Tshisekedi fait de l’électricité sa priorité quinquennale

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Le premier Forum sur l’énergie électrique en RD-Congo axé sur le thème: «Etats des lieux, gestion et impact sur l’industrie et le développement rural» a ouvert ses portes le mardi 20 août dans la ville portuaire de Matadi. Ces assises de trois jours, soit du 20 au 23 août, ont été ouvertes par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en présence de 250 participants.

Dans son discours inaugural, le Chef de l’Etat Tshisekedi a été direct et explicite au point d’évoquer la responsabilité historique de relever le défi de l’électrification en RD-Congo. C’est ainsi qu’il a lancé un appel à vaincre le paradoxe d’un pays aux potentialités électriques parmi les cinq premiers au monde mais qui se trouve malheureusement au dernier rang dans le taux d’accès à l’électricité, estimant que l’émergence de la RD-Congo en dépend. En ce moment où le pays s’attend à la formation du gouvernement, Fatshi a affirmé avoir ordonné que l’accès à l’électricité soit inscrit comme la première des priorités économiques de son programme pour le quinquennat. «Avec l’assainissement attendu du secteur de l’électricité, les opérateurs économiques nationaux et étrangers trouveront l’opportunité d’investir dans ce secteur», a-t-il dit. Puis, il a exhorté les participants à sortir de ce forum avec des recommandations fortes qui appellent à l’accélération de l’action car il y a urgence.

Fatshi fustige l’absence d’une énergie stable et de qualité

Sur cette lancée, le Président de la République a fustigé l’absence d’une énergie stable et de qualité, notant que le développement de l’important potentiel minier du pays, et même la réalisation du port en eaux profondes de Banana, dépendent entièrement de l’offre potentiel en énergie électrique. Il a creusé dans le passé reconnaissant la situation appréciable qu’affichait la RD-Congo sur le plan énergétique depuis la colonisation jusqu’au développement des sites d’Inga 1 et 2, mais qui n’a plus enregistré d’avancées significatives dans le développement de la production de l’énergie électrique depuis la finalisation d’Inga 2 en 1982. «En 1982, le pays comptait environ 22 millions d’habitants pour une capacité installée de l’ordre de 2442 MW contre une capacité se situant actuellement à 2625 MW pour près de 80 millions d’âmes», a-t-il rappelé. Douleur dans l’âme, le successeur de Joseph Kabila à la magistrature suprême a évoqué et déploré le recul enregistré dans le secteur de l’énergie électrique, avec un taux d’accès évalué aujourd’hui à 8 %, soulignant que l’évolution peu reluisante du secteur traduit la faiblesse des capacités de gestion et de planification.

La diversification des ressources énergétiques

Selon lui, le législateur avait résolu en 2014 de procéder à la libéralisation du secteur en vue d’accroître l’accès, mais en dépit de cela, les investissements attendus dans le secteur de l’énergie électrique tardent toujours à se matérialiser. Parmi les obstacles persistants qui freinent cette réforme, le nouveau locataire du Palais de la nation a cité l’absence de texte d’application d’opérationnalisation de la loi sur la libéralisation du secteur, l’absence de l’autorité de régulation du secteur, le caractère inachevé du processus de transformation de la Société nationale d’électricité -SNEL- dans le cadre de la réforme des entreprises, la nécessité de mieux segmenter et de mieux organiser les trois filières -production, transport et distribution- et l’absence de l’agence nationale en électrification en milieux rural et périurbain. Quel contraste! «Le taux d’accès en électricité en milieu rural, qui est proche de 1%, nécessité une prise en charge adéquate qui prend en compte la création des mini-réseaux locaux à travers l’exploitation du potentiel de 10.000 MW issus notamment des micro et mini centrales électriques sur les 890 sites identifiés à travers les 145 territoires de la République, la faible capacité des provinces à gérer efficacement les projets en partenariat public-privé en général et le processus d’octroi de concessions en particulier. A bien décortiquer ce discours, le Chef de l’Etat tient à la diversification des ressources énergétiques pour donner de l’électricité aux RD-Congolais.

Le ministre Ilunga apprécie le désir ferme du Président Tshisekedi

Pour sa part, le ministre de l’Energie et ressources hydrauliques,  Marcel Ilunga Leu, a souligné que la mise en valeur des ressources énergétiques de la RD-Congo constitue l’une des attentes de ce 1er forum. «Ces assises initiées par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a pour objectif  de voir le secteur d’électricité répondre aux mieux et au plus vite aux attentes de la nation étant donné que sans électricité, il n’y a pas d’industrialisation ni de développement durable», a-t-il signifié, évoquant la détermination du Chef de l’Etat de garantir la desserte en électricité des ménages, des opérateurs économiques ainsi des secteurs sociaux, de veiller à l’égalité de traitement de tous les usagers pour un accès à une électricité de qualité et fiable et de veiller à la préservation de l’environnement face aux défis du changement climatique. Puis: «l’accès à l’électricité demeure un objectif de développement durable». Le ministre Marcel Ilunga a apprécié le désir ferme du Président Tshisekedi de pouvoir couvrir les besoins des populations et de créer un environnement compétitif et de bonne gouvernance du secteur énergétique.

Le barrage d’Inga constitue l’une des multiples richesses

De son côté, le conseiller principal du Chef de l’Etat en matière d’énergies et ressources hydrauliques, Michel Eboma, a déclaré que Félix Tshisekedi a décidé de l’organisation de ce forum pour réfléchir autour des problématiques liées à l’électricité en RD-Congo étant donné que celle-ci constitue une de ses priorités de son mandat. Selon lui, le comité préparatoire de ce forum a examiné plusieurs projets d’électrification provenant du secteur tant public que privé en vue de l’amélioration des conditions des vies des RD-Congolais. «Dans le souci d’encourager les initiatives publiques et privées, le Comité a institué un prix ayant deux catégories: le prix grand artisan du secteur de l’énergie électrique et artisan du secteur de l’énergie électrique», a-t-il annoncé. Puis: «Il va suivre l’application des recommandations formulées par le forum en se constituant en  thermomètre du niveau d’électrification de la RD-Congo jusqu’a atteindre les assignations qui seront faites par le Président de la République. Dans son mot de bienvenue, le gouverneur du Kongo central, Atou Matubwana, hôte de ce 1er forum, a fait savoir que la Perenco s’est investie dans la production de l’énergie électrique à partir des gaz issus des ses permis pétroliers, soulignant que la SNEL Moanda et la Base de Kitona seront les bénéficiaires principales. Selon ses propos, le barrage d’Inga constitue l’une des multiples richesses de la RD-Congo et  l’une des plus grandes chutes du monde pouvant potentiellement offrir 100.000 mw dans une phase d’exploitation maximale. Ouvertes mardi, ces assises vont se clôturer jeudi 22 août 2019.

Octave MUKENDI

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