Les secrets de la gestion scabreuse de Kiwakana au Conseil économique et social

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Le Conseil économique et social -CES- a du plomb dans l’aile. Cette institution d’appui à la démocratie dont tout le pays a salué la création a du mal à fonctionner et remplir ses missions de «donner des avis consultatifs sur les questions économiques et sociales lui soumises par le président de la République, l’Assemblée nationale, le Sénat et le Gouvernement» ou de pouvoir, de sa propre initiative, «appeler l’attention du gouvernement et des provinces sur les réformes qui lui paraissent de nature à favoriser le développement économique et social du pays». Le CES est plutôt dans une situation chaotique causée par son président, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala. Le successeur de Patrice Ezaty est, à son tour, accusé de gestion scabreuse et d’une série de détournements des fonds.

Au Conseil économique et social, les membres de la plénière et les fonctionnaires commis à cette structure sont désemparés et déçus du rendement jugé médiocre du président Kiwakana au point de regretter Patrice Ezaty. Cet homme issu des milieux d’affaires se révèle plutôt un véritable caïd, qui n’a aucune considération pour les textes et règlements relatifs aux finances publiques.

Un vice que les membres du CES découvrent déjà à la fin de la première année de gestion de leur président, après l’alerte donnée le 23 novembre 2017 par le contrôleur de gestion, Mme Bintu Kamwanya. La lettre de cette fonctionnaire référencée CES/Bur-Prés/04/CBA/2017 et son objet intitulé «Demande des pièces justificatives de tous les fonds perçus au Trésor public en faveur du Conseil économique et social durant l’année 2017» en disent long sur l’opacité instaurée par le président du CES. «Par la présente, qu’il me soit permis de vous révéler, depuis que vous avez perçu les fonds au Trésor public relatifs aux fonctionnements de l’institution et de l’organisation de deux sessions de l’année en cours, jusqu’à présent je n’ai reçu aucune pièce justificative», écrit Mme Bintu à l’adresse de Kiwakana.

Elle précise en même temps que les instructions du ministre d’Etat et ministre du Budget N°002/CAB/Min/Budget/2011 reprises dans la circulaire contenant les instructions relatives à l’exécution de la loi des Finances n°17/005 du 23 juin 2017 pour l’exercice budgétaire 2017 n’ont jamais été mises en exécution au sein de l’institution dont Kiwakana a la charge. Madame le contrôleur de gestion fait également savoir qu’au CES, «le circuit financier reste opaque par rapport aux dispositions des instructions du ministre d’Etat et ministre du Budget».

Un sévère réquisitoire qui révèle une série de fonds perçus par le président du CES évalués en milliards de francs congolais jamais justifiés. Madame le contrôleur étaye ses affirmations par un tableau synthétique de la situation des sommes concernées, très éloquent: c’est près d’un million de dollars dont les traces sont introuvables.

N° d’ordre Libellé Montant perçu Date
01. Frais relatifs à l’organisation de la session du mois d’avril 737.735.200 Le 23/03/2017
02. Frais relatifs à l’organisation de la session du mois d’octobre 600.000.000 Le 28/09/2017
03. Frais de fonctionnement en faveur de la cellule de marché 6.000.000 Le 16/07/2017
04. Frais de fonctionnement en faveur de la cellule de marché 6.000.000 Le 10/10/2017
05. Frais de travaux d’impression de 4 avis 60.000.000 Le 10/10/2017
06. Frais de fonctionnement du cabinet du président 20.221.000 Le 27/04/2017
07. Frais de fonctionnement en faveur du Bureau du président 40.236.567 Le 22/04/2017
  TOTAL 1.470.192.767  

 

Le 22 janvier 2018, le comptable public principal, Berry Sefu Maseho, enfonce le clou via sa lettre adressée au président du CES, référencée N°001/BCP/NN2/2018, ayant comme objet: «Justificatifs relatifs aux OPI -ordres de paiement informatisé- n°782.474; n°791.427 et n°834.486 qui portent respectivement sur 44.642.043 CDF ; 44.642.043 CDF et 40.236.567 CDF, soit au total 129.520.653 de francs».

Jean-Pierre Kiwakana zappe le comptable public et préfère écrire au ministre d’Etat et ministre du Budget le 7 février 2018, se contentant de rappeler deux anciennes correspondances par lesquelles il sollicitait «le paiement de l’entièreté des sommes destinées au Conseil économiques et social par la voie bancaire» dans deux comptes, l’un en francs et l’autre dollar US, à la Rawbank.

Pour le président du CES, «aucune urgence ne devrait justifier l’utilisation du compte comptable». Il n’a donc pas le temps de présenter un seul justificatif au comptable.

Il se rapporte aussi que le vice-président Elie Ngomo s’est presque arraché les cheveux quand le président Kiwakana a préféré à son offre d’équipement de l’institution en matériel informatique chiffrée à 7.000 USD, une offre, certainement initiée par lui-même, à plus de 50.000 USD.

Les conséquences d’une gestion aussi calamiteuse se traduisent par le climat de désaccord entre les membres du bureau et le malaise parmi les membres de l’administration dont les primes des mois d’avril et juin 2017 se trouvent encore bloquées à la RawBanjk jusqu’à ce jour.

YA KAKESA

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