Machine à voter: Washington spécule

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Les Etats-Unis d’Amérique ont infligé des sanctions à un certain nombre des personnalités RD-congolaises. Au nombre des punis, figure le président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, Corneille Nangaa. L’expert a pourtant réussi à organiser les élections dont les mêmes Etats-Unis ont paradoxalement salué la victoire du Président élu, Félix Antoine Tshisekedi.

Face à ces sanctions et à l’attitude contradictoire des autorités américaines, Corneille Nangaa n’est pas resté aphone. Le président de la Centrale électorale a lancé sa contre-attaque, refusant d’être accusé gratuitement, sur base d’un certain nombre de données infondées et non prouvées. Sur son compte Twitter, il a déclaré: «contrairement aux sanctions américaines, je n’ai jamais été associé à une quelconque œuvre de corruption. Avec mes collègues, nous avons agi suivant les orientations de la plénière de la CENI et sous le contrôle de l’Assemblée nationale.  Nous sommes fiers d’avoir conduit ce processus qui a donné à la RD-Congo sa toute première alternance démocratique depuis son indépendance». Par ailleurs, le président de la CENI évoque deux faux diagnostics posés par l’ambassade américaine en RD-Congo autour de la machine à voter avant même la tenue des scrutins. La représentation américaine avait d’abord soutenu que les machines à voter n’allaient pas fonctionner car n’étant jamais utilisées et au regard des défis logistiques. Puis, Nicky Halley, à la faveur d’un séjour à Kinshasa, avait laissé entendre qu’il s’agissait d’un vote électronique. Fausses allégations! Pour la Centrale électorale, les Etats-Unis ont eu des préjugés sur une machine qui n’a servi que d’imprimante parce qu’il y avait bien un bulletin de vote.  

Curieusement, la machine ayant fonctionné normalement, les autorités américaines versent dans des spéculations en revenant sur le coût élevé de la machine et sur des financements présumés du Front commun pour le Congo -FCC. 

Au cours d’une interview accordée récemment à nos confrères d’Actualité.cd, Corneille Nangaa a expliqué le contexte dans lequel les élections se sont déroulées et a reconnu quelques faiblesses pendant le processus, mais aussi des forces à consolider.

«Sommes-nous en train de dire que tout était parfait? Non, loin de là. Le processus électoral s’est déroulé dans un environnement difficile caractérisé par la méfiance entre acteurs. Il y a eu des faiblesses, pour lesquelles nous sollicitons l’indulgence des uns et des autres, mais également des forces qui nécessitent consolidation. L’alternance démocratique et pacifique tant attendue est une réalité. Nous rendons grâce à Dieu», a-t-il fait savoir.Pendant que les Etats-Unis lui en veulent, le président de la Commission électorale nationale indépendante et son équipe sont concentrés dans la préparation de l’élection des gouverneurs, fixée au mercredi 10 avril prochain.

Tino MABADA

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