Pool Malebo Awards 2019: la promotion de la culture musicale entre Kinshasa et Brazzaville

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C’était à la faveur d’un point de presse organisé mercredi 31 juillet à l’espace «Village chez Ntemba», dans la commune de la Gombe, qu’a eu lieu le lancement de la première édition de «Pool Malebo Awards». Organisée par les acteurs culturels de deux capitales les plus rapprochées du monde, à savoir: Kinshasa et Brazzaville, cette initiative a pour but principal de promouvoir la culture musicale de deux Congo qui est la Rumba, de manière générale et particulière. «Kinshasa et Brazzaville partagent la même réalité culturelle», a déclaré Dieudonné Yangumba, coordonnateur de cette activité.

A en croire les organisateurs, cette initiative un patrimoine de la culture sous toutes ses formes conjuguées. «Cet événement nous permettra de consolider les liens socioculturels existant entre la RD-Congo et la République du Congo», a poursuivi Dieudonné Yangumba. Cette assise qui donnera son go dans les prochains jours, permettra de renforcer l’unité de deux  peuples à travers une rencontre annuelle qui réunira une centaine d’acteurs de la musique. En outre, plusieurs prix seront décernés, dont le prix spécial du génie, le prix de la paix, le prix de la Diaspora, le prix Pool Malebo awards et autres.

«Je dirai que c’est une partie de la RD-Congo qui est juste séparée par le fleuve. On retrouve une même culture. Et la musique rumba quand elle est arrivée ici via le Cuba et le tour de l’Amérique, elle a trouvé les deux pôles. Pour dire qu’il n’y avait pas seulement le pôle Kinshasa mais aussi celui du Brazzaville», a reconnu Marc Tabou, chroniqueur de musique RD-congolaise. A l’en croire,  il faut dire qu’il y a beaucoup de pionniers de la musique Rumba de l’autre côté de la rive. «C’est la même musique qui est chantée par le même peuple, nous avons aussi la même langue. Je crois qu’il y a tout de commun entre la musique RD-congolaise de Kinshasa et de Brazzaville», a-t-il dit. Reconnaissant la valeur et la grandeur de la Rumba congolaise, cet acteur culturel pense que la relève de cette dernière n’est pas vraiment assurée. «La relève elle est là, mais elle n’est pas vraiment assurée parce que c’est la politique culturelle du pays qui fait défaut. Aujourd’hui, nous avons des nouvelles autorités et des nouveaux dirigeants dans notre pays qui sont venues. Et nous leur demandons de faire beaucoup pour la culture RD-congolaise», a-t-il laissé entendre. Puis: «ce dernier temps, la prolifération des chaines étrangères nous donne leur façon de voir la musique. Je pense que nous devons préserver notre musique qui est la Rumba pure et dure par des programmes télévisés». Même son de cloche pour Hugues Vogel, acteur culturel et responsable adjoint des programmes à «DR TV» de Brazzaville.

«Si je devais faire le diagnostic de la musique de deux rives, je dirais que cette musique a perdu sa valeur. Parce que depuis un certain temps il se constate l’arrivée d’autres styles des musiques. Comme le Coupé décalé, l’Afrobeat… du coup, c’est une musique qui est acceptée à une autre génération, à une certaine classe. Et cette classe, elle est majoritaire du point de vu consommation de ladite musique. Ce qui fait que la Rumba soit restée à une certaine catégorie des doyens», a-t-il soulevé.  Et d’ajouter: «il vous suffit de sillonner les boites de nuit, night clubs, lounge bars et autres… les DJ ne facilitent pas non plus l’émergence de la Rumba. Ils sont emballés par la musique d’ailleurs sous l’imposition des clients. Et cela a pris de l’ampleur à tel point que les DJ privilégient la musique venue d’ailleurs, plutôt que leur propre musique faite de la Rumba». Parlant de la relève, Hugues Vogel pense qu’il y a certains artistes de deux Congo qui tiennent tête face à ce fléau. «Mais du moins il y a quelques artistes qui tiennent tête pour que la Rumba ne soit pas totalement mis dans les oubliettes. A Brazzaville, il s’agit de Roga Roga, Doudou Kopa, Trésor Mbula… et, ici à Kinshasa, il y a Koffi Olomide, Fally Ipupa, Ferre Gola, Fabregas Metis noir, Karmapa et autres», a-t-il conclu.Roddy Grâce BOSAKWA

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