Bemba-Félix: bases divisées

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Félix Tshisekedi caracole en tête du sondage réalisé par l’Institut Bercy sur les intentions de vote à une cinquantaine de jours de la tenue du scrutin présidentiel, prévu le 23 décembre 2018. Il y glane 36% d’intentions de vote favorables, suivi de Vital Kamerhe avec 17% et d’Emmanuel Ramazani Shadary avec 16%. Il y est également désigné comme la personnalité la mieux indiquée pour être choisie comme le  candidat commun de l’Opposition.

Cette enquête favorable à Fatshi fait La Une des médias pro-UDPS mais n’arrive pas à reléguer dans la catégorie «Chiens écrasés» la polémique suscitée par son cursus et ses diplômes depuis quelques mois. Cette controverse est désormais à l’origine d’une ambiance polaire entre les états-majors politiques de Félix Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba. Les bases de ces deux leaders de l’Opposition sont divisées à quelques jours de la désignation du candidat commun de cette sensibilité politique à la présidentielle du 23 décembre prochain. Casus belli: le profil du candidat unique dressé par l’ancien vice-président de la République qui exige expérience et cursus honorables.

Alors que Bemba n’a pas cité nommément Félix Tshisekedi, cadres, militants et sympathisants de l’UDPS y voient une attaque visant leur leader et candidat. Ali Kalonga, un journaliste, ancien directeur général de l’ACP proche de l’UDPS, s’en est pris à Bemba sur Twitter. «Lui Bemba a quelle expérience et quel cursus? Globalement négatif», a-t-il tweetté invitant ses camarades à ne pas tergiverser et à choisir Fatshi comme candidat commun de l’Opposition.

Ted Beleshayi, membre du secrétariat exécutif de l’UDPS en charge de la jeunesse, a eu ces lamentations sur Twitter: «La candidature commune, on en fait un sujet de chantage. C’est inacceptable».

Sur les réseaux sociaux, les Bembistes font cependant valoir le diplôme de JPBG obtenu en Economie à l’ICHEC-Bruxelles, où Félix Tshisekedi s’est fait récemment inscrire, affirment-ils, dans un module de formation du soir. «Entre Bemba et Félix, il n’y a pas photo. Le premier est un universitaire incontestable et incontesté tandis que l’autre doit encore le prouver au regard des informations qui circulent», disent-ils, demandant au candidat UDPS à la présidentielle de brandir, à son tour, ses diplômes devant les journalistes, comme Bemba l’a dernièrement fait à la faveur d’une interview avec Jeune Afrique.

Un débat chaud dans lequel s’était déjà engouffré un autre candidat Président de la République, Seth Kikuni. Via Twitter, le plus jeune candidat à la présidentielle a lâché: «le problème du faux diplôme est vrai». Sur un ton affirmatif, Kikuni a laissé entendre que Fatshi a été validé pour légitimer le processus.

La polémique fait rage et risque de virer à une guerre entre les deux camps protagonistes. Cette guerre impacterait sur l’unité de l’Opposition promise lors du dernier meeting au terrain Triomphal. Autre conséquence: une nouvelle déception infligée à leurs militants.

LOI

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