Thèse doctorale de Matata: le recteur de l’UPC répond à Mabi et le crucifie

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C’est regrettable. L’affaire de la thèse de Matata Ponyo est un arbre qui cache une grande forêt. Mieux, c’est une affaire qui a quitté le terrain scientifique pour puiser dans la politique, un terrain glissant en RD-Congo, où tous les coups bas sont permis et où les plus forts, même sans raison, dominent sur les plus faibles.

Le recteur de l’Université protestante au Congo -UPC-, Mgr Daniel Ngoy Boliya, vient à son tour de répondre au professeur Evariste Mabi Mulumba, cet illustre scientifique qui a démissionné de l’Ecole doctorale de l’UPC, fustigeant les conditions dans lesquelles la thèse de Matata ponyo a été élaborée et défendue. Ici, le recteur accuse Mabi de vouloir brûler la maison UPC à cause de son conflit personnel avec Matata, lequel conflit a débuté lors des échanges à l’Ambassade de la Grande Bretagne en RD-Congo. Pour le recteur, l’UPC ne doit pas servir de lieu de règlement des comptes.

«L’Université protestante au Congo doit préserver sa vocation d’un milieu d’enseignement et de recherche sur base des vertus chrétiennes. Je n’accepterai donc en aucun cas qu’elle serve de lieu de règlement des querelles politiciennes. A cause d’un mal entendu qu’il y aurait eu entre vous et le doctorant Matata Ponyo Mapon lors de la présentation des facteurs explicatifs de la croissance économique en RD-Congo sur invitation spéciale de l’Ambassadeur de la Grande Bretagne, ce dernier a dû exercer son droit de vous récuser dans son comité d’encadrement et partant définitivement de son jury. Visiblement, vous n’avez jamais digéré de ne plus faire partie de ce jury. La plupart de vos demandes, par truchement de diverses personnes interposées, n’allaient que dans le sens de vous y réintégrer. C’est faute d’y parvenir que vous avez décidé de brûler la maison? Ceci est inadmissible!», répond le recteur de l’UPC, Mgr Daniel Ngoy Boliya, au professeur Mabi Mulumba.

Et d’ajouter non sans crucifier le directeur démissionnaire de l’Ecole doctorale de la faculté d’administration des affaires et des sciences  économiques: «du point de vue du fond et des exigences méthodologiques, il me semble que vous n’avez rien à redire sur la qualité de la thèse qui a été brillamment défendue par le doctorant. Cependant, contrairement à vos simulacres d’arguments du point de vue procédural, je peux vous confirmer que toutes les règles académiques pour l’organisation et la défense d’une thèse de doctorant en vigueur dans notre pays et ce, conformément au Vade-mecum du gestionnaire d’Etablissement d’enseignement supérieur et universitaire en RD-Congo, document légal de référence en la matière, ont été respectées».  Pour le  recteur, le docteur Matata a défendu sa thèse dans la troisième année de son inscription à l’Ecole doctorale, conformément à l’article 25 du chapitre IX, page 180 du Vade-mecum sur les études de troisième cycle relatif à la durée des études : «la durée du programme de doctorat est de trois années académiques au moins…».

Quant à la composition du Jury, le recteur note qu’il n’y rien à reprocher car le Pr. Mabi a eu à présider un jury avec quelques professeurs repris dans le jury de Matata dont Fréderic Kalala.

Concernant l’absence du procès-verbal attestant la finalisation de la thèse du doctorant signé par le comité d’encadrement, Mgr Daniel Ngoy précise: «Et enfin, tous les procès-verbaux de différentes réunions du comité d’encadrement existent bel et bien, y compris ceux de la défense privée et publique. Leur ignorance par vous, en tant que Directeur de l’Ecole doctorale, serait peut-être la preuve que vous auriez déjà cessé de vous occuper de vos responsabilités avant de m’écrire». Et de conclure: «Je vous réitère mes remerciements pour ces nombreuses années de collaboration et vous prie d’agréer, Monsieur le Professeur, mes sentiments de profond regret». Daniel Ngoy met donc un terme à la polémique sur la thèse de Matata pendant que certains observateurs évoquent un conflit entre la génération des Premiers ministres économistes et professeurs de l’ère de Mobutu, à l’origine de la dette de 14 milliards USD, incapables de maitriser l’hyperinflation, et celle des Premiers ministres économistes non professeurs de Joseph Kabila, qui ont pu conduire le pays au Point d’achèvement et amorcer la stabilisation du cadre économique.

Octave MUKENDI

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