Gécamines: Deziwa, le projet phare de l’ère Yuma démarre

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La Gécamines doit son second souffle à un prêt de 191 millions de dollars de Fleurette Groupe, propriété de Dan Getler, consenti en 2012. Cette révélation est faite par des fins connaisseurs des dossiers miniers peu après l’inauguration, mercredi 15 janvier 2020 à Kolwezi, de la nouvelle usine de Deziwa, commune à la Gécamines et à la chinoise CNMC. L’argent a servi à désintéresser la firme canadienne Platmin qui avait des droits sur la mine et s’apprêtait à revendre ses parts sur les marchés boursiers, au détriment de la Gécamines et sans entreprendre un quelconque développement. Qu’on l’aime ou pas, Dan Gertler est l’homme d’affaires par qui est passée une des solutions favorables à la Gécamines. Sur cette mine reprise aux Canadiens est aujourd’hui bâtie la Société minière de Deziwa -SOMIDEZ-, le projet-phare de l’ère Yuma qui va, estiment ses initiateurs, certainement permettre au géant minier de la République de redevenir un acteur majeur dans le secteur des mines sur le plan international. D’une capacité installée de 80.000 tonnes de cuivre et de 8.000 tonnes de cobalt par an, le projet Deziwa a nécessité un investissement de 880 millions de dollar et va reposer sur des réserves de 4,6 millions de tonnes de cuivre et 420.000 tonnes de cobalt. La phase additionnelle du projet prévoit de doubler cette capacité de production. Inimaginable il y a 8 ans.

SOMIDEZ démarre enfin. Sa réalisation résume, de l’avis des membres du Conseil d’administration de la Gécamines, les réponses aux questions de mauvaises langues dans le sens de savoir: «Monsieur le PCA, qu’avez-vous fait de toutes ces années? Quels sont vos résultats?», a souligné le discours du PCA Albert Yuma, lu par un cadre de la Gécamines à cette occasion.

Deziwa est, en réalité, le parachèvement des travaux abandonnés par l’ancien partenaire et le début de la production commerciale. Une véritable révolution minière jamais connue en RD Congo depuis des lustres. La vision d’Albert Yuma est très claire. «Deziwa est un projet emblématique de cette volonté de prendre le temps nécessaire pour reconstruire nos capacités, de manière responsable et durable et avec les moyens qui sont actuellement les nôtres mais qui ne feront que croitre avec le temps et nous donneront alors les moyens d’aller plus vite et plus loin», a-t-on expliqué dans son discours inaugural.

La Gécamines est une entreprise qui sert de modèle dans la révolution de sa production, de sa modernisation. Le partenariat signé avec la chinoise CNMC, avec laquelle elle partage les mêmes objectifs, pour un développement économique et social durable et partagé pour l’ensemble des parties prenantes est pratiquement différent de ceux signés dans le passé avec d’autres partenaires. L’actuel partenariat permet d’engager la RD-Congo sur le chemin de la reconstruction de son potentiel industriel minier et permet aussi à la Chine d’affirmer son engagement à travers un partenariat véritablement gagnant-gagnant s’inscrivant dans le cadre de son projet «la ceinture et la route».  Avec ce projet phare, la Gécamines se modernise après avoir connu des moments de fortes turbulences.

En 2010, l’opérateur public des mines a connu la situation d’une entreprise meurtrie par près de trente années de troubles, de divisions politiques, d’abandon étatique et de tentatives de réformes infructueuses. Mais aujourd’hui, la Gécamines reprend sa place de géant minier mondial grâce à son partenariat avec Deziwa.  Ce dernier est tout un symbole de la résistance de la Gécamines face aux multiples menaces subies. «C’est l’antithèse de l’esprit de renoncement, c’est la preuve qu’avec volonté et créativité, il est possible de dépasser nos difficultés, celles qui nous empêchent d’aller aussi vite que nous le voudrions», souligne-t-on au Conseil d’administration de la Gécamines.

La particularité de la joint-venture signée entre les entreprises repose sur un BOT d’une durée de 9 ans avec une première pour ce géant minier depuis sa création: elle détient pratiquement 49 %. Le même ratio est  applicable pour la sous-traitance et la Gécamines qui a aussi 49 %. L’élaboration du plan opérationnel et du budget est réalisée de concert. Finie donc l’époque où la partie RD-congolaise devrait seulement avaliser. La reprise par la Gécamines  dans les 9 ans est planifiée dès à présent avec la présence à tous les niveaux des agents, cadres et cadres supérieurs RD-congolais.

Usine ultra moderne

Deziwa est une usine ultra moderne. Véritablement moderne. Elle est parmi les usines de premier rang en République Démocratique du Congo en termes d’échelle de production, d’équipements et de niveau d’intelligence. «Avec son modèle de coopération le plus récent, son niveau d’automatisation le plus élevé, ses équipements les plus modernes, son traitement de minerais le plus important et son niveau optimal de gestion, SOMIDEZ sert d’excellent modèle de coopération sino-congolaise dans le domaine minier», s’est vanté Wang Tongzhou, PCA de la nouvelle usine.

La Gecamines a repris sa santé avec un potentiel minier estimé à 9 millions de tonnes de cuivre et 900.000 tonnes de cobalt. Pas mal pour ce moribond qui, en 2010, ne disposait que de moins de 300.000 tonnes. Désormais, l’entreprise est en capacité de développer des projets d’envergure. Cela a nécessité non seulement du temps et de la volonté dont les membres du Conseil d’administration n’ont jamais manqué fort heureusement. Mais aussi de l’argent dont malheureusement, comme toutes les entreprises du Portefeuille de l’Etat, le staff dirigeant a été dépourvu. 

D’une mine à vendre à une usine moderne!

Deziwa est un projet qui marque une véritable révolution dans la production minière en RD-Congo. Au départ, Patmin, le partenaire canadien de la Gécamines voulait revendre ses parts sur les marchés boursiers sans avoir lancé la moindre exploitation. Le sinistre plan n’avait pas enchanté la Gécamines qui avait dit niet. Grâce au Groupe Fleurette, elle avait racheté les parts et cherché un partenaire qui a levé les fonds, 880 millions de dollars, pour créer un des fleurons de la Gécamines. Comme on peut le constater, Deziwa est un élément clé de la relance de la Gécamines avec STL -Société du Terril de Lubumbashi- et EGC -Entreprise générale du Cobalt.

Dorian KISIMBA

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