Leçon du Premier ministre Ilunga à Constant Omari

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Conduit par le président de la FECOFA, Constant Omari, en présence du ministre des Sports, Amos Mbayo Kitenge, du ministre de la Jeunesse Eraston Kambale et de celui des Droits Humains, André Lite, le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba a visité les installations du Stade des Martyrs. C’était le lundi 4 novembre 2019. Il a été question pour le Premier ministre de se rendre compte de l’état de cette infrastructure sportive afin de sa réhabilitation pour répondre aux exigences standardisées de la CAF, la Confédération Africaine de Football, et de la FIFA, la Fédération Internationale du Football-Association.

Partenariat public-privé requis

De l’aire des jeux jusqu’aux installations sanitaires, en passant par les deux vestiaires et dans d’autres installations fixes, rien n’a été laissé au hasard. Il a été préconisé par le président de la Fécofa, le renouvellement du tapis, soit poser la pelouse naturelle ou encore la pelouse hybride. Question de répondre aux exigences de la FIFA et de la CAF.

Il a aussi suggéré au Premier ministre la pose du tapis synthétique sur l’espace d’avant la sortie des joueurs des deux vestiaires pour le réchauffement. À cela s’ajoutent d’autres dispositifs sécuritaires et de secours sur le plan électrique. Il convient de rappeler que le Chef du gouvernement central accorde une importance certaine à la promotion de la Culture, des Arts, du Sports et des centres de loisirs, 15ème pilier du programme d’actions du gouvernement.
Ce qui ne l’a pas empêché de rappeler l’impérieuse nécessité du partenariat public et privé pour la réhabilitation de ce Complexe omnisports des Martyrs.

De cette observation du Chef du gouvernement au discours alambiqué de Constant Omari, peut-on croire que cette vieille habitude de tout attendre du Trésor public est révolue?

C’est le cas de le dire. Surtout lorsque l’on sait que ce stade produit des recettes faramineuses en terme des millions à même d’assurer sa maintenance. Mais qui vont dans des poches des gens à tous les niveaux, notamment l’administration du stade, la Fécofa, etc.

Les panneaux publicitaires posés en haut des super- structures de ce stade valent des dizaines de milliers de dollars mensuellement: Vodacom à l’époque, Orange aujourd’hui! Les publicités autour de l’aire du jeu, tout comme celles diffusées sur l’écran géant du stade… La location du stade pour des manifestations religieuses et autres rapportent des millions en dollars. Les abonnements de la salle de musculation, les recettes des matches internationaux et nationaux de football organisés aussi bien par la Fécofa que par la Linafoot…. En plus de cela, le Comité de gestion du stade, en intelligence avec la Fécofa et les grands clubs, peut favoriser l’ouverture des boutiques de ventes des équipements et pins…au lieu de remplir le stade des gargotes et bistrots.

Au regard de ce qui précède, force est de reconnaître que l’État ne peut plus démeurer continuellement pas être la vache à lait des gestionnaires des opérateurs sportifs. Car, l’Etat-Providence qui a construit ce stade ne va quand-même pas, chaque cinq ans, procéder à la réhabilitation de cette unité de production qui enrichit ses gestionnaires. Ce, au détriment du Trésor public et des utilisateurs qui sont les athlètes. D’où, il est évident que ce stade produit des recettes faramineuses, comme souligné plus haut, et peut très bien être entretenu sans intervention de l’État. Et qui plus est, lorsque le gouvernement intervient financièrement, les 3 tiers de l’enveloppe tombent entre les mains des prédateurs. Ces derniers se recrutent dans les rangs de ceux-là même qui brandissent certaines menaces de la FIFA/CAF. Mais comme pour les tourner en dérision, en dépit des menaces claironnées tambours-battant, le DCMP/K a joué son match des interclubs au Stade des Martyrs pas du tout suspendu. V. Club en fera autant sans cette sanction imaginaire pour soutirer l’argent à l’État. L’histoire peut rappeler à tous combien de fois ce stade a été rehabilité. Une seule fois suspendue à cause des violences.

Prise en charge des équipes nationales

Par ailleurs, le président de la Fécofa a, par cette occasion, voulu faire croire au méticuleux Premier ministre que seul le gouvernement peut supporter toutes les lourdes charges des équipes nationales de football -seulement- engagées aux compétitions internationales. Notamment, les filles. Or, il est de notoriété publique que, à cause de sa mauvaise gestion et ses carences en management, le football national regresse. Les résultats escomptés tardent.

À la dernière CAN dont le résultat était médiocre à l’image des responsables de la Fécofa, tout le monde avait crié au scandale financier. Gouffres financiers à Marbella, détournement des frais de mission et primes des joueurs à Alexandrie…bref, des millions de dollars dépensés pour rien. Et si l’on revenait à la vente de la qualification des Léopards/espoirs aux Marocains pour la CAN et les J.O. de Tokyo par la Fécofa? Pourtant Constant Omari n’a pas démissionné. On est dans quel pays? Des millions avaient été dépensés par le Trésor et la qualification vendue. Simplement pour avoir imposé au sélectionneur un joueur plus âgé, Arsène Zola.

FIFA/Forward: 5 millions USD consacrés annuellement au football féminin et au football des jeunes du pays

Où vont les Cinq millions de dollars US versés annuellement à la Fécofa par la FIFA? Voici la question que d’aucuns se posent. Car, dans le cadre de son programme annuel FIFA/forward destiné à l’aide au développement du football/féminin et du football des jeunes, la FIFA a inscrit certains pays. La République Démocratique du Congo en est l’un des heureux bénéficiaires depuis bientôt deux ans. Son football y avait été admis grâce à une laborieuse étude d’expert présentée à la FIFA par l’ancien Directeur technique national Mukeba. Hélas! L’approbation de cette étude, par la FIFA, pour le développement du football féminin et des jeunes lui avait valu son limogeage par Omari. Il en savait trop.

Aussi, puisque le Premier ministre vient d’administrer à l’inamovible président de la Fécofa une bonne leçon de management au Stade des Martyrs de Pentecôte, il lui appartient de mettre en tête que l’entretien ainsi que la réhabilitation de ce stade peuvent se faire sur fonds propres, sans l’aide de l’Etat. En cas de doute, Vodacom et Orange, qui ont dépensé des millions pour des panneaux publicitaires, peuvent présenter des preuves. Comme les responsables de tous les clubs, toutes les disciplines confondues, dont les athlètes sont soumis à des tests médicaux payants au lancement de la saison sportive dans les installations médicales du Stade des Martyrs.

Marcel KIADI
Correspondance particulière

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