7 principaux minings quittent la FEC

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La Fédération des entreprises du Congo -FEC-, organisation patronale de la République Démocratique du Congo, a perdujeudi d’un seul coup sept adhérents: les principales sociétés minières du pays, qui estiment «ne pas être représentées de manière adéquate» par la structure présidée par Albert Yuma, a rapporté jeudi Jeune Afrique. L’annonce intervient alors que ces sociétés se sont vues le mois dernier signifiées une prochaine renégociation de leurs partenariats avec la Gécamines, la société d’État dirigée par un certain… Albert Yuma.

Randgold, AngloGold Ashanti, Glencore, Ivanhoe Mines, China Molybdenum Co… Les principaux acteurs du secteur minier de la RD-Congo ont annoncé, jeudi 15 mars, leur décision de quitter la FEC «avec effet immédiat».

Dans un communiqué commun, sept sociétés représentant 85 % de la production de cuivre, de cobalt et d’or du pays, expliquent que l’organisation «ne représente pas leurs intérêts de manière adéquate».

Une critique qui vise directement -tout en ne le citant pas nommément- Albert Yuma Mulimbi, président de la FEC depuis 2005… Et également président de la Gécamines, la société minière de l’État.Sous cette casquette, ce dernier avait,lors du forum MiningIndaba, début février au Cap, signifié à 17 partenaires privés internationaux de la Gécamines du lancement au second semestre de 2018 de la renégociation de l’ensemble de leurs conventions, les accusant d’avoir spolié le pays et sa population et n’hésitant pas à évoquer des pratiques délictueuses.«En 2016, les sociétés internationales minières présentes au Katanga ont réalisé 2,6 milliards de dollars -2,11 milliards d’euros- de revenus, sur lesquels seulement 88 millions de dollars ont été versés à la Gécamines. C’est inacceptable!», avait-il tancé, en présentant les premiers résultats d’un audit réalisé par le cabinet Mazars.

Période de concertation

Ce départ groupé intervient alors que le président Joseph Kabila a promulgué, le 9 mars, le nouveaucode minier de la République Démocratique du Congo, qui prévoit notamment la hausse des royalties de 2 à 3,5 % du chiffre d’affaires sur les minerais «classiques» -tels que le cuivre ou l’or- et de 2 à 10 % sur les minerais «stratégiques», et en particulier le cobalt.

Deux jours avant cette promulgation, le président avait rencontré les représentants des principales compagnies minières et leur avait promis «un dialogue constructif», tandis que le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, annonçait «des ajustements au cas par cas». Le communiqué des sociétés minières évoque une période de concertation de 30 jours, qui a pris effet hier, mercredi 14 mars. «Comme convenu avec le président, une liste des préoccupations et propositions de l’industrie concernant le code minier a été remise au ministre des Mines -avec lequel- les sociétés attendent à présent un rendez-vous pour convenir du programme de concertation avec le groupe de travail gouvernemental», précise le communiqué. Après la validation de ce texte, les miniers mettent leurs espoirs dans les clauses de stabilité figurant dans le code minier de 2002 et dans certaines conventions minières, leur garantissant une stabilité de dix ans à compter des changements apportés au code minier; et s’inquiètent de la disparition d’un tel dispositif dans le nouveau texte. «Cette période de stabilité s’est traduite par plus de 10 milliards de dollars américains d’investissements directs par l’industrie minière générant plus de 20.000 emplois permanents en RDC», soulignent les sept sociétés.

Avec Jeune Afrique

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