Le Jardin botanique de Kinshasa, un des sites reposants de la capitale

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Kinshasa regorge plusieurs sites verdoyants capables d’apporter des solutions ou du repos aux nécessiteux. Le Jardin botanique de Kinshasa en est un, au regard du calme et de l’air frais qu’il abrite. Bien que situé en plein centre-ville, juste  à quelques mètres du Marché central, à côté des avenues du Commerce et Kasa-Vubu, ce jardin attire plus à cause de son aspect ombrageux. Sans vacarmes, si ce ne sont que des cris d’oiseaux, il est bien reposant. Le cadre  est à même d’apporter des solutions aux hypertendus, mieux encore aux stressés. Les chercheurs, les étudiants, les touristes et  les nouveaux fiancés, c’est selon,  s’y rendent souvent. La verdure, la pelouse et les arbres ombrageux font de ce site, un des lieux dignes d’un repos de la ville de Kinshasa. Les personnes qui y fréquentent sont de tout âge. Femmes, hommes, enfants, jeunes et vieux viennent de tous les coins de la capitale. Reportage.

Il est 09 h 35’. Nous sommes vendredi 28 juin 2019,  jour qui marque le début du week-end, au Jardin botanique de Kinshasa. A cette heure, le site est à moitié vide. On a l’impression d’être dans un endroit où l’accès est interdit. Non. Ce n’est pas le cas. Sûrement que le froid de la saison sèche ont fait que les gens ne s’empressent pas de venir. Ou peut-être que ce sont des embouteillages qui minent, ce dernier temps, les rues de la capitale. Pendant que j’approche un couple assis sous un arbre juste devant le grand bâtiment peint en jaune, je vois venir un bus de marque Nissan. Il est 11h 30’. C’est un groupe des sujets chinois qui descendent à bord. Ils se dirigent vers le mur qui longe l’avenue du Commerce. Au même moment, quelques jeunes bien habillés avancent devant moi et me saluent. A une question de savoir de quelle commune viennent-ils, un d’entre eux me répond calmement qu’ils viennent de Lemba. «Nous venons de Lemba terminus et nous sommes en promenade», ont-ils réagi.

Une verdure qui attire

De bout en bout, le Jardin botanique brille par une verdure impressionnante. Les arbres qui s’y trouvent, bien qu’ombrageux, ont pratiquement vieillis. Parce qu’ils datent des plusieurs décennies. C’est le cas du cacaoyer connu sous son nom scientifique Theobrama cacao ou l’hévéa -hévéa brasiliensis- ou encore le flamboyant royal -Delonix regia. Le baobab -Adansonia digitata-  est aussi présent au Jardin botanique. Tous  ces arbres produisent de l’ombre qui permet aux visiteurs de s’abriter. Le site regorge aussi les palmiers, les cocotiers, les bananiers et autres espèces floristiques. Cette végétation produit non seulement l’ombre mais encore et surtout l’humidité. C’est la vraie caractéristique du jardin. C’est sûrement à cause de cet aspect que les gens se bousculent au portillon.  Dans ce site, l’entrée n’est pas gratuite. Les adultes paient 2500 FC tandis que les enfants 1000 FC. Ces montants sont essentiellement pour les nationaux. Les étrangers ont leur tarification. Si les adultes achètent leurs billets à 5000 FC, leurs enfants paient 2500 FC. Cette tarification est bien affichée à la porte d’entrée y compris les heures de visite qui vont de 8 heures à 17 heures.

Un lieu de retrouvailles

C’est à 14 heures que j’approche un couple dont la fille, d’environ 22 ans, est  en singlet blanc. Elle sirote calmement son verre de jus. A la question de savoir s’ils viennent souvent sur ce site, le jeune homme d’environ 37 ans me répond sans gêne: «oui, très souvent, c’est un cadre qui nous rend très heureux et nous met à l’alaise surtout quand nous écoutons les cris d’oiseaux. Très souvent nous venons passer nos moments ici». Et d’ajouter: «nous venons de Macampagne dans la commune de Ngaliema».  Le Jardin botanique de Kinshasa est aussi un lieu des retrouvailles. Dans ses différents coins, se trouvent des couples, des groupes des jeunes, des vieux et autres chercheurs. Ici, la plupart des couples  se parlent à voix basse. Hommes et femmes se tiennent à des distances véritablement intimes. Des embrassades, des coucous et de petites tapes se vivent dans ces couples qui contribuent à la décoration momentanée du jardin. Apparemment tout est permis. Je n’affirme pas. Mais c’est l’impression que j’ai au regard des films d’amour du genre «Amitié d’enfance»de Camara Laye. Les vieux et jeunes partagent bien leur vie d’intimité dans ce cadre sans bruits. Dans ce jardin, on ne peut pas mourir de faim surtout quand sa poche est garnie. Parce que les kiosques de vente des sucrés et des sandwiches sont bien tenus.

Un jardin de l’époque coloniale

Créé depuis 1933, bien avant l’indépendance, avec une superficie de 7h, le Jardin botanique de Kinshasa, jadis connu sous le nom de Parc  Ferdinand de Bock,  a besoin d’un reboisement. Ses arbres ont vieilli. Fernand de Bock est le nom du Commissaire du moyen Congo belge. Resté en abandon pendant plusieurs années, il a connu sa réhabilitation au début des années 2000 grâce à un projet soutenu par la France, l’Union européen, le Jardin botanique de Belgique et l’ONG les Amis de la nature. Domaine de l’Institut congolais pour la conservation de la nature -ICCN-, ce jardin est un véritable lieu du repos. Un bon cadre pour les hypertendus et les personnes dépassées par les surmenages. Un tour suffit pour combattre les stress. En dépit de son emplacement en plein centre-ville, non loin du grand marché, le Jardin botanique de Kinshasa reste calme et reposant. Les parents accompagnent leurs enfants pour visiter les espèces d’arbres qui s’y trouvent. Touristes et chercheurs y  fréquentent aussi.Marc Olivier TSHIMUGU

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