwanga Bukasa Tshinayi de la «RTNC 3/Institutions» et à laquelle a été associé Octave Mukendi du trihebdomadaire «AfricaNews» paraissant à Kinshasa. Les questions liées à la situation politique en RD-Congo, aux 100 jours du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la tête du pays ainsi qu’à la débâcle des candidats de l’UDPS aux sénatoriales sans oublier la crise déclenchée par la désignation de Jean-Marc Kabund comme président ad intérim de l’UDPS ont été décortiquées. Ce cadre de l’UDPS appelle tous les RD-congolais à soutenir Félix Antoine Tshisekedi dans son programme pour le développement du pays. Entretien.

Comment allez-vous?

Je me porte très bien. C’est pourquoi je suis devant vous.

Dites-nous à quoi est dû votre échec aux élections des sénateurs où vous aviez postulé comme candidat indépendant?

Vous savez ce qui s’est passé par rapport aux allégations de corruption aux sénatoriales. Cette situation a poussé le Président de la République à demander aux Procureurs généraux de la République de mener des enquêtes pour établir les responsabilités. Ces enquêtes sont en cours, nous attendons les résultats. Toutefois, je vais dire que c’était honteux pour notre pays que les élus du peuple au niveau des Assemblées provinciales puissent tourner contre le peuple pour leurs propres intérêts, en acceptant d’être corrompus par des candidats sénateurs.  Concernant l’UDPS, comment se fait-il qu’avec 12 députés, calcul fait, nous n’ayons aucun siège alors que nous devrions en avoir 3. Nous sommes en train de chercher les causes de cette débâcle au niveau de l’UDPS, soyez rassurés, il y aura des sanctions.

Non seulement vous, tous les candidats/UDPS ont échoué aux sénatoriales?

Bien sûr. D’abord, il faut avouer que l’UDPS n’a pas eu beaucoup de députés dans les Assemblées provinciales. Néanmoins, à Kinshasa où j’ai postulé, il y en a eu 12. S’ils avaient voté selon le mot d’ordre du parti, je ne dis pas c’est obligatoire car les députés peuvent voter selon leurs convictions, on aurait pu avoir quelques sénateurs. Malheureusement, on n’en a eu aucun. C’est pourquoi nous avons mis en place des mécanismes pour que les membres de l’UDPS ne puissent plus tomber dans les actes de corruption lors du vote. Et ceux qui s’hasarderaient, seraient punis sévèrement. Nous avons lutté pendant 37 ans pour transformer ce pays et éradiquer des antivaleurs. Nous ne pouvons pas admettre que nos membres, une fois élus, puissent tremper dans les travers.

Ne pensez-vous pas que l’UDPS est mal parti?

Non! Nous sommes en train de remettre de l’ordre. Avec les élections des gouverneurs notamment à Kinshasa, tous nos députés provinciaux sont revenus à la raison et ont voté pour le ticket de l’UDPS. Notre candidat a obtenu 12 voix représentant nos 12 députés provinciaux même s’il n’a pas été élu faute des voix requises.

Vous êtes cadre de l’UDPS et vous postulez comme indépendant. Quels en sont les mobiles?

C’était stratégique au niveau de l’UDPS. Nous avions 5 candidats. A cause du calcul lié au taux du seuil que la loi électorale impose, il fallait monter des stratégies pour atteindre ce seuil. Il y a eu 3 candidats qui ont porté les couleurs du parti. Jacquemin Shabani et moi avons postulé comme indépendant.

Comment avez-vous réagi lorsque les combattants de l’UDPS en colère contre la débâcle de leur parti aux sénatoriales se sont attaqués aux députés provinciaux et ont même posé des actes de vandalisme à Kinshasa sur leur route vers la Cité de l’Union africaine voire le Chef de l’Etat?

A part le débordement qu’il y a eu à Kinshasa, on a enregistré un mort à Mbuji-Mayi. Ce qui est condamnable. Mais en dehors de ces actes, les combattants de l’UDPS avaient raison vis-à-vis de nos députés provinciaux qui n’ont pas élu un seul sénateur pour le parti. Nous déplorons ces violences car l’UDPS a toujours lutté dans la non-violence, c’est ce que nous a légués feu président de l’UDPS Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Pas de place à la violence au sein de l’UDPS.

Après que les combattants aient rencontré le Président de la République, une commission d’enquête sur les présumés faits de corruption des députés provinciaux a été mise en place à l’UDPS. Où en est-elle dans sa démarche?

Jusque-là, nous sommes en train de constituer cette commission. Cela est dû au fait qu’après les élections, beaucoup de candidats étaient occupés à saisir les instances compétentes en contentieux électoraux. Il y a eu également l’élection du bureau de l’Assemblée nationale. Maintenant que nous sommes libres, nous nous attelons à mettre en place cette commission d’enquête.

