Les signes de l’avènement d’un nouveau Président

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Le caractère irréversible des élections, épinglé par le Président de la République lors de sa présentation des vœux pour l’année 2018, qui est électorale en RD-Congo, semble se confirmer au fil du temps. La CENI, visiblement en ordre par rapport à son chronogramme, affirme et insiste qu’au 23 décembre 2018, il y aura bel et bien élection. Cette confirmation est le premier signe de l’avènement d’un nouveau Président de la République qui va remplacer Joseph Kabila.

L’année 2018 va marquer un tournant décisif dans l’histoire politique de la RD-Congo. Conformément au calendrier rendu public par la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, au 23 décembre 2018, les RD-Congolais seront dans les urnes pour élire un nouveau Président de la République qui sera le successeur de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001. Après avoir épuisé ses deux mandats constitutionnels, le Président Kabila est d’office écarté de la course, car, affirme-t-il, il va respecter la Constitution. Cependant, à quatre mois du lancement des opérations d’enregistrement des candidats à la présidentielle, le Président Kabila entretient un flou sur son dauphin. Sa famille politique, qui s’estime prête à se jeter dans la bataille électorale, ne s’est pas encore choisie un candidat.

La MP en ordre dispersé?

Pendant ce temps, bon nombre de partis et plateformes politiques affûtent leurs armes en perspective des élections à venir. Au sein de la Majorité présidentielle-MP-, presque tous les partis ont mis le cap vers les élections. L’Alliance des forces démocratiques du Congo -AFDC-, deuxième force politique de la MP à l’Assemblée nationale, a récemment procédé à une profonde restructuration de son secrétariat général, des équipes du secrétariat national ainsi que du gouvernement du parti. Objectif: faire mouche aux prochaines élections. Une certaine opinion estime d’ailleurs que Modeste Bahati, initiateur de l’AFDC et ministre d’Etat au Plan, serait tenté de postuler à la présidentielle. Fidèle à Kabila, Bahati a toujours nié de nourrir des ambitions présidentielles.

Le Parti lumumbiste unifié -PALU-, une autre formation politique de taille alliée à la MP, est déterminé d’aligner un candidat à la présidentielle. Adolphe Muzito, haut cadre du parti Gizengiste, a affirmé que son parti va aligner des candidats à tous les niveaux y compris la présidentielle. «Notre parti présentera un candidat à l’élection présidentielle», avait-il dit dans une interview relayée par AfricaNews dans son édition du 31 janvier 2018. La plus grande force politique de la MP, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD-, est aussi dans la fièvre des élections. En prévision de ce scrutin, le parti présidentiel a révisé ses statuts pour répondre aux exigences de la réalité politique actuelle. La révision de ces statuts a impulsé la création de nouveaux postes, notamment ceux de président du parti qui, sans nul doute, sera occupé par Joseph Kabila, du vice-président qui, selon certaines sources, sera le dauphin du Chef de l’Etat, et du secrétaire permanent qui revient à Emmanuel Ramazani Shadary, ancien VPM de l’Intérieur. Réputé l’homme de situations difficiles, Shadary a été préféré à Henry Mova Sakanyi, qui l’a remplacé à la vice-primature de l’Intérieur, pour occuper ce poste. A en croire la première déclaration de Shadary après sa nomination, lundi 26 février, comme secrétaire permanent, la mission lui assignée est de conduire le PPRD aux élections. Shadary est convaincu que son parti possède des atouts pour remporter les scrutins à venir à tous les niveaux.

L’Opposition à la recherche de l’unité

A l’Opposition, l’on s’est aussi rendu compte de l’effectivité de la tenue des élections en fin 2018. Bon nombre de partis politiques se mettent en ordre de bataille. L’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- version Tshibala a tenu un congrès qui a vu Bruno Tshibala être élu président du parti. Pour se conformer aux prescrits de la Constitution, Tshibala a légué son pouvoir à Tharcisse Loseke qui a la charge de conduire cette formation politique aux élections de 2018. L’UDPS/ Tshibala ne s’est pas encore prononcée au sujet de la candidature à la présidentielle. Or, à l’UDPS/ Kabund, Félix Tshisekedi a été désigné candidat pour la présidentielle. Fatshi va porter le flambeau du parti qui, en ce moment, est à la recherche des moyens financiers pour organiser son congrès. Initialement prévu au mois de février dernier, ce congrès a été reporté d’une part pour soutenir la marche des laïcs catholiques du 25 février, et de l’autre pour des raisons financières. Il faut au parti USD 170.000 pour organiser ce congrès dont l’objectif est de désigner le nouveau président de l’UDPS et de baliser le chemin pour les prochaines élections.

Pendant qu’à l’UDPS se vit la désunion, Vital Kamerhe a entrepris de travailler pour l’unité de l’opposition à la prochaine présidentielle. «Nous sommes dans la logique de l’unité, parce que nous avons beaucoup souffert de nos divisions», a dit à Top Congo FM Jolino Makelele, porte-parole de l’Union pour la nation congolaise -UNC-, parti politique de Vital Kamerhe. Selon Makelele, le président de l’UNC est disposé à soutenir le candidat favori de l’opposition. «Pour y arriver, des préalables doivent être remplis. Il faut que nous puissions nous mettre d’accord sur un programme et éventuellement recourir à des primaires pour désigner le candidat à même de rencontrer les aspirations du peuple».

L’expérimentation de la machine à voter

Soucieuse d’offrir au pays des élections crédibles, la CENI préconise l’usage de la machine à voter. Cette machine divise la classe politique, mais est défendue à cor et à cri par le président de la CENI, Corneille Nangaa, qui estime que sans cet appareil, il sera difficile de tenir les élections en décembre 2018. Pour sensibiliser sur le bien-fondé de recourir à la machine à voter, la CENI a entrepris de rencontrer les partis politiques et la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO. Au terme de leur assemblée plénière extraordinaire, les évêques ont recommandé à la CENI de faire certifier la machine à voter par des experts nationaux et internationaux.

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