Cour constitutionnelle: le juge Kilomba victime d’un acharnement

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Une guerre intergénérationnelle s’est déclenchée à la Cour constitutionnelle. La cible principale est le plus jeune des 9 juges de la Haute cour: Noël Kilomba Ngozi Mala, 54 ans et président de la Chambre II. Cette guerre, portée sur la place publique via les médias, consiste notamment à couvrir d’opprobre la personne de Kilomba, réputé brave, intègre et doté d’une forte personnalité et d’une probité morale quasi-irréprochable.

Intelligent au point d’être considéré comme un surdoué, Kilomba, du haut de ses 28 ans de carrière ininterrompue à la magistrature, est accusé d’avoir été corrompu dans la gestion des contentieux électoraux des législatives nationales de décembre 2018. Certains médias, par mauvaise foi ou par erreur, ont trompé l’opinion publique en rapportant qu’il a exigé USD 80.000 aux députés dont le dossier était entre ses mains. Des questions méritent d’être soulevées à ce propos. Pourquoi à lui seul il exigerait une somme aussi astronomique alors que les arrêts de la Cour nécessitent la signature de 3 juges? Un juge aussi excellent que Kilomba accepterait-il de souiller sa brillante carrière pour de l’argent qu’il sait déjà gagner en toute honnêteté? Invraisemblable.

Des contre-vérités sur la famille Kilomba

Pour d’aucuns, cela dénote d’un acharnement sur le plus jeune juge de la Cour constitutionnelle. «Kilomba n’a pas géré seul les différents dossiers liés aux contentieux électoraux. Chaque décision prise a nécessité la signature de trois juges. Je suis curieux de voir tout le monde s’attaquer à lui. Ce qui se raconte frise la mauvaise foi», estime un analyste politique avant de s’interroger «Pourquoi seulement lui?» Outre l’acharnement, cet analyste voit dans cette démarche une main noire qui tente d’intimider le juge Kilomba. «On n’intimide pas un juge pour rendre un arrêt en sa faveur. C’est contre la démocratie. Pour un juge aussi bien formé que Kilomba, qui traine une expérience de plus de 20 ans en magistrature, c’est un coup d’épée dans l’eau», estime-t-il. Comme ci cela ne suffisait, les mêmes médias s’en sont pris à la famille de Kilomba répandant des contre-vérités au sujet de son petit frère décédé et d’une prétendue maladie mentale héréditaire. Ils sont accusés «d’intelligence excessive». En creusant sur ce dossier, AfricaNews a découvert que le jeune frère de Kilomba est mort de suite d’une hémorragie après des coups reçus de la part des bandits qui voulaient lui ravir sa voiture à Kinshasa.  «Il était très intelligent. Il a fait des études en médecine à l’Université de Lubumbashi et a aussi été formé comme pilote à l’école de pilotage de Lubumbashi. Il a travaillé comme pilote privé du diocèse de Kindu», a appris le trihebdomadaire du quartier Beau vent. Puis: «La fameuse maladie évoquée était due aux stress accumulés après d’intenses travaux en 2017. En Afrique du Sud, où Kilomba s’était rendue pour des soins appropriés, il avait passé une série d’examens médicaux passés qui n’ont signalé aucune maladie qu’elle soit mentale ou pas». Puis encore: «Le juge Kilomba est issu d’une famille des personnes intelligentes. Un de ses frères est professeur de Droit, deux de ses sœurs sont licenciées en médecine, une autre preste comme avocate».

Kilomba, l’étoile qui brille dans l’obscurité

Malheureusement, toutes ces accusations gratuites, alimentées dans le seul objectif de souiller la réputation de Noël Kilomba, risquent d’être avalées par la population qui, de plus en plus, perd confiance envers la justice RD-congolaise. La justice du pays de Lumumba, sévèrement critiquée et remise en question, met à mal la détermination du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de bâtir un Etat de droit.  Plutôt que de dire le droit, nombre de juges font autre chose à la place pour avoir fait de l’argent maître de leur carrière. Les exceptions ne manquant jamais à chaque cas, Noël Kilomba Ngozi Mala sort du lot et se distingue toujours par sa droiture dans le traitement des différents dossiers soumis à sa gestion. Fils d’un enseignant, le juge Kilomba est l’auteur d’un cursus professionnel brillant démarré en 1991 lorsque Me Yoko Yakembe, alors ministre de la Justice, l’a recruté après qu’il ait envoyé son dossier de candidature depuis Kolwezi par DHL.

Diplôme sur la prévention du génocide et crimes de guerre

Pourquoi son dossier a-t-il séduit un juriste de la trempe de Me Yoko? Certainement, grâce à son parcours scolaire excellent. Après avoir décroché son diplôme d’Etat en 1985, Noël Kilomba s’est inscrit dans la faculté de Droit à l’Université de Lubumbashi où il a obtenu sa licence au cours de l’année académique 1989-1990, prolongée jusqu’en 1991 à cause des incidents survenus du 11 au 12 mai 1990. A l’UNILU, Kilomba a côtoyé des illustres juristes de nos jours tel Moïse Nyarugabo ou encore Hubert Efote. En novembre 2011, Noël Kilomba a participé au séminaire de formation sur la prévention du génocide à Auschwitz Birkenau en Pologne et a décroché un diplôme d’honneur avec mention distinction.

Doctorant à l’Université de Lille, Kilomba prépare minutieusement sa thèse sur le droit constitutionnel. Face à sa longue expérience, sa compétence avérée, son intégrité intellectuelle et sa moralité saine, il a plu à Joseph Kabila, alors Président de la République, d’élever Noël Kilomba au rang de juge membre de la Cour constitutionnelle par ordonnance présidentielle n°14/020 du 7 juillet 2014. LOI

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