Triple scrutin du 23 décembre 2018: Minaku prédit un vote sanction

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Il s’est ouvert, jeudi 15 mars, la Session ordinaire du Parlement dans les deux chambres. Les élus reprennent le chemin de l’hémicycle pour légiférer. La priorité sera consacrée à l’examen et au vote du projet de loi sur la répartition des sièges en perspective de prochaines élections. Il y aura également d’autres matières en rapport avec le contrôle parlementaire. Pour Aubin Minaku, cette session est la dernière de cette législature. Car, en septembre prochain, les acteurs politiques et sociaux seront en pleine campagne électorale. Il a prévenu ses collègues qu’aux prochaines élections, certains parlementaires seront réélus et d’autres ne le seront pas. Question de défendre son bilan devant l’électorat.

 

Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a ouvert, jeudi 15 mars, en conformité avec la Constitution et le Règlement intérieur, la Session ordinaire de cette chambre parlementaire. D’emblée, il a fait savoir que cette session est la dernière pour cette législature étant donné qu’en septembre prochain, l’autre session devrait intervenir au moment où les acteurs politiques seront en pleine pré-campagne électorale.

«Le 15 juin prochain, nous serons à 6 mois des élections du 23 décembre. Avant le 15 septembre, date de la reprise de nos travaux pour la session budgétaire, ce sera déjà le temps de la pré-campagne électorale à tous les niveaux. En principe, lorsque nous nous réunirons le 15 décembre, pour clôturer la session, ce sera déjà en pleine campagne électorale, qui, elle, démarre un mois avant, c’est-à-dire qu’elle devrait commencer le 21 novembre», a-t-il dit.

Puis: «A l’heure qu’il est, chers collègues, par quel levier peut-on jauger l’intérêt de la République? C’est, je crois, la tenue effective des élections le 23 décembre. C’est la priorité des priorités. Et donc, après la clôture de l’enrôlement et le nettoyage du fichier électoral, nous allons nous activer pour amener notre peuple à ce grand rendez-vous».

En cette perspective, le speaker de la chambre basse du Parlement a fait savoir que la session de mars 2018 sera consacrée, entre autres aux sujets brûlants en rapport avec l’organisation des élections, soulignant qu’au cas où la Cour constitutionnelle retournait la Loi électorale pour modifier certains articles, les élus nationaux s’y pencheraient.

«Parmi nos priorités, arrive ainsi en ordre utile la question de l’adoption de la loi fixant la répartition des sièges par circonscription électorale pour les élections législatives et provinciales. Cela se fera en quelques jours. Ce sera le dernier acte législatif par rapport aux élections. Et si la Cour constitutionnelle en arrivait à nous renvoyer la Loi électorale en vue d’une certaine modification, nous allons nous y atteler avec beaucoup de diligence», a-t-il annoncé.

La loi électorale révisée et promulguée le 25 décembre 2017 par le Chef de l’Etat est contestée par certains députés de la Majorité présidentielle et de l’Opposition devant la Cour constitutionnelle. Les articles mis en cause concernent l’augmentation de la caution électorale qui sera versée non sur base de la liste mais sur base de chaque candidat inscrit sur cette liste électorale ainsi que le seuil de représentativité fixé au niveau national à 1% pour prétendre siéger au Parlement. On reproche à ces articles de violer la Constitution en ce qu’ils excluent les candidats indépendants.Puisque les élections constituent une priorité, le projet de loi sur la répartition des sièges est à l’ordre du jour. La question est très importante quand on sait qu’en 2011, les 500 députés étaient répartis entre les 11 anciennes provinces, éclatées aujourd’hui en 26 avec la réforme territoriale.

Dans cette perspective, Aubin Minaku a prévenu ses collègues députés qu’aux prochaines élections, certains députés seront réélus et d’autres ne le seront pas. Ce qui est vrai, car le vote dépendra de la défense du bilan pour tous ceux qui ont géré durant cette législature et des promesses à faire pour ceux qui n’ont pas encore géré la res publica. Certes, il y aura un vote sanction au vu de ce qui se passe à travers le pays au niveau politique, social, économique, sécuritaire et humanitaire.

Le speaker de l’Assemblée nationale a également appelé ses collègues à participer à un débat qui aura lieu à l’hémicycle sur d’autres questions touchant à la vie publique.

«Je demeure convaincu qu’à l’approche des élections, plusieurs débats citoyens verront le jour, pour la réussite du processus. Je vous invite à prendre part avec responsabilité aux différents débats tant au niveau de l’hémicycle qu’en dehors de celui-ci, en votre qualité incontestée d’élus directs du peuple congolais, lui le souverain primaire qui s’apprête à nouveau à sanctionner comme en 2006 et en 2011», a insisté Minaku.

Aussi, le président de l’Assemblée nationale a évoqué le problème de validation de certains mandats des candidats présentés par le groupe parlementaire UDPS et Alliés. Notamment, le cas du remplacement de leur représentant à la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, Jean-Pierre Kalamba Ngalula par quelqu’un d’autre. «Lors de la session écoulée, l’Assemblée nationale a eu à valider le remplacement de deux membres du bureau de la CENI à la suite de requêtes dûment déposées par des groupes politiques concernés. Aujourd’hui, nous sommes encore saisis par un cas, celui de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS. Ainsi que je l’avais promis, le devoir nous invite à valider celui-ci en dépit de requêtes croisées des groupes politiques susmentionnés que j’invite à plus de responsabilité et de pragmatisme au vu de l’urgence», a précisé Minaku. Cette session s’annonce chaude surtout du point de vue sécuritaire et humanitaire.

Octave MUKENDI

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