Soins à l’avortement: une brigade numérique en gestation

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«Vaincre les rumeurs et fakenews sur l’avortement en donnant la bonne information», tel était l’objectif de l’atelier de Clarification des valeurs et transformation des attitudes -CVTA- organisé par l’ONG Ipas à l’intention des journalistes, bloggeurs et membres d’associations de défenses des droits de l’homme, en particulier les droits des femmes. Trois jours durant, du lundi 16 au mercredi 18 décembre, ces jeunes «champions» ont été outillés sur les attitudes positives vis-à-vis des avortements. Cet atelier s’est inscrit dans le cadre du projet Sprint/RDC opposition qui vise à élaguer toutes les rumeurs propagées en ligne et en rapport avec les questions des soins complets d’avortement sécurisé centrés sur la femme. «Le numérique est un atout pour partager des évidences et des informations, mais une arme entre les mains de l’opposition», a circonscrit Patrick Djemo, représentant-pays Ipas. Cependant, il ne sera pas question, a-t-il précisé, de chercher à convaincre quiconque plutôt de donner la bonne information en premier. Désormais outillés, ces jeunes peuvent dès lors rédiger une bonne information sur les soins complets à l’avortement. Les différents intervenants ont exposé sur la santé sexuelle et reproductive mais également sur le cadre légal RD-congolais en matière d’avortement. Des exercices sur les évidences ont été initiés dans le but de transformer leur fondement cognitif et psycho social sur les questions d’avortement. Constitutionnellement laïque, la RD-Congo reste un pays très chrétien et les questions des droits à l’avortement demeurent sujettes à controverses et ce, malgré une avancée du cadre légal. Depuis le 14 mars 2018, le Protocole de Maputo est publié dans le Journal officiel de la RD-Congo, consacrant ainsi l’opposabilité de ce premier instrument de droit international juridiquement contraignant sur les droits de la femme. Adopté sans réserve en 2003 puis ratifié en 2008, le Protocole est resté dans les tiroirs 10 ans durant suite aux sensibilités que l’article 14 alinéa 2, point c heurtaient. L’article à problème dépénalise l’avortement «en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus». Pour encadrer cette disposition légale, des normes et directives sur les soins complets d’avortement sont en phase de finalisation.

En RD-Congo, Guttmacher estime la mortalité maternelle à 643 pour 100.000 naissances vivantes. L’avortement clandestin, 17%, étant la deuxième cause après les hémorragies.

Dandjes LUYILA

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