CVTA: l’avortement médicalisé, c’est possible, légal et sans risque

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Dans le cadre de la vulgarisation du Protocole de Maputo, la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées -CGND- a, du 8 au 10 octobre 2019, organisé un atelier de Clarification des valeurs et de transformation des attitudes -CVTA- sur les droits en sante sexuelle et reproductive -DSSR- à l’intention des journalistes et blogueurs.

Durant trois jours, les professionnels des médias et d’Internet ont été outillés sur l’arsenal juridique en matière de DSSR. Championne de la promotion des DSSR, la CGND a démontré qu’il est possible de bénéficier d’un avortement sans danger si et seulement si on recourait aux prestataires de soins compétents en utilisant des techniques médicales et des médicaments adéquats et dans de bonnes conditions d’hygiène. Si jadis l’avortement était interdit sous toutes ses formes en RD-Congo, le Protocole de Maputo, signé et ratifié par le pays de Félix Tshisekedi, consacre cette pratique dans des cas spécifiques.

«Les Etats prennent toutes les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou du fœtus», stipule le Protocole de Maputo en son article 14, alinéa 2.c. Ce passage a longtemps été à la base d’un blocage en raison des sensibilités heurtées.

Finalement, 10 ans après la ratification, le protocole a finalement été publié au Journal officiel de la RD-Congo -JORDC- en mars 2018. Cependant, la Loi de santé publique, telle que votée en décembre 2018, précise que «l’avortement n’est pas une méthode de contraception». Ces méthodes sont nombreuses et visent à empêcher la conception. La CGND participe actuellement, en compagnie d’autres parties, à l’élaboration des normes et techniques devant encadrer la mise en application de ce droit de la femme dans le but d’éviter les abus. Dans le fait, il est déplorable de constater que le Protocole, pourtant ratifié et publié au JORDC, souffre d’applicabilité suite aux préjugés, culturels notamment de certains acteurs intervenants dans le processus -communauté, prestataires de santé…

Pendant ce temps, plusieurs femmes meurent chaque jour de suite d’un avortement clandestin. En 2016, 146.700 avortements ont été enregistrés dans le pays, un chiffre qui représente 56 femmes sur 1.000 en âge de procréer. Sur ce total, 36,700 ont donné lieu à des complications. Dans un pays où l’âge moyen pour connaitre les premières relations sexuelles se situe à 9 ans, 20 pour le premier avortement, il est plus que temps d’appliquer le Protocole de Maputo en vue de sauver des vies humaines surtout quand on sait que 11% des avortements dans le pays concernent les adolescents.

Longtemps sujet tabou, l’avortement sécurisé est plus que jamais un sujet brûlant dans le monde et particulièrement en RD-Congo où 3 femmes meurent chaque jour suite à un avortement, deuxième cause de décès maternel après les hémorragies. Loin des clichés et des préjugés, l’avortement est un moyen sûr. Si la vie est un droit, l’avortement l’est tout autant dans les strictes limites tracées par le Protocole de Maputo.

Dandjes LUYILA

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