Il y a un malaise au sein de l’UDPS en rapport avec la désignation de Jean-Marc Kabund-a-Kabund pour assurer l’intérim du Président Félix Tshisekedi mis en disponibilité puisqu’élu Président de la République. La Convention démocratique ainsi que la Commission électorale permanente du parti, structures censées faire partie de l’équipe de l’intérim montent au créneau. Pourquoi les autres refusent d’instituer le triumvirat intérimaire à la tête de l’UDPS conformément à l’article 26 de vos statuts?

Je demanderai à mes frères Jacquemin Shabani et Victor Wakwenda ainsi qu’aux autres d’essayer de réfléchir avant d’agir. Avant qu’ils ne puissent se plaindre, j’ai appelé certains d’entre eux et je leur ai parlés comme nous avons un seul parti: l’UDPS. Je crois que c’est un parti très difficile à diriger car étant un parti de masse. Ce qu’il faut éviter c’est la dislocation du parti. C’est une situation qu’il faut gérer avec sagesse et prudence. Nous ne pouvons pas, au niveau du parti, toujours aller voir notre autorité morale et le bourrer des problèmes. Il a déjà beaucoup de problèmes à résoudre en sa qualité de Président de la République et a beaucoup de préoccupations concernant le pays en dehors du parti. Il n’est plus président du parti, il faut le laisser tranquille pour qu’il s’occupe de la gestion du pays et fasse de sorte que le social des RD-Congolais s’améliore et que le pays puisse atteindre quand même le niveau d’émergence. Comme les linges sales se lavent en famille, je les appellerai pour qu’on puisse parler entre nous et trouver une solution. Je n’ai pas à dire plus.

Mais que se passe-t-il au juste au sein de l’UDPS?

Comme je l’ai dit, c’est un problème interne. Il y a ceux qui contestent la désignation de Jean-Marc Kabund comme président ad intérim du parti et propose l’intérim à trois, à savoir: le secrétaire général, le président de la CEP et celui de la Convention du parti. Chacun donne son interprétation aux statuts. Je pense qu’il y a manque de communication. Mais il y a une accalmie, les gens vont se mettre ensemble pour aller de l’avant.

Les deux tendances de l’UDPS se sont retrouvées dimanche 12 mai autour du Président Félix Tshisekedi. Qu’est-ce qui a filtré de cette rencontre?

Il faudra attendre une information officielle. Je n’étais pas là. Je ne peux pas dévoiler ce qu’ils se sont dits. Ceux qui étaient là vont vous le dire au moment opportun. 

Le Président Tshisekedi prône le respect des textes. Pourquoi a-t-il violé l’article 26 des statuts de l’UDPS en désignant son intérimaire?

Violer les statuts, c’est vous qui le dites. Quant à moi, j’estime que le Président Tshisekedi n’a pas violé les statuts de l’UDPS. C’est un problème d’interprétation, il faut laisser au parti trouver une solution à l’interne. Nous sommes déjà sur la bonne voie et la solution sera trouvée d’ici-là.

En tant que cadre de l’UDPS, comment évaluez-vous les 100 premiers jours de Président Tshisekedi au pouvoir en se basant sur le programme qu’il avait annoncé le 2 février dernier?

Les 100 premiers jours du Président à la tête du pays constituent, pour moi, à la fois une réussite et un espoir pour le peuple RD-congolais. C’est une réussite parce que je vais vous énumérer quelques réalisations. Au niveau politique, il y a eu libération des prisonniers politiques et d’opinion. Les personnalités qui constituaient de cas emblématique comme Franck Diongo, Eugène Diomi Ndongala et autres ont été libérés et sont libres. Au niveau des infrastructures, des routes sont en train d’être réhabilitées à Kinshasa et à l’intérieur du pays. Les 100 jours dont on parle c’est juste pour assurer à l’opinion de quoi le Président Tshisekedi sera capable pour reconstruire notre pays. C’est une méthodologie de travail car tout ne se limite pas aux 100 jours. Il y a des travaux qui vont continuer au-delà de 100 jours. Cependant, il y a des travaux qui sont déjà finis notamment des écoles qui étaient en cours de construction depuis la législature passée et des hôpitaux. Ce sont des signaux qui poussent les RD-Congolais à faire confiance au nouveau Président de la République. J’invite la population à soutenir les actions du Chef de l’Etat. Nous sommes venus avec un changement et nous devons imposer ce changement au Congo. Pour aller de l’avant, nous devons changer nos mentalités et changer les choses. Nous allons lutter contre la corruption, le détournement des deniers publics et l’impunité.

Propos recueillis par Octave MUKENDI 

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