Intentions de vote: Muzito dans le duo de tête

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L’Institut de sondage «Les points» vient de rendre publics les résultats de son enquête par sondage réalisée du 09 au 10 mars 2018 dans les chefs-lieux des 26 provinces de la RD-Congo, en cette période marquée, aussi bien, par un intérêt de plus en plus croissant des états-majors
de la sphère politique vis-à-vis du calendrier électoral, que par des alliances contre nature tant dans l’Opposition que dans la Majorité, sans prise en compte parfois du vrai poids politique de chacun dans sa base électorale. Ces intentions de vote placent cette fois l’UDSP Félix Tshisekedi en première position avec 16,3%, poussé par l’avantage d’avoir un parti politique très implanté sur le territoire national. La surprise: avec 10,4%, Adolphe Muzito monte à la deuxième position dans ces intentions de vote et se place dans le duo de tête. Les sondés apprécient ce haut cadre du PALU «pour avoir fait parler de lui depuis plusieurs années avec ses tribunes très appréciées dans les milieux académiques et intellectuels». Ensuite, «pour son leadership politique prouvé lors de
sa dernière tournée dans le grand Bandundu et le Kasaï». Pour sa part, Moïse Katumbi dégringole à la 3ème place avec 9,7% d’intentions de vote. A en croire le rapport du sondage, Katumbi, «très contesté par les combattants «de souche» qui le considèrent comme un cheveu dans la soupe, ne fait pas bonne presse aux yeux de la population de Lualaba qui ne lui pardonnent pas le fait d’avoir puisé leurs minerais et abandonné la province dans une pauvreté aigue».

Le temps a semblé propice à une enquête par sondage pour récolter les premières intentions de vote en prélude de la présidentielle de décembre 2018. C’est à cet exercice de coup de sonde que s’est livré l’Institut de sondage «Les points», en réalisant un travail autour d’un échantillon de 1000 enquêtés, représentatifs des couches sociales et politiques de la RD-Congo répartis en provinces selon les nombres des personnes enrôlées à la CENI. Ce sondage, réalisé du 09 au 10 mars 2018 dans les chefs-lieux des 26 provinces du pays, classe Félix Tshisekedi en première position avec 16,3%, Adolphe Muzito deuxième avec 10,4% alors que Moïse Katumbi pointe
à la troisième position avec9,7% d’intentions de vote. Le fils d’Etienne Tshisekedi bénéficie de l’héritage d’un parti très implanté sur le territoire national. Mais, comparativement à
l’élection présidentielle de 2011, où son père et ses alliés avaient réussi à glaner
32,33%, Félix Tshisekedi et alliés enregistrent une perte de 50% qui se justifie par le poids politique du défunt Sphinx de Limete, non encore atteint par son fils. Les dissidences notamment celle de Bruno Tshibala -0,1% dans ces intentions de vote n’ont pas bousculé le parti. Selon Les points, l’évidence est que l’alliance avec Moïse Katumbi n’a pas connu l’adhésion d’un bon nombre des combattants de l’UDPS.

A la deuxième marche, Adolphe Mozito crée la grande surprise avec 10,4%. Les sondés apprécient ce haut cadre du Parti lumumbiste unifié -PALU- «pour avoir fait parler de lui depuis plusieurs années avec ses tribunes très appréciées dans les milieux académiques et
intellectuels». Ils saluent aussi son leadership politique lors de sa dernière tournée dans le Grand Bandundu et le Kasaï, pour palper du doigt les réalités du Congo profond. Ce n’est pas tout. Député national, Muzito est venu au secours de la population du Kwilu et Kenge dont il a été le porte-parole dans l’affaire des vaches au moment où tous les politiciens du coin se réservaient d’aborder ce dossier «sensible». A en croire les sondés, son message est proche de la population.

Classé troisième, Moïse Katumbi perd sensiblement les points et se retrouve au troisième rang avec 9,7% d’intentions de vote. Selon Les points, il est contesté par les combattants «de souche» qui le considèrent comme un cheveu dans la soupe. Dans le Grand Katanga, son ancienne province d’origine, la population de Lualaba ne lui pardonne pas le fait d’avoir puisé leurs minerais et d’avoir abandonné la province dans une pauvreté aigue. Cependant, Katumbi enregistre une forte cote de 50% dans la ville de Lubumbashi. «Sans aucune formation politique de base qui lui est acquise d’office, l’homme se lance dans des alliances dites éléphants blancs, comme en 2006 où Pierre Pay Pay, bien côté dans l’opinion avait été oué pendant la période de la campagne électorale par les mêmes personnes qui sont aujourd’hui derrière Moïse Katumbi», lit-on dans Les points.

