Campagne électorale: départ réussi pour Fayulu au Nord-Kivu

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Le départ a été réussi voire sublime. Martin Fayulu Madidi, candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018 porté par la coalition Lamuka, a signé une belle entame de sa campagne électorale mercredi 5 décembre 2018 dans la ville martyre de Beni au Nord-Kivu. Une foule immense, indescriptible, enthousiasmée a accueilli avec ferveur celui qui se fait appeler «Soldat du peuple». Il est environ 17h30’ lorsque les pieds de Fayulu, accompagné d’Adolphe Muzito, Eve Bazaiba et autres acteurs de la coalition Lamuka, ont foulé l’aéroport de Mavivi, pris d’assaut par des militants déterminés à lui réserver un accueil délirant. Cris, chants, danses, klaxons,  etc. ont été au rendez-vous. L’ambiance a été à son zénith. A Beni, l’on confesse: «Nous sommes venus recevoir le futur Président de la RD-Congo». Ce mercredi-là, les activités, à travers toute la ville, ont été paralysées autant que le cortège de Fayulu qui, au milieu d’une foule compacte, a connu toutes les peines du monde pour se frayer un chemin. En vrai soldat, Fayulu est descendu de sa voiture, a effectué une marche pour atteindre le rond point du 30 juin où une autre foule immense l’attendait depuis la matinée. Les premiers mots de Fayulu sont des excuses suite au retard avec lequel il a démarré le meeting inaugural de sa campagne. Ce retard, selon le candidat Lamuka, est dû aux «tracasseries du régime en vue de retarder son voyage».Quoi qu’il en soit, Fayulu, ému, a pu se rendre à Beni. «Je suis content d’arriver à Beni. Je lance ma campagne ici pour démontrer toute la priorité que j’accorde aux problèmes que traverse Beni et l’ensemble de la province du Nord-Kivu», a-t-il déclaré. Et de fustiger: «On vous a soumis à l’esclavage, à l’insécurité… vous n’avez pas à manger, ça doit changer. L’électricité est un problème. Nous en manquons faute de volonté des dirigeants actuels». Des projets, Fayulu en nourrit plusieurs pour le bien-être de la population de cette ville. Pour stabiliser l’économie de cette ville, il entend miser sur l’agriculture qu’il veut rendre moderne et performante. Il promet aussi de restaurer l’autorité de l’Etat et de déplacer le camp Kokolo de Kinshasa à Beni pour assurer la sécurité de ce terroir, où des hommes et des femmes sont régulièrement égorgés depuis quatre ans.

«Nous allons nous battre pour la restauration de l’autorité de l’Etat en vue de la paix et la sécurité. Nous allons militer pour un Etat de droit en RD-Congo. Nous allons installer à Beni un grand camp militaire pour mettre fin aux groupes armés qui sèment de l’insécurité», a signifié le candidat n°4, insistant que sa première action, une fois élu, sera le déplacement du camp Kokolo de Kinshasa à Beni. «C’est la plus grande base de l’armée qui sera ici pour sécuriser Beni et toute la province du Nord-Kivu», a-t-il ajouté dans sa liste des promesses où figure également la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui a causé la mort de 200 personnes depuis son apparition en août 2018. «Nous allons chasser Ebola. Avec l’argent de l’Etat, nous allons faire appel aux médecins internationaux pour éradiquer cette maladie», a-t-il dit, non sans réitérer sa détermination d’aller aux élections ce 23 décembre 2018 sans la machine à voter, estimant que c’est «un dispositif mis en place pour garantir la victoire du dauphin de Kabila».

Goma et Butembo sous les charmes de Fayulu

Beni conquis, Fayulu a fixé le cap sur Butembo. Il y est arrivé jeudi 6 décembre 2018 et a tenu son meeting au rond point VGH relayant un message similaire à celui donné à Beni. «C’est un geste symbolique. Cela traduit ma détermination dans la restauration de la paix et la sécurité à Beni et à Butembo. J’ai été dans ces deux villes et partout on m’a bien accueilli», a fait savoir Fayulu pour saluer la ferveur avec laquelle il a été reçu dans ces deux villes, quelques instants avant de prendre son envol pour Goma.

Chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Goma a servi d’escale à ce candidat président de la République pour atteindre Beni. A sa descente à l’aéroport de Goma, le candidat N°4 a communié avec les ancêtres en baisant le tarmac pour témoigner tout l’amour qu’il voue pour cette contrée. Il est retourné à Goma jeudi 6 décembre 2018 pour tenir, tard dans la soirée, un troisième meeting en l’espace de deux jours au terrain Afya. Devant les Gomatraciens, Fayulu a sévèrement critiqué le règne de Kabila qui, à l’en croire, se résume par l’insécurité et l’absence de l’Etat de droit. Il a en plus rendu hommage au colonel Mamadou Ndala, tué en 2014 dans une embuscade, au général Lucien Bahuma, mort la même année, et à Luc Nkulula, activiste du mouvement citoyen LUCHA.

Tino MABADA

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