L’affaire qui fâche les médecins

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Le mal est profond, très profond même. Il touche tous les secteurs de la vie nationale où l’impunité, la corruption, le détournement des deniers publics ainsi que le coulage des recettes publiques ont élu domicile depuis des décennies sans que personne n’y mette le holà. Les mêmes maux tant décriés rongent aussi le secteur sensible de la santé publique. Selon les informations en notre possession et au regard des listings établis par l’Inspecteur général à la Santé, plusieurs médecins fictifs se sont infiltrés au ministère de la Santé notamment dans ses différentes structures administratives et hospitalières. La situation allant de mal en pis, ces médecins généraux, internes, régents et juniors touchent indûment la prime de risque. Il n’y a pas d’autres qualificatifs pour eux que d’être taxés de fictifs. Comment des personnes respectables qui exercent un métier aussi noble sont-elles tombées si bas au point de devenir des agents fictifs? Les sources crédibles confient que les porteurs des stéthoscopes avec la blouse blanche sont considérés comme fictifs du fait qu’ils touchent la prime de risque dans des structures où ils ne prestent pas et où ils ont déjà cessé de prester étant appelés à d’autres fonctions. Aussi curieux et révoltant que cela puisse paraître, les noms de certains anciens ministres figurent sur cette liste. C’est le cas de Victor Makwenge Kaput, ancien ministre de Santé, listé au n°338 comme nouvelle unité. Il y a aussi un faux médecin, neveu d’un ministre de la République, qui a commencé à être servi depuis des années à l’université, à en croire plusieurs sources du secrétariat général à la Santé.  Malgré la bancarisation, la présence des fictifs sur la liste de paie de la prime de risque continue de narguer l’Etat au point de donner l’impression d’une complicité ou d’une démission du pouvoir public face à cette gangrène. Quand on sait que ceux qui travaillent normalement n’ont même pas de salaires qui leur permettent de renouer les deux bouts du mois, il y a de quoi interpeller les décideurs dans les hautes sphères de l’appareil de l’Etat. Disons-le sans ambages, cette affaire fâche les médecins qui se donnent corps et âme dans leur métier sans percevoir en retour leur dû. Voilà pourquoi depuis quelque temps, les disciples d’Hippocrate sont montés au créneau pour fustiger toutes ces injustices et antivaleurs qui ternissent leur sermon. A la faveur du vent qui souffle avec l’avènement du nouveau pouvoir, la moindre des choses que le commun des mortels puisse réclamer est le nettoyage à sec au sein du système sanitaire RD-congolais. Il sied d’arrêter cette hémorragie en élaguant tous les pieds noirs des listings de la prime de risque, non sans omettre de les contraindre à la réparation du tort causé à la République. C’est ça aussi l’Etat de droit. Ci-dessous, la liste établie par l’Inspecteur général Komba Djeko. Tino MABADA

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