Kinshasa exige l’harmonisation de vues entre ONGs et gouvernement

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La RD-Congo est frappée depuis plusieurs années par une grave crise humanitaire. Pour faire face à cette situation, l’ONU a annoncé une levée de fonds, le 13 avril prochain à Genève, dans le but de réunir USD 1,7 milliard en faveur de la RD-Congo. Kinshasa refuse de s’inscrire dans cette logique, et conditionne sa participation à cette conférence des donateurs. Accusant   les ONG de donner une image trop négative du pays à travers leurs rapports, le gouvernement RD-congolais exige en effet une concertation préalable avec les organisations humanitaires. Pour Kinshasa, le niveau de la crise humanitaire n’est pas aussi «excessif» dans le pays qu’on le prétend. Face à cette position, l’Union européenne a dépêché à Kinshasa son  commissaire à l’aide humanitaire, Christos Stylianides, pour tenter de convaincre les autorités. En dépit de plusieurs réunions tenues notamment avec le vice-ministre des Affaires étrangères, le diplomate européen n’a pas pu obtenir des garanties de la part du gouvernement RD-congolais.

 

L’Union européenne -UE- présente des inquiétudes quant au désistement du gouvernement RD-congolais sur sa participation à la conférence des donateurs qui doit se tenir le 13 avril 2018 à Genève, avec l’objectif de réunir USD 1,7 milliard, pour faire face aux crises humanitaires en RD-Congo. Kinshasa continue de poser des conditions avant de confirmer sa participation à cette réunion des bailleurs des fonds. Dépêché à Kinshasa pour mener un plaidoyer dans ce sens, le commissaire de l’Union européenne à l’aide humanitaire, Christos Stylianides, n’a pas réussi à convaincre le gouvernement RD-congolais.

«En dépit des réunions avec les autorités RD-congolaises, dont le vice-ministre des Affaires étrangères, le diplomate européen n’a pas pu obtenir des garanties de la part du gouvernement RD-congolais», lit-on dans «Jeuneafrique.com». Depuis l’annonce de la tenue de cette conférence, le gouvernement RD-congolais exige une concertation préalable avec les organisations humanitaires qui, selon lui, ne cessent de donner une image trop négative du pays. Pour le gouvernement RD-congolais, le niveau de la crise humanitaire n’est pas aussi «excessif» dans le pays qu’on le prétend. De l’avis de José Makila, vice-Premier ministre en charge des Transports et voies de communication, il y a une grande marge entre les données des services officiels sur le terrain et les chiffres livrés par la communauté humanitaire. Le Premier ministre par intérim accuse les humanitaires d’avoir exagéré en considérant la crise, en RD-Congo, au niveau le plus élevé. José Makila estime qu’il faut harmoniser les vues et révèle qu’à l’initiative du gouvernement, une réunion a été même envisagée.

«Cette rencontre ne s’étant tenue et ayant suivi plusieurs déclarations que nous qualifions de mensongères faites par certaines organisations humanitaires tendant à intoxiquer l’opinion tant nationale qu’internationale, le gouvernement de la RD-Congo conditionne sa décision de participer à la rencontre de Genève à l’harmonisation de vues entre le gouvernement et les partenaires humanitaires», a déclaré le Premier ministre par intérim.

De leur côté, les ONG humanitaires disent être surprises mais restent déterminées de comprendre ce qui s’est réellement passé. «Nous avons, en ce moment, près de 4,5 millions de personnes déplacées, un peu plus de 2 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition sévère. Ce sont des chiffres qui sont connus de tout le monde y compris du gouvernement RD-congolais. Nous prévoyons une série de rencontres dans le courant de cette semaine afin d’échanger, de discuter avec les autorités RD-congolaises afin d’aplanir les points de divergence», déclarent-elles.

Néanmoins, Christos Stylianides, le commissaire européen à l’Aide humanitaire, espère toujours que les autorités RD-congolaises changeront d’avis. «Après mes efforts pour les convaincre de la nécessité de leur participation à cette réunion très importante à Genève, il me semble qu’ils ont pris conscience de cette nécessité pour eux, comme pour leur population. Ce qui ressort de nos discussions à mon sens, c’est qu’ils avaient déjà commencé à revoir leur position au sujet de leur participation. D’abord, ils ont convenu du fait que leur présence à cette réunion, qui sera totalement axée sur la crise humanitaire en RD-Congo sera très utile pour mobiliser des fonds pour répondre à cette crise, mais aussi pour leur image en tant que gouvernement RD-congolais, en cette période difficile, dans cette région», a-t-il laissé entendre.

Selon l’ONU, USD 1,7 milliard pour la RD-Congo, c’est le double du montant demandé en 2017. A l’en croire, la situation humanitaire a atteint un point de rupture. «L’insécurité généralisée a entraîné le déplacement de 4 millions de personnes. L’ONU espère pouvoir compter cette année sur de nouveaux bailleurs», fait savoir Yvon Edoumou, porte-parole d’OCHA à Kinshasa.

Olitho KAHUNGU

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