Le Dircab de Tshibala arrêté

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L’homme par qui le scandale est arrivé à la Primature s’appelle Michel Nsomue Nsomue, directeur de cabinet du Premier ministre Bruno Tshibala, et ancien membre de la Banque centrale du Congo -BCC. Les membres du cabinet notamment les conseillers et les chargés d’études l’accusent d’avoir jeté le discrédit sur la confiance qui lui a été faite par le Premier ministre en détournant les salaires de certains collaborateurs pendant qu’il s’est tapé deux appartements évalués à une valeur combinée de USD 1 million à Kinshasa. C’est dans ce climat de tension qu’une bagarre a éclaté, le 5 mars à la Primature, entre le Dircab et un gendre et conseiller du Premier ministre Tshibala. La scène digne d’une République bananière s’est déroulée en l’absence de Bruno Tshibala, en visite privée en France pour des raisons de santé. Les victimes menacent de saisir la justice. Michel Nsomue a mis le feu à la Primature. Saisi du dossier, le Président de la République a ordonné la révocation et l’arrestation immédiate de toute personne impliquée dans la bagarre qui a souillé la primature et le Premier ministre a exécuté. Déroulement des faits.    

Le feu qui couvait longtemps à l’hôtel du Gouvernement RD-congolais a fini par l’embraser au grand jour. A l’origine, les accusations de détournements, suivies d’une bagarre rangée entre les membres de cabinet du Premier ministre. L’opinion retiendra que le lundi 5 mars 2018 est une journée de sacrilège à la Primature sur le flanc gauche du fleuve Congo. En Europe où il séjourne pour des soins médicaux, le Premier ministre est lamentablement affecté, a-t-on appris.

Une mise au point/réaction publiée lundi 5 mars par les conseillers et chargés d’études de la Primature, sous couverts d’anonymat pour raison de sécurité, met en cause le directeur de cabinet, Michel Nsomue Nsomue, pour détournement des salaires.

Ces derniers affirment «avoir avec peine pris connaissance la mise au point individuelle du Dircab suite aux dénonciations de détournements des salaires des conseillers et chargés d’étude du cabinet du Premier ministre. Votre mise au point n’apporte aucune lumière sur la question principale, celle relative au non paiement des salaires des conseillers et chargés d’Etude. Le reste des chiffres ne nous intéresse pas. D’ailleurs, elle suscite plus d’interrogations voire des zones d’ombres», font-ils savoir au Dircab dont la crédibilité est entamé.

Puis: «Vos collaborateurs nommés depuis 5 mois par Décret du Premier ministre comme vous, travaillant sans salaire et pourtant, pour mémoire, lors de votre propre nomination, ainsi que vos adjoints en mi-juin 2017, vous vous êtes convenablement payé dès le premier mois bien que presté en partie. Vous avez également payé vos propres enfants et ceux de vos adjoints qui n’étaient même pas encore nommés. Pourquoi ces deux poids, deux mesures?».

Les auteurs de cette mise au point accablante se posent mille et une questions restées jusqu’à présent sans réponse. «Comment expliquer que seule la Primature connaisse de situation de non paiement des salaires pendant que tous les autres ministères sont régulièrement et convenablement payés? Voilà le discrédit que vous apportez au Chef du gouvernement qui vous a totalement fait confiance. Nous sommes des parents, nous avons des obligations à honorer, cependant avec des sommes modiques, suivant vos humeurs, allant de 150.000 à 450.000 Fc pour un chargé d’Etudes ou 300.000 à 700.000 Fc pour les conseillers, comment honorer nos engagements?», se demandent-ils.

Et d’ajouter: «Au lieu d’afficher une arrogance parce que vous avez été capable d’acquérir des biens immobiliers en un temps record, il serait indiqué de vous humilier avant que la justice soit appelée à clarifier la source de vos présumées acquisitions, à hauteur de 1 million de dollars de deux appartements aux immeubles CTC pendant que de familles entières de vos collaborateurs souffrent pour nouer les deux bouts du mois».

Vraisemblablement, les auteurs de la mise au point étalent la mauvaise foi du directeur de cabinet qu’ils accusent publiquement de pratiquer la politique de «diviser pour bien régner».

«Il est bien dommage de constater que vous appliquez une vieille recette de diviser pour mieux régner en soudoyant certains collègues, faibles d’esprit, avec des miettes, afin d’assurer votre protection. Le salaire est un droit, ce n’est pas une faveur quelconque que vous nous accorderiez. Voilà pourquoi nous avons décidé de porter devant la justice cette affaire honteuse pour que toute la lumière soit faite», réagissent-ils. Et de conclure: «Vos leçons sur les finances publiques devraient plutôt vous aider à savoir qu’on ne détourné jamais les salaires des collaborateurs car tôt ou tard, on les paie». Voilà qui cloue Michel Nsomue Nsomue au pilori.

Le pyromane

Quarante-huit heures plus tôt, soit samedi 3 mars, le Dircab, tentant de répondre aux nombreuses accusations portées contre lui sur la toile et les Réseaux sociaux, a publié un communiqué d’un feuillet mettant maladroitement en garde quiconque chercherait à distiller des fausses informations. Selon lui, «des ennemis de l’orthodoxie financière sévèrement instaurée dans la gestion du cabinet du Premier ministre, déçus dans leurs calculs égoïstes de s’enrichir sur le dos du trésor public, s’inventent des décaissements fictifs des fonds qu’ils imaginent avoir été effectués par la Banque centrale du Congo en faveur de la Primature».

Puis: «Non seulement ils publient dans les réseaux sociaux des tableaux insensés avec des montants qui ne reposent sur aucun document comptables concepts le, allant jusqu’à confondre financiers élémentaires».

Pour Nsomue Nsomue, ces gens ignorent le fait que la Primature ne s’arrête pas au seul cabinet du Premier ministre. «Il faut apprendre à des personnes supposées intellectuelles qu’un plan de trésorerie n’est pas une somme de décaissements effectués, il existe en plus du cabinet, une administration et des cellules rattachées qui fonctionnent comme des entités à part entière au sein de la Primature», dit-il avec arrogance. Bizarrement, la réaction du Dircab ne fait aucune allusion aux écarts évidents entre les modiques sommes payées aux collaborateurs révoltés et les montants décaissés en leur faveur du Trésor public repris dans les tableaux leur remis par la Banque centrale du Congo.

Octave MUKENDI   

 

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