Bien qu’absent de Kinshasa depuis longtemps, Jean-Pierre Bemba fait 6,1% et perd plus de 35% d’intentions de vote par rapport aux élections de 2006. Ce qui est logique au regard de son
incarcération prolongée à la Haye. Cependant, il se place devant Vital Kamerhe, pourtant permanent et présent dans tous les rendez-vous politiques au pays. En bon acrobate politique,
le chef de l’Union pour la nation congolaise -UNC-, Vital Kamerhe, a compris que plus personne ne veut d’une alliance avec le «Judas», d’où l’idée du soutien à la candidature unique afin de ne pas disparaître politiquement après l’élection de 2018. Mis en ballotage par Bahati
Lukwebo dans le Sud Kivu -côtes relatives, 38% contre 12% dans le Sud Kivu-, Vital Kamerhe réalise 4,1% d’intentions dans l’ensemble et connaît une chute de 3,64% comparativement à l’élection présidentielle de 2011.

Premier à sortir la tête pour le compte du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD-, parti présidentiel, Matata Ponyo, malgré la controverse autour de sa thèse, n’a pas du tout convaincu les RD-Congolais. L’homme de la croissance économique est classé sixième au hit-parade avec 3,4%, dont une forte cote vient de son Maniema natal où ses actions ont un impact visible et durable. Malgré ses 60% dans sa province, Matata Ponyo a une tâche ardue face à ses frères du Maniema, difficiles à convaincre. A en croire Les points, le terrain risque d’être compliqué pour l’homme qui a énormément investi dans sa province, et dont l’électorat ne s’arrête que dans sa province.

Quant à Bahati Lukwebo, l’électron libre de la MP, parfois difficile à gérer selon ses camardes, relève la tête avec le réseau de son parti et, stationne à 2,7%. Ce sondage évoque une deuxième surprise, celle de Martin Fayulu dont les vociférations ont payé face aux autres membres de l’opposition. Selon les enquêtés qui lui font confiance, Martin Fayulu rassure, même s’il n’est pas de l’école d’Etienne Tshisekedi, mais il est sur ses traces. Arrivée en huitième position avec 2,1%, Martin Fayulu précède Aubin Minaku avec qui ils vont se disputer l’électorat dans le grand
Bandundu. Le speaker de la chambre basse du Parlement, faible au niveau national, fait 1,8% d’intentions de vote.

Des candidatures qui font rire
Si parmi les candidats déclarés à la magistrature suprême, les uns s’appuient sur une base électorale certaine, des structures politiques ayant de l’encrage sur le terrain et les finances bien garnies, ce n’est pas le cas pour d’autres. On enregistre les candidats qui se sont lancés précocement dans la précampagne pour la course à la présidentielle, bien avant la publication
du calendrier électoral par la CENI. C’est le cas de Noël Tshiany de Force du changement, une plate-forme qui passe inaperçue dans l’opinion RD-congolaise; du Dr. Mukwege dont l’ombre est réduite à son Mpanzi natal avec 0,8% et Freddy Matungulu 0,5%.

Au bas de l’échèle, on retrouve Olivier Kamitatu, le porte-parole de Moïse Katumbi, qui peine à réaliser 0,8%. Incapable de s’exprimer dans sa langue maternelle, l’homme passe indifférent dans les rues de son fief électoral. Quant à Sindika Dokolo, l’homme du debout Congolais s’est trop vite essoufflé, il trouve sa place au soleil avec 0,4% malgré ses nombreux bruits dans les réseaux sociaux.

Par ailleurs, «Les points» renseigne qu’il existe déjà un taux d’abstention élevé notamment dans les provinces de Tanganyika et du Haut Lomami qui, au 10 mars 2018, battaient le record des abstentions avec 80%, suivi du Haut Uélé et de la Lualaba-75%-, alors que la Lomami, le Bas-Uélé, le Sankuru, l’Ituri … ne font pas exception comme le renseigne le graphique 1. Cela se justifie par le fait que les éventuels candidats à la Présidentielle de 2018 ne disposent pas des bases électorales potentielles dans ces provinces. Toutefois, des alliances faites sur mesure avec les leaders de la société civile peuvent s’avérer fructueuses dans ces provinces. Dans la deuxième
catégorie constituée des provinces à faible taux d’abstention se trouvent le Kwilu 7%; le Haut Katanga 12%; la Mongala 15%; Kinshasa 18%; Kasai Central
23%; Maniema 23%… Ces provinces semblent acquises à la cause des leaders politiques qui y disposent d’un électorat potentiel. La possibilité d’une probable amélioration des cotes y est fortement réduite dans la mesure où il n’est pas facile de détourner un électorat potentiel. Avec un
taux d’abstention de 39%, rien n’est encore acquis pour tous les supposés candidats.
D’où la nécessité des alliances.

Olitho KAHUNGU

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