Malaise à l’Ecole de santé publique, Mbikayi accusé

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Steve Mbikayi, Président National du PT et député national, le 17/02/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

Ça sent le roussi à l’Ecole de santé publique de l’Université de Kinshasa -ESPK. Après le cri d’alarme, la semaine dernière, des apprenants de cet établissement d’excellence à la suite de l’arrêt de travail observé depuis quelques jours par les enseignants, c’est au tour des professeurs de l’Université de Kinshasa de donner de la voix. Dans un communiqué de presse circulant sur la toile, le corps académique de l’ESPK accuse le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire -ESU-, Steve Mbikayi, d’avoir bafoué les textes régissant leur métier. Pour eux, le malaise tant décrié est caractérisé, entre autres par des irrégularités flagrantes contenues dans l’arrêté ministériel, ainsi que la nomination à la tête de cet établissement, d’un professeur dont le parcours ne garantit pas la crédibilité dans le leadership de l’ESPK.

 

Depuis plus d’une semaine, l’arrêté n°208/MINESU/CAB.MIN/SMM/JPK/CA/2018 du ministre Mbikayi portant nomination des membres du Comité directeur au sein de l’ESPK est au cœur de discordes à l’Université de Kinshasa. Les professeurs de cet établissement ont stoppé les enseignements, et les apprenants ne savent plus à quel saint se vouer. Après leur cri d’alarme, la semaine dernière, c’est au tour des professeurs de donner de la voix, en évoquant les motivations de leur fronde. Dans un communiqué de presse rendu public le 25 septembre 2018, le corps académique de l’Ecole de santé publique de Kinshasa dénonce les irrégularités contenues dans l’arrêté ministériel désignant le comité directeur de l’ESPK. Entre autres la nomination à la tête de cet établissement, d’un professeur dont le parcours ne garantit pas la crédibilité dans le leadership de l’ESPK.

Les professeurs signataires de ce communiqué de presse traitent le nouveau directeur nommé par le ministre de l’ESU de déserteur. «Lors de son précédent mandat comme directeur à l’Ecole de santé publique de Kinshasa, ce dernier a déserté son poste de directeur pendant une année entière au profit d’une consultance au Soudan du Sud, abandonnant l’ESPK dans une situation désastreuse», renseignent-ils. Et de poursuivre: «à cela s’ajoute les passages successifs de l’intéressé aux postes de directeur à l’Ecole régionale de santé publique de l’Université de Bukavu et de médecin-directeur de l’Hôpital général provincial de Goma. Et il a été éconduit de ces deux institutions pour raison de mauvaise gestion financière».

L’absence d’un chargé de formation au sein de l’établissement

D’autres irrégularités observées ont aussi poussé les professeurs d’arrêter les enseignements. Il s’agit entre autres de l’absence d’un chargé de formation qui, pourtant, reste un poste clé au sein du comité directeur. A en croire le corps académique de l’ESPK, cette absence a été vite ressentie par tous, du fait qu’elle a profondément perturbé les activités de formation et d’encadrement des apprenants. Dans leur communiqué de presse, les professeurs signataires disent avoir fait part de tous ces faits au ministre Mbikayi, mais en vain.

«Tous ces faits ont été portés à la connaissance de Son Excellence Monsieur le ministre de l’ESU, qui disposait de tous les moyens et services pour leur vérification, avant la nomination de l’actuel comité directeur. En dépit de ce qui précède, Son Excellence le ministre de l’ESU l’a quand même nommé comme directeur de l’ESPK», lit-on dans ce communiqué, qui renseigne en même temps que le professeur qui a été nommé au poste de directeur adjoint dans ce comité a présenté sa démission dans sa lettre du 28 août 2018. Conséquence: à ce jour, l’Ecole de santé publique de l’Université de Kinshasa est actuellement dirigée uniquement par deux membres au lieu de quatre, à savoir: le directeur et le coordonnateur chargé de l’administration et des finances. «Ceci bloque le fonctionnement de l’ESPK. Les enseignements ne sont plus dispensés, tout comme les évaluations et délibérations avec toutes les conséquences sur les activités académiques futures de l’institution», déplorent les professeurs signataires du communiqué.

L’autre «bourde» du ministre de l’ESU

Le corps académique de l’ESPK se dit aussi énervé de la nomination d’un apprenant en cours de formation au sein de l’Ecole de santé publique de Kinshasa, comme coordonnateur chargé de l’administration et des finances. «Celui-ci n’est pas un agent de carrière ni au sein de l’Université de Kinshasa, ni au sein d’une autre institution publique de l’ESU comme le prévoit l’Ordonnance 81-160 du 7 octobre 1981 portant statut du personnel de l’enseignement supérieur et universitaire», dénoncent ces professeurs dans leur communiqué.

A l’heure actuelle, le décor d’une grève générale est planté à l’Ecole de santé publique de l’Université de Kinshasa. Toutes les activités sont quasi paralysées. De leur côté, les professeurs ne décolèrent pas, ils réaffirment, par ailleurs, qu’ils sont disposés à reprendre les activités de formation aussitôt que les irrégularités de l’arrêté désignant le comité directeur auront été levées.

Tino MABADA

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