Service national: 4000 anciens rebelles reconvertis en bâtisseurs au Centre pilote Mzee Kabila

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Une nouvelle expérience est à pied d’œuvre à Kayoyo, au Centre pilote M’Zee Kabila de Kanyama Kasese, dans la province du Haut-Lomami. En fait, 4000 anciens rebelles qui se sont rendus volontairement au Service national, y sont admis en formation. A brève échéance, ils deviendront de véritables bâtisseurs engagés à l’œuvre de la reconstruction de la République, a souligné le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, le Commandant du Service national qui, personnellement, a présidé la cérémonie du lancement de ce recyclage et de lavage des cerveaux. Dans son message, il leur a confié qu’à l’issue de cette formation, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi décidera, lui-même, du lieu de leur prochaine destination, en vue de leur réinsertion sociale définitive.

Tout est parti d’une parade organisée à cette occasion,  dirigée par le Commandant du Centre pilote M’Zee Laurent-Désiré Kabila de Kanyama Kasese. Après avoir souhaité la bienvenue à ces anciens rebelles, le colonel Bashonga leur a fait comprendre qu’ils sont au Centre M’Zee Kabila pour la formation. Il leur a recommandé de se sentir chez eux tout en les rassurant qu’ils n’étaient nullement en détention. Au niveau de ce centre tout étant paramilitaire, le colonel Bashonga leur a demandé de se soumettre à la discipline militaire qui, logiquement, y est en  rigueur. Très heureux et confiants, les «rendus» sont acheminés au centre d’entrainement à Kayoyo, à 18 kilomètres de Kanyama, chef-lieu du territoire de Kanyama, dans la province de Haut-Lomami. Bien avant cet accueil, le Directeur de cabinet du commandant du Service national et la délégation qu’il conduisait,  avaient visité le premier contingent des «rendus» logés à Kayoyo. La délégation venue de Kinshasa s’est finalement rendue compte du travail de transformation du premier contingent des «rendus». Le moral était très haut et l’esprit des bâtisseurs bien assimilé en très peu de temps. La maîtrise des chants et de la devise du bâtisseur démontrait, à elle seule, l’intensité du niveau d’encadrement.

Message du Chef de l’Etat aux rendus

Le point fort de la visite à Kayoyo aura été le lancement de la formation des «rendus» par le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Arrivé à Kanyama par petit-porteur, il est arrivé à bord de sa jeep au centre de formation de Kayoyo où il était très attendu. Un comité d’accueil composé  du Commandant du Centre pilote Mzee Laurent-Désiré Kabila, le colonel Bashongo, du Directeur de cabinet du Commandant du Service national, du commandant du centre de formation de Kayoyo, le colonel Bantu, et de toute la délégation venue de Kinshasa était déjà en place. Le général Kasongo Kabwik a passé les troupes en revue avant de leur adresser le message du Commandant suprême des Forces armées de la RD-Congo -FARDC-, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. «Le Chef de l’Etat sait que vous êtes ici et il m’a envoyé non seulement pour vous rendre visite, mais aussi et surtout, pour vous apporter son assistance afin d’améliorer vos conditions de vie pendant toute la formation», a fait savoir le général Kasongo aux 4000 anciens rebelles. A lui d’ajouter: «vous êtes ici sur décision de l’autorité suprême du pays. Nous allons vous former selon son désir. A la fin de la formation, il lui reviendra de décider de votre destination». Le commandant du Service national, comme le parent de l’enfant prodigue, a ajouté à l’accueil, tout un dispositif de convivialité. D’où, des vaches ont été abattues pour donner, à cet instant historique, les vraies marques d’une fête. L’autre moment fort a été sans doute la dotation des «rendus» en matelas, couvertures, assiettes, gobelets, savons, dentifrices, papiers hygiéniques, glycérines, rasoirs,… sans oublier, la tenue du bâtisseur.

La joie du général Kasongo

A la parade qui consacrait le début de la formation, ce sont des bâtisseurs totalement métamorphosés, bien rasés, bien habillés qui ont défilé devant le Commandant du Service national. S’adressant à la presse, le Général Kasongo, lui-même, s’est dit heureux de réaliser ce travail de reconversion d’anciens rebelles en bâtisseurs. Il a insisté particulièrement sur le fait qu’il faut désormais faire les choses autrement en mettant fin à la pratique qui faisait que les anciens rebelles étaient intégrés dans l’armée. Car aussitôt qu’ils étaient sur le terrain, ils regagnaient la rébellion. Concernant les moyens nécessaires pour assurer l’encadrement de ces «rendus», le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a fait savoir qu’on ne ferait rien si on attendait que tous les moyens soient réunis. Et de poursuivre: «il faut faire avec ce qu’on a. A l’arrivée du premier -rendu-  sur le site de Kayoyo, il n’y avait rien. Les rendus n’avaient pas où mettre la tête. Tout a changé et tout ira en changeant».

Une ambiance de fête

La cérémonie s’est clôturée dans une ambiance de fête au rythme de la musique de  Wenge Musica de Werrason. Tous les anciens rebelles, Maï-Maï, Kamuina-Nsapu et autres, exhibaient la même danse démontrant ainsi leur appartenance à la même culture. Avec cette nouvelle tâche qui incombe, désormais, au Service national, il y a lieu que le nouveau gouvernement y mette des moyens. Car, avec la concentration de 4000 hommes en un endroit, il faudra éviter toute occasion de mécontentement pouvant conduire aux actions d’indiscipline. Parce qu’une chose est d’encadrer ces anciens rebelles, une autre et d’ailleurs la plus importante, est de leur trouver un métier capable de les aider à s’épanouir.

Une tradition de recyclage

Il convient de rappeler que la RD-Congo s’est constituée une tradition de recyclage des groupes armés. La plus grande opération de recyclage est celle connue après le Dialogue Intercongolais de Sun City, en Afrique du sud. Le pays était divisé en quatre administrations dont trois dirigées par des groupes rebelles. Pour créer une seule armée nationale, il y a eu mixage, brassage, intégration… des groupes armés dans l’armée nationale. Cela était en passe de devenir une pratique jugée normale pour intégrer l’armée nationale. En conséquence, ceux qui étaient intégrés dans l’armée hier, regagnaient les groupes armés pour être rebrassés. Voilà pourquoi le gouvernement RD-congolais a estimé, cette fois-ci, qu’il faut faire les choses autrement. Les anciens sont appelés «les rendus», entendez, ceux qui se sont rendus. Il s’agit de groupes armés qui ont pris, eux-mêmes, l’option de déposer les armes. Cette expression, «les rendus» avec un peu de poésie veut aussi dire «ceux qui sont rendus à la société». C’est cet aspect qui intéresse au plus haut point le Service national, organe choisi par le gouvernement de la République, pour accueillir ces enfants prodigues afin de leur réinsertion dans la société. Ces anciens rebelles viennent des groupes armés dans toutes leurs diversités. Les Maï-Maï, les Kamuina-Nsapu, sans oublier, les hommes du «commandant Buffle», venus de l’ex-province de l’Equateur. Aussitôt qu’ils avaient déposé les armes, ils ont été cantonnés à la base militaire de Kamina. De là, ils ont pris le train à destination de  Kanyama Kasese où ils étaient accueillis par le colonel Basile Ngoy, Directeur de cabinet du Commandant du Service national.

Dorian KISIMBA

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