Conférence de presse de Kabila: Lugi Gizenga applaudit, Moni Della conteste

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La sortie médiatique du Président de la République Joseph Kabila Kabange, vendredi 26 janvier au Palais de la Nation à Kinshasa, est au cœur d’une grande polémique en RD-Congo. Des acteurs politiques, toutes obédiences confondues, n’arrêtent pas de faire, à leur manière, l’analyse du contenu du discours du Chef de l’Etat. Sur les ondes de Radio Okapi, Lugi Gizenga, Secrétaire permanent du Parti lumumbiste unifié-PALU-, n’a pas hésité de saluer l’initiative du Président Joseph Kabila de s’adresser au peuple, près de 6 ans après. Pour lui, à travers cette communication avec la presse,  le Chef de l’Etat RD-congolais a joué son rôle, celui de répondre à la question de savoir «où allons-nous avec la nation?». Cependant, des cadres de l’opposition ont, eux aussi, réagi dans le sens de démontrer quelques faiblesses de l’argumentaire de Joseph Kabila dans les différents points abordés.

«Cet exercice est important et nous saluons le fait que cet exercice a été fait», a dit sur les ondes de Radio Okapi, le secrétaire permanent du Parti lumumbiste unifié-PALU-, qui salue l’initiative du président Joseph Kabila de parler à la nation à travers sa conférence de presse du vendredi 26 janvier. Lugi Gizenga estime qu’à travers cette communication avec la presse,  le Chef de l’Etat RD-congolais a joué son rôle, celui de répondre à la question de savoir «où allons-nous avec la nation?».

Le fils du patriarche Antoine Gizenga dit espérer que le travail sera fait du côté de Joseph Kabila pour que les RD-congolais s’apaisent et qu’ils aillent aux élections dans les délais. Quant aux répressions des manifestations, notamment celles récemment organisées par le Comité laïc de coordination -CLC-, et réprimées par les forces de l’ordre, le SG du PALU regrette que l’exerce démocratique puisse engendrer la violence. «Cette violence émane des attitudes extrêmes du pouvoir en place et des organisateurs des manifestations», a indiqué Lugi Gizenga, avant d’appeler, par ailleurs, tous les partis impliqués à cette crise à s’investir pour l’organisation des élections au pays.

L’opposition très critique

Au cours de cet échange avec la presse, le Président Kabila a évoqué le point relatif à la Constitution de la République qu’il a personnellement défendue avec la dernière énergie. Aux yeux de certains ténors de l’opposition, cette précision du Chef de l’Etat parait comme une forme de «privatisation de la Constitution par Joseph Kabila». Pour l’opposant Moni Della,  lorsqu’une constitution est promulguée, elle engage même ceux qui l’ont rejetée. «L’exemple de François Mitterrand en France est un cas d’école. Lui qui avait fait campagne contre la constitution de 1958 soumise au référendum par le Général De Gaulle, était devenu enfin le défenseur acharné de cette constitution. Il l’a respecté scrupuleusement tout au long de son mandat», argumente-t-il.  A l’en croire, pour ce qui est de la RD-Congo, le Président Kabila ne pouvait pas faire allusion à ceux qui ont refusé cette constitution avant son adoption et sa promulgation. «C’est même ça la beauté de la démocratie, lorsque la minorité s’incline face à la volonté du peuple. Dire que c’est ma constitution, dans une démocratie, c’est une aberration, mieux une négation de la démocratie», souligne l’opposant Moni Della. Et de conclure : «le regret de monsieur  Kabila c’est d’avoir été incapable de transformer les zaïrois. C’est un aveu d’échec, il a traîné lui aussi tous les tares des zaïrois. En moins qu’il nie de ne pas avoir été zaïrois. C’est ainsi que son pouvoir ressemble à celui de Mobutu caractérisé par la corruption, le népotisme, le pillage des ressources, la gabegie, les massacres, l’injustice, les arrestations arbitraires et autres».

Claudel Lubaya, président national de l’Union démocratique africaine -UDA-, a aussi été très critique face au point de presse du Président de la République du 26 janvier dernier. Il estime que le président Joseph Kabila s’est contenté seulement de verser «une litanie d’incantations pour répondre à certaines évidences mais sans donner des réponses attendues». Le député national Claudel Lubaya, transfuge du PPRD, critique Joseph Kabila d’avoir ignoré, dans son discours, toutes les victimes des tueries survenues dans le pays lors de récentes manifestations populaires pour réclamer les élections. Il s’oppose aussi à l’impression donnée par Joseph Kabila, selon lui, d’être propriétaire de la RD-Congo ainsi que de sa constitution.

Tino MABADA

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