Au Lualaba, Muyej rassure partenaires miniers et politiques

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Quelques jours avant le passage de ses ministres et la présentation de son programme devant les députés, le gouverneur réélu a entrepris de lancer des messages destinés à soulager les investisseurs miniers, les creuseurs artisanaux, les alliés politiques et la population, tous invités à travailler la main dans la main pour une paix durable et la réussite du nouveau mandat

Dans un contexte sécuritaire tendu, caractérisé par le deuil des creuseurs artisanaux morts à la suite d’un éboulement dans la mine interdite de Kov et le déploiement des troupes des Forces armées de la République démocratique du Congo -FARDC- et de la Police nationale congolaise -PNC- pour sécuriser les sites miniers protégés de Tenke-Fungurume et de Kamoto Copper Company -KCC- et rétablir l’autorité de l’Etat dans les villages artificiellement créés à Kafwaya et Musonoyi par des creuseurs clandestins en provenance des provinces voisines, la sortie médiatique du gouverneur du Lualaba était très attendue. Et Richard Muyej Mangeze Mans a répondu au rendez-vous.

Face aux caméras, il a délivré des messages de clarification destinés à convaincre les partenaires miniers, les creuseurs artisanaux, les alliés politiques et les administrés de la détermination tant du Gouvernement central que de l’Exécutif provincial à assurer l’ordre républicain sans complaisance, à sécuriser tout le monde et continuer à travailler pour le développement de la province.

Garantir la sécurité et les bonnes conditions de travail aux partenaires privés

Muyej a justifié le déploiement des troupes armées dans les mines du Lualaba par le souci du Président de la République Félix Tshisekedi de mettre fin au désordre entretenu dans les concessions minières protégées par des droits et dissuader les creuseurs clandestins. «Ce déploiement des FARDC et de la PNC a été fait de manière professionnelle, en peu de temps», a précisé le gouverneur, indiquant que les habitants du village artificiellement créé à Kafwaya ont pris la direction de la cité de Musonoyi, où l’insécurité s’est accrue, poussant le gouvernement à ordonner un autre déploiement des forces de sécurité de Kafwaya vers Kolwezi pour sécuriser la concession de KCC. Les stratégies mises en place ont consisté détruire tous les comptoirs se trouvant à proximité des entités de production et les villages artificiels installés avec l’objectif de voler les minerais.

«Nous avons salué la décision du Chef de l’Etat et avons accepté d’encadrer les éléments FARDC et PNC envoyés en mission dans la province de manière à mettre fin aux pratiques compromettantes pour la République et les partenaires privés qui ont choisi d’investir au Lualaba», s’est félicité Muyej, faisant savoir que la province est dans l’obligation de mettre fin à cette situation trouble et garantir les bonnes conditions de travail aux partenaires.

Belles initiatives pour les creuseurs artisanaux

«Nous sommes conscients que c’est une situation assez délicate et les autorités provinciales y apportent des solutions», a ajouté RM3 avant de donner des détails intéressants pour les creuseurs artisanaux, cette fois. Ces derniers ont notamment droit à une quarantaine de zones d’exploitation artisanales -ZEAS- offertes par l’ETat.

Alors que l’octroi de ces sites n’a pas été suivi des moyens pour la découverture et la prospection, la province a lancé depuis deux ans un appel aux privés. Sicomines a été la première à répondre positivement en allouant 2,5 millions de dollars dont la première enveloppe, 600.000 dollars logés pas dans les comptes du gouvernorat, a servi aux études de découverture et de prospection dans les ZEAS 297, 076 et 078 par la société COVEK.

Les résultats attestent la présence de minerais et la possibilité d’installation des coopératives. Ces trois sites seront prochainement mis à la disposition des creuseurs en règle. D’autres ont été ciblés pour atteindre le nombre de 10 ZEAS opérationnelles. Deux privés ont répondu favorablement au nouvel appel lancé par le gouverneur pour un partenariat.

L’objectif est d’arriver à délocaliser les creuseurs des concessions privées bien que les entreprises comme la Gécamines et KCC tolèrent, pour un temps limité, l’activité artisanale dans leurs propriétés. Il faut cependant retenir que la répartition et les affectations des coopératives sur ces nouvelles ZEAS seront suivies avec beaucoup d’attention par le gouverneur et son vice pour éviter des plaintes, a insisté le patron de l’Exécutif provincial du Lualaba.

Deux carrés miniers supplémentaires pour promouvoir la Petite mine

Autre nouvelle satisfaisante pour les creuseurs artisanaux: à Kasulo, avec l’autorisation de la République, le ministre national des Mines a cédé deux carrés miniers à la province pour un projet des réformes visant l’avènement de la Petite mine. Ce projet porteur a permis la construction des auditoires modernes sur les sites universitaires de la province. Le gouvernement provincial a aussi initié des projets de construction des centres de négoce avec l’ambition de rendre opérationnels 60 hangars destinés à servir des comptoirs de réception des minerais d’origine artisanale.

En même temps, une Direction chargée de la réforme du secteur minier artisanal a été créée pour mettre fin à l’anarchie dans la transaction des minerais issus de l’exploitation dans ce domaine. Désormais, pour accéder à une ZEA, il faut être membre d’une coopérative. Des cartes, déjà commandées, seront vendues aux chefs des coopératives. Sans carte, pas d’accès dans des ZEAS.

Avec ces mesures, Muyej a mis en garde contre l’insécurité et l’incivisme de certains des compatriotes spécialisés dans les incursions dans les carrés miniers privés, parfois en pleine exploitation. Les récalcitrants seront renvoyés dans leurs provinces sans autre forme de procès. Question de ne pas faire la promotion d’une République bananière et ne pas consacrer l’impunité.  

Message à l’endroit des alliés politiques et de la population

Muyej n’a pas raté d’envoyer un message aux alliés politiques et à la population. Aux premiers, il a fait comprendre que le gouvernement publié le 2 juillet est le fruit d’âpres concertations et répond à la donne politique actuelle. Sa taille, soit 10 ministres et 5 commissaires spéciaux, ne doit pas impressionner étant donné que les ministres n’auront pas le même traitement avec les responsables des Directions nées pour renforcer l’action du gouvernement.

«Nous avons privilégié l’effort de répondre à toutes les sensibilités et susceptibilités aussi bien politiques que culturelles et sociales. Le plus important, c’est de construire en préservant la paix et en consolidant l’harmonie entre les communautés et les hommes politiques», a expliqué Muyej, promettant un rendement meilleur et des actions en faveur de la population. Au nombre de celles-ci, il a cité les emplois directs et indirects via des projets dans l’agriculture et le tourisme ainsi que la création de trois nouvelles villes et la construction des infrastructures.

Les observateurs sont d’avis que le gouv’ a eu tout bon, dans la forme comme sur le fond, et le cap est donné pour que son équipe, attendue dans les prochaines heures pour être investie par les députés provinciaux, se mette au travail.

Achille KADIMA MULAMBA

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