Exétat et Enafep, domaines de prédateurs

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C’est une tribune qui provoque un choc. Elle est signée, pour des raisons évidentes de sécurité, sous le pseudonyme de Jules Mudimbi Dikoma, un observateur avisé et haut cadre du système éducatif national depuis des décennies, dépité par la prédation érigée en règle dans l’organisation des épreuves de l’Examen d’Etat -Exétat-, cinquante ans après son institutionnalisation, et de l’Examen national de fn d’études primaires -ENAFEP. Chaque passage de cette réflexion musclée renvoie des mots d’indignation qui invitent à la remise en cause, voire au rejet de ces épreuves aujourd’hui détournées de leur vocation principale et rendues inutiles. Plutôt que de promouvoir l’excellence dans l’enseignement, elles ont cessé d’être les instruments de prédilection pour l’évaluation des connaissances des élèves des classes terminales tant au niveau primaire que secondaire et sont ravalées au sous-sol de l’enrichissement sans cause des organisateurs et leurs hiérarchies. «L’organisation de l’Examen d’Etat, qui devait être une activité normale dans le cadre du fonctionnement des écoles secondaires, est devenue au fl des années une grosse machine à sous qui profte aux responsables et aux organisateurs. D’abord au niveau des écoles où les préfets multiplient des stratagèmes -contrôle des dossiers, entraînement aux questions à choix multiple, suivi, frais du président du centre et des surveillants, frais pour présence au centre…- pour avoir de l’argent», dénonce l’indigné. Puis: «Au niveau de l’Inspecteur provincial principal et du Directeur provincial de l’EPSP ensuite, où atterrissent les frais des fiches d’inscription -E01-, de vente des macarons -E97-, de vente des items de l’examen préliminaire, de dissertation et les fascicules du français oral. Enfin à l’Inspection générale, où tous ses délégués envoyés en provinces pour superviser la passation lui reviennent avec des malles d’argent». Jules Mudimbi enfonce davantage le clou: «Le financement de l’organisation de l’Examen d’Etat, qui était au départ en charge du gouvernement en tant que pouvoir organisateur de l’éducation dans le pays, est devenu l’affaire des parents d’élèves qui doivent faire face à plusieurs dépenses qu’entraîne aujourd’hui cet examen». La même pratique mine l’organisation de l’ENAFEP, né essentiellement de la lutte d’intérêt entre les cadres du Secrétariat général de l’EPSP et ceux de l’Inspection générale. Dans ces domaines dont le fonctionnement frise la jungle, l’auteur identifie non seulement les prédateurs: le ministre de l’EPSP, le Secrétaire général, l’Inspecteur général et ses adjoints, les Gouverneurs des provinces, les inspecteurs provinciaux de l’EPSP, les préfets ou les promoteurs d’écoles privées, les associations des parents d’élèves, voire les membres de l’Armée et de la Police. Mais aussi les victimes: les parents d’élèves pressés comme des citrons, les élèves dont la formation et l’avenir sont sacrifiés, et le système éducatif démonétisé. Jules Mudimbi Dikoma, qui a saisi presque toutes les institutions à cet effet, plaide pour la suppression pure et simple de l’Exétat et de l’ENAFEP à cause, entre autres, de la méfiance et de la corruption dans leur organisation, et surtout que les lauréats, dans leur majorité, ressemblent aux analphabètes.

 

L’Examen d’Etat et l’ENAFEP en question!

 

Introduction

L’Examen d’Etat a aujourd’hui 50 ans. L’observation de l’organisation de cette épreuve nationale pendant cette longue période permet de dégager ses points forts comme ses points faibles et d’envisager son avenir. Observateur du système éducatif RD-congolais depuis des décennies, je voudrais dénoncer ici les faiblesses de l’organisation de cet Examen qui poussent à se demander si son maintien est encore nécessaire aujourd’hui. Je sais que l’Examen d’Etat a ses adeptes et ses défenseurs, en commençant par ceux qui sont les bénéficiaires des millions que son organisation exige du gouvernement et des parents d’élèves. Je sais également que les fonctionnaires sont généralement réfractaires à tout changement qui modifierait leurs méthodes de travail ou qui viendrait leur faire perdre les avantages plantureux qu’ils se donnent malignement. Mais je sais aussi qu’aucun peuple ne peut accepter qu’une poignée de citoyens ou de fonctionnaires le prennent en otage, au nom d’une épreuve, pour l’obliger de les engraisser sous le fallacieux prétexte de son organisation matérielle. La question qui se pose d’abord est ici de savoir si les conditions objectives qui ont justifié à l’époque l’institutionnalisation de l’Examen d’Etat demeurent encore valables aujourd’hui. Sinon, quel est l’avenir de cet Examen qui coûte de plus en plus cher dans un pays où la population scolaire s’accroît en permanence, le nombre des enseignants qualifiés augmente chaque année, les programmes scolaires sont des plus officiels, les livres et les matériels didactiques sont fournis par l’Etat à toutes les écoles, les inspections administratives et pédagogiques sont régulièrement organisées? Tel qu’il est organisé actuellement et dans le contexte RD-congolais, l’Examen d’Etat est-il nécessaire et atteint-il les objectifs qui lui ont été assignés par le législateur? Et que dire de son cousin germain, l’ENAFEP?

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